8/12/2025

Sabaton : un concert épique au cœur des grands empires de l’Histoire

Ce vendredi 28 novembre, la foule afflue en masse devant l’Accor Arena pour une soirée qui s’annonce épique. La pluie n’entame en rien la ferveur des fans de Sabaton, venus en nombre pour assister à un show unique aux côtés du Legendary Orchestra créé spécialement pour la tournée. L’excitation monte déjà alors que les portes s’ouvrent sur une nuit où puissance metal et envolées symphoniques promettent de faire vibrer l’arena.

Il faut dire que cette date parisienne n’est pas un simple concert : elle marque un tournant majeur pour Sabaton. Pour la première fois, le groupe délaisse le Zénith et ses 6 000 places pour s’emparer de l’Accor Arena et de ses près de 20 000 spectateurs. Une performance remarquable pour un groupe de power metal en France et qui confirme le statut de pilier du Metal que Sabaton a su conquérir au fil des années.

Ce “Legendary Tour” avait été annoncé comme la tournée la plus ambitieuse de leur carrière. Pär Sundström, bassiste et manager, promettait un spectacle colossal : deux scènes, un concept scénique inédit, et surtout un orchestre créé spécialement pour l’occasion. « Ce sera bien plus qu’un simple concert de rock », confiait-il, évoquant une expérience immersive mêlant Metal, théâtralité et orchestrations grandioses.

Deux ans après leur dernier passage en France, un show magistral en 2023 porté par leurs albums sur la Grande Guerre, Sabaton revient plus ambitieux que jamais. Nouveau label, nouvel album (Legends) et nouvelle approche scénique : tout indiquait que ce retour serait exceptionnel. Et dès les premières minutes à Bercy, on comprend que les promesses n’étaient pas exagérées.

The Legendary Orchestra


Je vous donne ma réaction instantanée dès mon entrée dans la salle : “Wouaw, la soirée va être épique !” Le décor qui trône sur scène est incroyable. Exit le tank et les barbelés emblématiques de Sabaton, à leur place se dresse un gigantesque château-fort, ses tours, ses remparts dominant l’arène. L’Accor Arena se remplit encore doucement, mais déjà l’ambiance devient solennelle : on comprend que la soirée ne sera pas comme les autres.

Pour ouvrir les hostilités, Sabaton a décidé d’innover en confiant sa première partie à son Legendary Orchestra, formation spécialement créée pour cette tournée. Une chorale d’une dizaine de chanteurs, des cuivres, des cordes, des percussions… et trois frontwomen aussi talentueuses que charismatiques : Patty Gurdy à la vielle à roue, Mia Asano au violon et Noa Gruman, à la fois chanteuse et cheffe d’orchestre. La scène est impressionnante, vivante, prête à exploser.

Quand le concert commence, le frisson est immédiat. Dès les premières notes de Ghost Division, la claque symphonique se fait sentir : le Legendary Orchestra réinvente Sabaton à travers des arrangements grandioses qui offrent une ampleur nouvelle aux titres. La puissance orchestrale vous saisit aux tripes et transforme chaque morceau en fresque cinématographique.

De Bismarck à Sarajevo, en passant par Sparta, The Final Solution ou Swedish Pagans, les classiques du groupe prennent une dimension différente. On les redécouvre sous un angle plus dramatique, plus majestueux, porté par l’énergie débordante des musiciens et chanteurs(ses). L’alchimie sur scène est palpable, et cette passion se transmet directement au public, captivé du début à la fin.

Le Legendary Orchestra s’impose comme une idée brillante et parfaitement exécutée. Ce n’était que le début, place à Sabaton.


SABATON

La scène s’assombrit lentement. Le château-fort semble se réveiller, comme si la forteresse géante qui dominait la scène depuis le début n’attendait que ce signal.
Il y a des concerts que l’on attend, puis ceux qui vous happent dès la première seconde. Et ce soir-là, à l’Accor Arena, on a tout de suite senti que Sabaton allait nous embarquer dans quelque chose de bien plus grand qu’un simple show.

Les lumières se coupent. On tourne instinctivement la tête vers la petite scène au centre de la fosse : une silhouette se dessine, reconnaissable. Napoléon Bonaparte. La réaction est immédiate, presque instinctive : Marseillaise improvisée, cris, rires, frissons partagés. Puis Gengis Khan surgit à son tour, suivi de Jules César. Les trois personnages s’affrontent dans une introduction théâtrale certes un peu longue (20 minutes), mais tellement bien exécutée visuellement que l’on est happé comme devant un film d’aventure.

Et puis, soudain, des templiers. Torches en main, ils avancent lentement au milieu de la fosse pour rejoindre la scène centrale. Quand les templiers retirent leurs casques et qu’on réalise que c’est Joakim Brodén (chant), Pär Sundström (basse), Chris Rörland (guitare), Hannes Van Dahl (batterie), Thorbjörn Englund (guitare) se tient là, c’est le premier vrai choc de la soirée. Une passerelle gigantesque descend du plafond, comme un pont-levis entre deux mondes, reliant la petite scène à la forteresse médiévale qui domine la scène principale. Le décor est fou, détaillé à un point : chaque tour, chaque canon, chaque pierre donne l’impression que l’Arena s’est transformée en château-fort vivant.

