Mon Live Report de ce concert de Schenker au Trianon va forcément ressembler à celui du Forum Vauréal l'année dernière puisqu'il s'agit de la suite de la tournée des 50 ans de ses années U.F.O. et la setlist demeure rigoureusement la même. Les seules différences sont le lieu bien évidemment, le chanteur puisque R.D. Liapakis a remplacé Erik Grönwall entre temps et les 2 premières parties. Le voici donc mis à jour avec l'intégration de ces nouveaux éléments...

Michael Schenker fait partie de ces artistes qui ont beaucoup compté dans ma longue vie musicale. Je l'ai découvert en 1976 lors d'un séjour linguistique en Grande-Bretagne. Mon hôte m'avait alors fait écouter l'excellent « No Heavy Petting » de U.F.O. qu'il venait d'acquérir et sur lequel officiait le jeune guitariste blond venu d'outre-Rhin qui m'avait fort impressionné. En 1980 alors que j'habitais à Oxford en pleine N.W.O.B.H.M., j'étais tombé sur un article dans Sounds, que je dévorais chaque semaine à l'époque, relatant qu'un roadie avait été vu jouant les parties de guitare de Michael derrière la scène, celui-ci étant dans l'incapacité d'assurer le job du fait de ses addictions... Le frère de Rudolph venait de lancer sa propre carrière et cette nouvelle m'avait foutu un coup au moral d'autant que je n'ai jamais su le fin mot de l'histoire. Mais comme dirait l'autre il n'y a jamais de fumée sans feu ! Cela ne m'a néanmoins pas empêché de tomber raide dingue de son second album solo « MSG » que j'écoutais en boucle en 1982 dans le radio-cassette de ma Simca 1100. Etonnamment je ne l'ai découvert sur scène qu'en 1988 et un peu par hasard. C'était à l'occasion de la tournée « Hysteria » de Def Leppard. Poison devait en assurer la 1ère partie à Bercy et c'est finalement Michael qui a dû remplacer les Américains au pied levé avec son McAuley Schenker Group. Certains ont été déçus par sa prestation, pas moi assurément ! Même si le groupe de Joe Elliott fut très bon, je garde une préférence pour M.S.G.. J'ai ensuite attendu près d'une décennie pour le revoir mais quelle chance d'avoir enfin pu découvrir U.F.O. live à l'occasion du « Walk On Water » Tour à l'Elysée Montmartre en 1997. Avec Mr Schenker donc mais aussi Phil Mogg, Pete Way et Paul Raymond... Seul manquait à l'appel Andy Parker mais il fut remplacé par Simon Wright (AIIZ, AC/DC, Dio...), excusez du peu... Je n'oublierai jamais ce moment même si le guitariste blond claquera de nouveau la porte d'U.F.O. peu de temps après ce concert ! Je le reverrai l'année suivante au Zénith pour le G3 en la très bonne compagnie de Joe Satriani et d'Uli Jon Roth avec Patrick Rondat en 1ère partie. Puis ce sera en 2006 de nouveau à l'Elysée Montmartre pour les 25 ans de mon album fétiche « MSG » et à cette occasion j'acquerrai mon tout premier hoodie de Michael que je garde très précieusement dans ma collection et porte à chacun de ses concerts, celui de ce soir ne faisant pas exception... A partir de 2012 ce sera avec son Temple Of Rock, Doogie White et la section rythmique originale de Scorpions (Francis et Herman) à l'ancien Forum Vauréal où il reviendra l'année suivante pour mon plus grand plaisir. Je ne le manquerai pas non plus à l'Empreinte de Savigny en 2014 pour 2 concerts successifs d'anthologie. En 2015 il passera au Bataclan et j'étais loin d'imaginer alors les terribles horreurs qui se produiraient 10 jours plus tard dans cette même salle ! J'attendrai ensuite 7 longues années avant de le retrouver au Hellfest avec un excellent Ronnie Romero au chant mais pour un set un peu court à mon goût. Après le Forum Vauréal l'année dernière, Michael est donc de retour dans l'hexagone pour la suite de sa tournée dédiée à ses années U.F.O. mais avec un nouveau chanteur puisque du fait de sa santé fragile Erik Grönwall a dû être remplacé par R.D. Liapakis. Pas sûr qu'on ait gagné au change mais on va y revenir...
Malvada
Alors que la soirée devait commencer à 19h30, c'est vers 18h50 que les Brésiliennes de Malvada montent sur la scène du Trianon. Visiblement le running order n'avait pas été bien calculé et du fait de la présence de 2 groupes de première partie il a fallu avancer le lancement des hostilités pour être sûr de finir le concert avant la deadline parisienne habituelle de 22h30. Autant dire qu'il n'y a pas grand monde dans la salle pour soutenir le quartet entièrement féminin et c'est un peu dommage car elles auraient mérité plus de monde. Heureusement que j'avais calculé large et que je m'étais pointé en avance à la salle de Pigalle ! Bien m'en a pris car même si le style n'est pas très original les filles assurent bien avec un rock assez musclé et des compos plutôt bien troussées. Le quartet existe depuis 2020 et il a réussi à convaincre le célèbre label italien Frontiers de le signer il y a 3 ans. C'est donc avec un nouvel album éponyme sorti l'année dernière que les Brésiliennes viennent se présenter devant le public du Trianon. Certains titres sont en portugais et la plupart en anglais, carrière internationale oblige ! La vocaliste Indira Castilho a une voix vraiment puissante et une présence scénique intense. La guitariste Bruna Tsuruda assure sur sa six-cordes et sa technique est irréprochable. Quant à la section rythmique, composée de Rafaela Reoli à la basse et de Juliana Salgado à la batterie, elle fait bien le job. Les titres sont vraiment variés et la cohésion au sein du quartet semble parfaite. Une vraie découverte pour moi !
Rook Road

