3/7/2026

Steel Panther au Bataclan : sex, drugs et glam metal

Texte : Blandus

Photos : Sara Mahouachi @sara___mahouachi

Ce soir là, au Bataclan, les aficionados du glam metal ont sorti leur plus beau pantalon en lycra flashy et leurs plus belles perruques pour accueillir comme il se doit Steel Panther à Paris. Le quatuor originaire de Los Angeles est connu pour ses chansons très connotées, frôlant la parodie, toujours à base de sex, drugs and rock’n’roll

La salle est comble, et les hommes dépassent nettement le nombre de femmes. Je comprends avec déception, en voyant la bannière de Lucie Sue s’abaisser (la com’ du Bataclan disait que ça commencerait à 20h !!), que j’ai manqué la première partie, mais je vous engage à jeter une oreille à ses morceaux très énergiques.

La foule s’amasse au bar, mais pas vraiment autour du merch’, dont le prix n’est pas France-de-Macron compatible. J’en vois qui ont réglé la question en imprimant eux-mêmes leurs t-shirts avec des photos à l’effigie du groupe. Je prends une boisson fraîche, et me place dans la fosse, prête à en prendre plein les oreilles. 

Le groupe arrive dans ses plus belles tenues 80’s, et enflamme la salle sur Eyes of a Panther. Le son est tellement extra et Michael Starr tellement charismatique que je ne réalise pas tout de suite que deux pole-danseuses sont arrivées sur scène pour faire des figures pour le moins renversantes. C’est une entrée en matière impactante, totalement dans l’esprit du groupe, qui réjouit le public. 

On continue la setlist sur Tomorrow Night, chanson pour le moins explicite sur le genre de soirée que le groupe a dû faire dans sa prime jeunesse angeline. Satchel, le guitariste, nous en donne un aperçu détaillé pendant une adresse au public, où est évoqué le fait de sniffer une certaine poudre blanche sur une certaine partie du corps de la légende de Motley Crüe, Tommy Lee. Si le groupe est connu pour ses prises de paroles décalées et volontairement provocatrices, je dois avouer que je trouve le temps un peu long : au bout de trois blagues sur le fait que tout le monde verra des “nichons” ce soir, sur le fait de se faire la mère du nouveau bassiste Spider (présente dans la salle !) en backstage, et sur le fait d’aimer le sexe oral, j’attends avec une certaine impatience que le concert reprenne. “Spider”, remplaçant le bien-aimé Lexxi Foxx, marque la fin de la prise de parole en balançant dans le public des bonbons prétendument fourrés à la cocaïne, et le groupe se met à jouer Asian Hooker, issu de leur premier album Feel the Steel (2009). 

La chanson est entraînante, et complétée par le chanteur à grands renforts de gestes explicites. A la fin de la chanson, Satchel balance : “C’est dommage qu’il n’y ait aucune “asian hooker” au premier rang !”. Comme par enchantement, une jeune femme d’origine asiatique s'élève de la fosse, portée par ses amis et par son partenaire, et invitée à venir sur scène. Pendant deux chansons - Just Like Tiger Woods et Friends with Benefits - l’heureuse élue déambule sur scène, danse avec le chanteur, applaudit des pole-danseuses, et vient même derrière la batterie pour encourager Stix

La jeune femme redescend, et Satchel exhibe une magnifique guitare customisée de l’année 1987, avant de jouer le morceau éponyme. La salle, déjà bien ambiancée, répond à l’hymne du groupe Death to all but metal par des pogos énergiques. La date française étant la première de la tournée européenne, le public français découvre ensuite, en exclusivité, leur nouveau single en live, The Mother’s Day song. Vous l’aurez deviné, avec la mère de Spider dans le public, la chanson parle évidemment d’aller faire des choses peu recommandables aux mamans, point sur lequel insiste lourdement Satchel en l’interpellant plusieurs fois. 

Le groupe avait promis des “nichons”, et le public est exaucé : à la demande du chanteur, une jeune femme (volontaire) monte sur scène, et ôte progressivement le haut, sous les clameurs du public. Ce strip-tease plus ou moins improvisé donne lieu à l’improvisation non pas seulement du chanteur, mais également du guitariste et du batteur, d’une chanson sensée imiter une ballade d’amour (Impromptu for a Girl)… Mais dont les paroles vont droit au but (et oui, ça parle encore d’aller faire des choses en backstage). La fille ne semble pas s’en offusquer, et participe joyeusement à la chanson suivante, Girl from Oklahoma

Pour ne pas la laisser seule, le groupe invite, comme le veut la tradition, toutes les filles du public qui le souhaitent à venir se déhancher sur scène, sur Seventeen Girls in a Row, un classique de Steel Panther. La scène se couvre de femmes qui dansent et chantent et crient et, parfois, enlèvent le haut. A mes consoeurs metalleuses qui voudraient être rassurées : vous pouvez aussi le garder ! Ce moment de libération vestimentaire est entièrement optionnel. Le fun sur scène, lui, ne l’est pas. 

Le climax (héhé) du concert est atteint avec l’excellent Party like tomorrow is the end of the world, qui vaudra (d’après une anecdote confiée par le chanteur) à Steel Panther un prix pour le plus grand nombre de filles présentes dans un clip. Les filles sur scène sont redescendues dans la fosse, les poles-danseuses sont de retour, plus acrobatiques que jamais, et la foule en délire chante et pogote sur ce classique du groupe. Après tout, il semblerait parfois que la fin est proche, dans ce monde caniculaire et déprimant; alors autant danser, boire et chanter jusqu’au bout de la nuit !

Le concert se termine sur un sentiment d’inachevé. Certains incontournables manquent à l’appel. Sous les cris d’encouragement du public, le groupe revient pour le rappel, et entame la chanson d’amour la plus romantique (non) de leur répertoire : Community Property. Je vous engage à lire les paroles, ça vaut le détour. Les lumières des téléphones s’allument, et la salle chante en choeur. C’est beau. 

Fidèles à leur esthétique provoc’ et un brin délirante, Steel Panther achève, cette fois pour de bon, le concert sur l’iconique (et hyper explicite) Gloryhole. Je ne plaisante pas quand je dis que tout le monde connaît les paroles, et particulièrement celles du refrain. Les pogos sont plus forts que jamais, l’énergie est au plus haut de la soirée. Avec Steel Panther, pas besoin de consommer de substance pour se défoncer : la musique suffit. 

Je sors dans la rue reboostée, et derrière moi, trois joyeux lurons chantent tout fort les paroles de Community Property : “You’re the only girl I like to screw when I’m not on the roooooad…”. Sourire aux lèvres, je repars vers le métro parisien, la tête pleine de souvenirs. Steel Panther en live, c’est une vraie expérience immersive, mais vraiment, alors vraiment, pas compatible avec un public non-averti. Sortez couverts, et à bientôt pour de nouvelles aventures sex, drugs and rock’n’roll !

Setlist :

1. Eyes of a Panther

2. Tomorrow Night

3. Asian Hooker

4. Just Like Tiger Woods

5. Friends With Benefits

6. Death to All but Metal

7. The Mother's Day Song (Live debut)

8. 1987

9. Impromptu Song for a Girl

10. Girl From Oklahoma

11. 17 Girls in a Row

12. Party Like Tomorrow Is the End of the World

Encore:

13. Community Property

14. Gloryhole

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