3/10/2026

Raismes Fest : L'Authentique Bastion du Heavy

LIVE REPORT DU RAISMES FEST 2026

Après avoir zappé la 25ème édition du Raismes Fest en 2025 pour cause de météo défavorable, me voici de retour pour la 26ème... Ce sera ma 12ème depuis 2012. Le festival se déroule une nouvelle fois devant le château de la Princesse d'Arenberg qui est en pleine rénovation et devrait semble-t-il devenir un hôtel de luxe. En raison des travaux la scène a été avancée de 5 mètres mais cela ne gêne en rien le déroulement des festivités. 16 groupes sont annoncés dont 7 français. Les autres viennent de la proche Belgique, de Grande-Bretagne, de Suède, de Finlande et des Etats-Unis. L'ambiance y est toujours aussi familiale et sympathique avec beaucoup de passionnés qui viennent parfois de très loin pour y assister... Cette année la météo sera plutôt clémente le samedi avec un soleil généreux et un dimanche couvert avec quelques courtes averses qui n'affecteront pas le public des habitués. 

SAMEDI

La première journée commence à 13h00 avec Project, le groupe de hard rock de David Clabaux et Philippe Merlen. Le quartet est l'un des 2 groupes régionaux gagnants du Tremplin Raismes Fest qui a eu lieu au Chti Rock en mai dernier. Déjà 2 EP et 3 LP et 30 ans d'expérience à leur actif donc pas nés de la dernière pluie... Des influences prestigieuses comme Deep Purple, Whitesnake ou Van Halen, le groupe idéal pour lancer cette nouvelle édition du Raismes Fest.

On continue avec les Flynts qui nous viennent du plat pays voisin et nous proposent du hard rock vintage estampillé 70's. Ils n'avaient jusqu'ici sorti que des EP et des singles dont les excellents « White Lava », « Black Leather », « Tea Party » et tout récemment « Smoke And Mirrors » mais ils viennent au RF avec leur premier album « Tame The Flame/Genuine Live In Brussels » tout juste sorti des presses. Un opus à se procurer de toute urgence d'autant qu'il contient les titres précédemment cités et surtout les 2 reprises proposées au public du festival : « Mississippi Queen » de Mountain et « Evil » de Willie Dixon et popularisé par Cactus. Des références de haut niveau et interprétées avec beaucoup de déférence, de passion et d'énergie bien rock'n'roll ! 

On ne s'arrête pas en si bon chemin avec le très attendu Time Tripper de Erik Sitbon-Björngard. En tant qu'inconditionnel d'AOR ou de Hard FM j'avais été conquis par leur premier album éponyme sorti il y a un peu moins d'un an. Le quintet va donner à Raismes son tout premier concert et on aurait pu s'attendre à quelques approximations... Que nenni, le show va être parfait de bout en bout. Il faut dire qu'Erik s'est entouré des meilleurs. A commencer par Tom Fremont, qu'on a pu voir avec Koritni, aux guitares mais aussi Amedee Flament aux claviers et Alan Bastard à la basse. Le batteur n'est autre que le très talentueux Jimmy Montout qui sera également derrière les fûts un peu plus tard dans la journée avec Manu Lanvin et qu'on peut aussi voir régulièrement avec Bertignac. Du lourd donc pour ce set très US et surtout hautement mélodique. Pas si fréquent d'avoir l'occasion de voir ce genre de musique représenté sur la scène hard/metal française et je ne vois que Heart Line qui puisse les concurrencer. Pour avoir vu l'un et l'autre, je pense qu'il y a un vrai potentiel chez nous et à l'international pour ces 2 fleurons du hard rock mélodique hexagonal...

Le groupe suivant, 7 Weeks, j'ai eu l'occasion de le voir 2 fois par le passé, en 2013 et 2014 au Foud'Rock de Magny-les-Hameaux. J'avais été impressionné par l'énergie que le trio déploie pour son heavy rock  teinté de stoner et de grunge, un peu dans la lignée de QOTSA. Les Limougeauds viennent nous présenter leur nouvel EP « Going Back Home » produit par le Britannique Adrian Bushby qui a bossé avec Muse et les Foo Fighters, excusez du peu ! Le power trio a acquis une maîtrise parfaite de la scène et obtient un franc succès auprès du public du RF. Il part bientôt en tournée dans toute la France dont notamment quelques dates avec The Inspector Cluzo et un passage à La Maroquinerie en janvier, ne le ratez pas !

C'est maintenant au tour des Britanniques de Wytch Hazel de fouler la scène du RF. Avec leur look tout en blanc, les croix et les textes inspirés par le christianime, on pourrait penser qu'ils appartiennent au courant White Metal mais ils s'en défendent. Musicalement on peut retrouver pas mal d'influences des 70's comme Thin Lizzy, Wishbone Ash du fait des twin guitars ou encore Blue Öyster Cult voire Jethro Tull. Le chanteur Colin Hendra cite Maiden comme étant sa principale source d'inspiration. Il est accompagné de Alex Haslam aux guitares. La section rythmique habituelle du quartet est absente pour raisons de santé. Le bassiste Andrew a donc cédé sa place à Matt Gatley et le batteur Aaron à celui de Phantom Spell, Joesevi. Franchement si le chanteur ne nous l'avait pas dit, on n'y aurait vu que du feu tant la synergie entre les musiciens est parfaite. Les compos sont particulièrement soignées et variées. J'avoue avoir un faible pour « Still We Fight » que ne renierait pas Andy Powell de Wishbone Ash, le médiéval « Dry Bones » ou encore le très efficace et épique « Healing Power » du dernier album « V : Lamentations » sorti en 2025. Belle découverte que celle de ce quartet atypique qui fait du neuf avec du vieux mais avec talent !