Templars ouvre le bal. Les costumes, la mise en scène, les premières flammes : tout explose d’un coup. On sens l’arène vibrer sous nos pieds quand The Last Stand démarre et que la passerelle tremble sous les pas des musiciens. Le premier moshpit s’ouvre, large, vorace. Sabaton n’est clairement pas venu jouer petit : pyros, explosions,… c’est un bombardement sensoriel.

Quand Hordes of Khan commence, tout s’assombrit. La passerelle se relève lentement, Gengis Khan réapparaît dans une lumière rasante, et deux soldats napoléoniens roulent de véritables canons sur scène. Oui, des canons ultra réalistes. Je suis bouche bée devant une scénographie aussi immersive, on en oublierait presque que tout cela n’est que du décor.

Sur I, Emperor, Joakim attrape le micro, hilare : « Paris, vous êtes le meilleur public ! Mais il est temps d’un peu de heavy metal ! » À peine le temps de respirer que deux soldats surgissent avec des torches, et un circle pit énorme se forme dans l’arène. Là, c’est officiel : la machine Sabaton est lancée.

Le groupe enchaîne avec une énergie folle : Crossing the Rubicon, puis Carolus Rex, magnifié par un solo parfaitement exécuté de Chris. Joakim file se changer, et Chris prend le relai avec un humour désarmant, déclenchant des vagues de rires.


The Red Baron met littéralement l’arène en orbite : “HIGHER !” clignote sur les écrans et les fans donnent tout ce qu’ils ont dans les poumons. Le premier crowdsurfer passe, puis un deuxième, puis un troisième… et bientôt une marée entière envahit le dessus de la fosse.

Avec Stormtroopers, nouveau déluge pyrotechnique. Chris présente une guitare spécialement conçue pour la tournée avant une explosion monumentale qui fait vibrer toute la salle. A Tiger Among Dragons marque un changement d’époque : bandes-son félines, costumes mongols, solo de percussions, écrans gigantesques. Au milieu de ce chaos parfaitement orchestré, un drapeau français atterrit sur scène.

Et bien sûr, nouvelle Marseillaise. Toute la salle tremble littéralement. Arrive ensuite un moment suspendu : Christmas Truce. Le Legendary Choir revient. L’Arena s’illumine d’un ciel d’étoiles créé par les téléphones. Joakim porte le drapeau français sur ses épaules un moment, puis le lance pour le rendre à son propriétaire dans la fosse. Dans la fosse, certains valsent doucement. C’est beau, c’est doux, c’est presque irréel. Le duo avec Noa Gruman sur Soldier of Heaven ajoute encore une émotion différente.

Puis la passerelle redescend, et tout le monde comprend ce qui arrive : The Attack of the Dead Men. Silence, alarme, lumière rouge. Joakim surgit, masque à gaz, lance-flammes fumant en main. Le groupe traverse la foule, entouré de cris et de bras tendus. C’est l’un des moments les plus spectaculaires du show. Absolument mémorable.

Night Witches relance la machine, mais c’est à Primo Victoria que la salle explose pour de bon. Je ne sais plus si Paris chante ou hurle. Steel Commanders suit, puis LE moment culte : The Art of War, où une large partie du pit s’assoit pour ramer en rythme. La scène est tellement improbable. To Hell and Back poursuit sur la même lancée : on danse, on hurle, on s’enlace dans la fosse. Sabaton ne ralentit jamais, même sous les couches de costumes et sous les flammes.

Enfin, Masters of the World retentit. La passerelle descend une dernière fois. Sabaton remercie le Legendary Orchestra, le crew, et un public parisien qui aura tout donné pendant deux heures et demie. Une pluie de faux billets tombe du plafond, portée par un dernier souffle d’euphorie.

Ce soir, Sabaton n’a pas offert juste un concert. C'était une superproduction digne d'un Péplum, un Opéra Metal, une véritable démonstration de force et d’imagination.

Sans aucun doute le concert le plus spectaculaire que l'on ait vu depuis fort longtemps. Bienvenue dans l'empire de Sabaton.

Texte : Stéphanie Morgado
Photos : François Capdeville
Legendary Orchestra Setlist (Sabaton cover):

Ghost Division
Bismarck
Maid of Steel
Hearts of Iron
The Final Solution
Sarajevo
Angels Calling
The Unkillable Soldier
Resist and Bite
A Lifetime of War
Sparta
Winged Hussars
Swedish Pagans


Sabaton Setlist :

Templars
The Last Stand
Hordes of Khan
I, Emperor
Crossing the Rubicon
Carolus Rex
The Red Baron
Stormtroopers
A Tiger Among Dragons
Christmas Truce
Soldier of Heaven
The Attack of the Dead Men
Night Witches
Primo Victoria
Steel Commanders
The Art of War
To Hell and Back
Masters of the World
The Last Battle

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