Airbourne : le rock’n’roll jusqu’à la tombe
une chronique de Anna Grésillon
Après sept longues années d’attentes (depuis Boneshaker), Airbourne fait son grand retour avec un nouvel album. Et pour ce comeback, les Australiens ont choisi la simplicité : Airbourne. Un album éponyme comme une manière de revenir à l’essentiel, de rappeler à quels points ils sont incontournable pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Dès les premières notes on retrouve les guitares furieuses et les refrains taillés pour être hurlés en concert… pas de doute, les géants australiens sont bel et bien de retour !

Dès « Gutsy », Airbourne donne le ton. Pas question ici de révolutionner une formule qui a fait ses preuves. Le groupe retrouve cette énergie brute et immédiatement identifiable qui traverse sa discographie, avec des riffs massifs, une batterie qui cogne et la voix toujours aussi éraillée de Joel O’Keeffe.
Avec des morceaux tels que « Kid in a Candy Store », « Last Man Standing » ou « Hell’s Got No Vacancy », on retrouve ce son qui nous donne envie de faire la fête, une bière à la main et de vivre la magie du rock ‘n’ roll à fonds.
Mais Airbourne laisse aussi apparaître une facette légèrement plus mélancolique du groupe. Avec « Alive After Death (Last Plane Out) », la mort entre dans le disque sans vraiment assombrir la fête. Le morceau est né d’une réflexion de Joel O’Keeffe sur ces musiciens disparus qui continuent pourtant d’exister à travers leurs chansons. Cette idée trouve son prolongement dans le morceau final, « Send Me To Rock ’N’ Roll Heaven », qui rend hommage aux idoles disparues du groupe, à des géants de la scène tels que Lemmy ou encore Bon Scott.
Et c’est peut-être là que l’album révèle son thème le plus intéressant : chez Airbourne, le rock’n’roll devient une façon de défier la mort elle-même.
Derrière les excès, les blagues et les éternels hymnes à la fête apparaît ainsi une véritable déclaration d’amour à une culture musicale dont Airbourne se considère autant l’héritier que le gardien.
Airbourne parle de résistance, de tournée, de désir, de disparition et surtout de cette étrange immortalité que peut offrir la musique. Ecouter ce disque nous donne presque l’impression de regarder la mort dans les yeux avant de lui tendre une bière en headbangant.
Parce qu’au fond, chez Airbourne, le paradis (ou l’enfer) c’est une salle de concert. Et il y aura forcément du rock’n’roll !
Tracklist :
- Gutsy
- Alive After Death (Last Plane Out)
- Here She Comes
- Kid In A Candy Store
- Sky High
- Who Put The Rhythm In You?
- Christmas Bonus
- Last Man Standing
- Rock 'N' Roll Ya
- Bogotá
- Hells Got No Vacancy
- Send Me To Rock 'N' Roll Heaven
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Retrouvez ici notre interview avec Joel O'Keefe !