Ceux qui connaissent mes écrits savent qu'il y a forcément un moment où les choses vont se gâter. Ce sera le cas avec le Guitar Night Project. Déjà je ne suis pas fan de la démonstration guitaristique et technique. Et puis cette formule redondante de proposer à chaque guitariste de reprendre quelques-uns de ses propres titres avec l'un ou les 2 autres de ses confrères sous prétexte de voir « ce qu'il en ressort » vire vite à l'ennui profond. Pat, Patrick et Fred sont bien évidemment d'excellents musiciens mais pour moi la mayonnaise ne prend pas sur la longueur. Et puis cet hommage à Alan Stivell sous forme d'un medley bâclé sera l'ultime faute de goût selon moi ! Au suivant...

Le suivant ce sera l'excellent Manu Lanvin que je vois pour la seconde fois cet été après Guitare En Scène. Le set sera d'ailleurs très proche de celui de juillet. Je ne vais donc pas me répéter et redire tout le bien que je pense de Manu et de son orchestre. Bien que ce soit son second concert de la journée, Jimmy assure toujours autant aux baguettes et il peut compter sur le fidèle Nicolas à la basse pour seconder rythmiquement la guitare de Mr Lanvin. Les moments forts sont toujours la reprise de « Highway To Hell » et le « Crossroads » dédié à son ami Calvin Russell. Et puis les multiples extraits de son dernier album « Man On A Mission » qui passent toujours aussi bien l'épreuve de la scène. Manu s'offrira même un « petit » bain de foule toujours apprécié des fans et des demoiselles présentes dans le public. Du très bon blues-rock interprété avec passion et sincérité, que demander de plus ?

La tête d'affiche de cette journée de samedi c'est le Finlandais Michael Monroe qui va venir nous délivrer une bonne dose de glam, de punk, de sleaze et de rock'n'roll. L'ancien frontman d'Hanoi Rocks est toujours accompagné de ses fidèles guitaristes Steve Conte et Rich Jones ainsi que de son vieux pote d'Hanoi Rocks, le bassiste Sami Yaffa. Aux baguettes ce n'est pas son batteur habituel mais celui de Guns'n'Roses qui a tenu le plus longtemps au sein du groupe US à savoir quasiment 20 ans, de 2006 à 2025 : Frank Ferrer. Accessoirement il a aussi joué avec les Psychedelic Furs et bien d'autres combos de forte renommée. Je n'avais pas revu MM depuis 2019 à La Maroquinerie et j'avais hâte de découvrir sur scène son nouvel album « Outerstellar » sorti il y a quelques mois... On aura ainsi droit aux excellents « Black Cadillac », « Rockin' Horse », « Shinola » et « Rode To Ruin ». Le reste de la setlist sera pioché dans ses albums solo précédents et bien sûr dans la discographie d'Hanoi Rocks avec notamment « I Can't Get It », « Back To Mystery City » et l'incontournable « Up Around The Bend » issu lui-même du répertoire de Creedence Clearwater Revival. Et puis une reprise inattendue de son autre groupe Demolition 23 qu'il avait fondé avec Sami dans les années 90 : « Hammersmith Palais ». Gros son et très belle performance de Michael et de sa troupe. Celui-ci n'hésite pas à venir au contact des premiers rangs qui l'accueillent bien volontiers. Ce concert qui clôture la première journée en sera bien évidemment l'apothéose et celui qui restera dans les annales du Raimes Fest...

DIMANCHE

C'est sous les nuages que commence cette journée dominicale. L'autre gagnant du Tremplin Raismes Fest se présente devant nous : Perspective. Venu de Lille, il nous propose un Prog' Metal qui mélange harmonieusement riffs tranchants et passages plus éthérés. Le quartet n'a qu'une petite demi-heure pour convaincre les premiers arrivés sur le site mais il va très bien s'en sortir grâce à des compos accrocheuses et l'apport d'un saxophone qui s'avérera un vrai plus pour sa prestation.

Autre bonne surprise, la venue de Sasha And The Lunatics de Charleroi. Sasha and The Lunatics, c’est Sasha Dehan au chant, Bartolomeo Terrazzino à la guitare, Maxime Winand à la basse et Remo Spezza à la batterie. Ils ont à leur actif une poignée de singles et un EP sorti il y a quelques mois. Les Belges vont nous en délivrer de larges extraits. Mais ce qui a retenu toute mon attention c'est leur reprise de « War Pigs » qui va tout emporter sur son passage. J'en avais les larmes aux yeux tellement ce morceau a compté pour moi et Sasha et ses comparses vont le sublimer... Bravo à eux !

On passe aux Britanniques de Silveroller. Encore une agréable surprise. Un look très 70's et la musique qui va avec. On retrouve du Free et du Bad Co voire du Faces dans leur style très rock'n'roll. Eux aussi n'ont pour l'instant qu'un EP et quelques singles dans leur besace mais on sent bien qu'ils ne vont pas s'en contenter. La meilleure preuve c'est qu'ils viennent de signer avec Frontiers et que leur premier album sortira en mars 2027. On aura droit à quelques exclusivités de cet opus à venir et ça sonne très prometteur. Le moins que l'on puisse dire c'est que le chanteur à la tignasse vintage Jonnie Hodson a un sacré brin de voix et il se donne à fond sur scène à l'instar d'un Chris Robinson ou d'un Paul Rodgers à la grande époque. Les 4 autres musiciens ne sont pas en reste et l'ensemble dégage une énergie revigorante et bienvenue. À voir absolument !

J'ai été moins conquis par le hard rock assez convenu des Américains de Kickin' Valentina. Ca commençait plutôt bien mais je m'attendais à une vraie décharge d'adrénaline tout au long du set or ça a vite tourné au pétard mouillé. Pour avoir par la suite écouté leur discographie, je les trouve nettement plus efficaces et convaincants sur album que sur scène mais peut-être étaient-ils fatigués...

Heureusement Eric Steckel va très vite remettre les pendules à l'heure avec son blues rock inspiré. L'Américain a déjà un sacré palmarès à son actif puisqu'il a fait son premier album à 11 ans et en a sorti une petite quinzaine depuis alors qu'il n'a que 36 ans. Il est le plus jeune musicien à avoir joué avec John Mayall et ses Bluesbreakers. Il a aussi tourné avec Steve Vai, Greg Allman, Johnny Winter, Robben Ford et bien d'autres. Il se produit en power trio et n'a rien à envier à un Walter Trout, un Jared James Nichols ou d'autres de ses pairs de la scène blues-rock actuelle. Son nouvel album « Sandstorm » vient tout juste de sortir sur SPV et on va pouvoir le juger sur pièce. J'ai beaucoup aimé à titre personnel le titre « When It Rains, It Pours » mais j'avoue avoir été particulièrement conquis par 2 reprises du set : « Waitin' For The Bus » de ZZ Top et « Can't You See » du Marshall Tucker Band. On sent bien que les influences de Mr Steckel vont bien au delà du blues et sont également à chercher dans le rock sudiste et le hard rock qu'on aime tant !

Dans un genre très différent à savoir le funk rock (mais pas que...) c'est maintenant au tour de High Fade de nous y convertir. Quand on pense que ce trio, qui a débuté en 2018 et fait ses armes dans les rues d'Ecosse, totalise à ce jour plus de 1500 concerts à son actif et plus de 30 millions de vues et de streams . Les natifs d'Edimbourg ont même attiré l'attention d'un certain Glenn Hughes, lui-même grand amateur de funk, qui leur apporte tout son soutien. Après un premier album en 2024 « Life's Too Fast » qui contenait des brûlots comme « I Hate This Road », « Gossip » ou encore « Bone To Pick », tous joués ce soir, ils sortent juste après le festival le non moins passionnant « Twice As Nice » dont ils vont nous donner la primeur. Ca groove sévère avec le très RATM « Jokes On You », les bien heavy « Sick Of Myself » et « Swamp » sans oublier l'époustouflant « The Fly » ou encore « War » avec sa basse virevoltante. Et puis comment faire l'impasse sur leur reprise speedée du célèbre « Chameleon » d'Herbie Hancock qui obtient un succès mérité. La prestation de High Fade restera un grand moment de cette journée de dimanche.

Je n'en dirai pas autant de celle de Préfabriké qui a viré au cauchemar pour les fans de Trust dont je suis depuis près de 50 ans. Malgré toute l'affection que j'ai pour Jeannot, Vivi et Nono je ne peux que constater que tout allait de travers. Est-ce dû à un manque de préparation ou à une lassitude après toutes ces années, je n'en sais rien mais j'ai eu beaucoup de peine en assistant à ce désastre...

J'étais tellement déçu que je n'ai même pas eu la force et l'envie de rester pour le set de Dynazty qui parachevait ce Raismes Fest 2026. Je ne suis pas grand amateur de Power-Metal mais les Suédois ont l'intelligence de l'enrichir avec des touches de pop et d'electro, ce qui n'est pas pour me déplaire. Tant pis ce sera pour une autre fois...

À quelques exceptions près cette 26ème édition du festival fut une réussite à tout point de vue. L'affiche n'était pourtant pas la plus facile à vendre du fait de la faible notoriété de beaucoup des groupes présents mais cela nous a permis de faire de belles découvertes et surtout de passer du bon temps avec les copains et toute l'équipe du festival nordique.

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Merci au boss Philippe Delory, au MC Bertrand Roussel et à tous les bénévoles de ce fantastique festival !

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Report par Olivier Carle

Photos par Tomi C-E

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