J'avais beaucoup apprécié le second groupe « de première partie » lors du dernier passage de Mr Schenker au Forum à savoir les Allemands de Human Zoo et il va en être de même ce soir au Trianon avec Rook Road. Il faut dire que ces 2 combos germaniques sont signés sur le même label de Leverkusen à savoir Lucky Bob Music Agency qui gère également la carrière de Glenn Hughes, Geoff Tate, Shakra, Nazareth, Voodoo Circle, Rage et bien d'autres collectifs de classic/hard rock... Rook Road s'inspire pour sa part nettement d'Uriah Heep. Le guitariste Uwe Angel a un style très proche de Mick Box et les claviers de Hannes Luy rappellent fortement ceux de Phil Lanzon ou de Ken Hensley. Quant au chanteur il a un sacré coffre et n'a rien à envier à Bernie Shaw d'autant qu'il n'hésite pas à aller dans les aiguës. Etonnament ce quintet n'existe que depuis 2020 alors que les musiciens semblent avoir tous un âge relativement avancé... Il a 2 albums studio à son actif dont le dernier intitulé sobrement « Rook Road II » et va donc nous en présenter de larges extraits. De « Heart Of The Sea » à « Talk Too Much » en passant par les excellents « Romeo », « Killing The Giant » ou encore le Purpleien « Falling » et la très belle ballade « Lost The Leaves », les Allemands vont gagner de nombreux nouveaux fans qui vont tomber sous le charme de la voix de Patrick Jost et des soli d'Uwe. On peut dire que Michael Schenker sait choisir ses « support bands » car celui-ci aura vraiment marqué ma soirée tout comme Human Zoo l'annéee dernière !




Michael Schenker / U.F.O.
Mais c'est maintenant au tour du grand Michael de venir nous combler avec un Best Of d'U.F.O. d'autant plus apprécié que Phil Mogg a mis fin au groupe original il y a maintenant quelques années. Coiffé de sa traditionnelle chapka, il est entouré de R.D. Liapakis au chant donc, de Barend Courbois à la basse et des fidèles Bodo Schopf à la batterie et Steve Mann aux claviers/guitares additionnelles.

On attaque avec le heavy « Natural Thing » bien connu des fans du groupe londonien tout comme le « Only You Can Rock Me » qui lui succède. Pour être honnête, la voix de Liapakis, tout comme celle de Grönwall l'année dernière, ne me semble pas forcément la plus adaptée à ce répertoire car très éloignée de celle de Mogg et surtout beaucoup moins « chaude » et bluesy. Il est certain néanmoins que j'avais préféré la prestation de l'ex-H.E.A.T. derrière le micro car sa tessiture est beaucoup plus étendue selon moi que celle du vocaliste de Mystic Prophecy. R.D. sonne très années 80 et surtout toujours pareil et je dois avouer que je l'ai trouvé nettement moins intégré dans le groupe de Michael que ne l'était Erik, comme s'il était simplement en intérim au sein du combo. Il faut dire qu'on commence à être habitué à la valse des chanteurs auprès de Mr Schenker, de Gary Barden à Ronnie Romero en passant par Graham Bonnet, Robin McAuley, Leif Sundin, Chris Logan, Doogie White et tous les autres qui n'ont fait que passer ! Bodo est partiellement dissimulé par un rideau de plexiglass mais son jeu de batterie est toujours aussi redoutable. Barend a maintenant gagné ses galons en tant que « nouvel » arrivant chez M.S.G. et Steve reste toujours concentré sur ses 2 instruments de prédilection en passant de l'un à l'autre de façon quasi constante.




On reste en terrain connu avec « Hot 'n' Ready » et surtout « Doctor Doctor » un classique parmi les classiques d'U.F.O. qu'on aurait pu envisager plus vers la fin du set. Autre pépite, « Mother Mary » déboule maintenant avec son ambiance bien 70's. La tension retombe un peu avec « I'm A Loser » avant un bien heavy « This Kid's » qui met tout le monde d'accord. Grosse ambiance dans la salle pour l'excellent « Lights Out » repris en cœur par l'assistance. On connaît l'intérêt de Mr Schenker pour les instrumentaux puisqu'il en a sorti des albums entiers à l'époque des « Thank You ». Il nous ressort donc le « Lipstick Traces » de « Phenomenon » enchaîné au « Between The Walls » de « Force It » avant un superbe et langoureux « Belladonna » de « No Heavy Petting ». Quelle joie d'entendre ensuite l'intro aux claviers du mémorable « Love To Love » qui fait partie de mon propre Top 5 d'U.F.O. depuis fort longtemps. On ne s'arrête pas en si bon chemin avec un dynamique « Let It Roll » qui voit Barend et Bodo donner le meilleur d'eux-mêmes. Le rythme ne faiblit pas avec le trépidant « Can You Roll Her » repris là encore en choeur par les fans de la première heure. On reste d'ailleurs sur mon album fétiche de 1976 « No Heavy Petting » pour un bien hard « Reasons Love ». On aura ainsi eu droit à toute la face A du vinyle de cet opus légendaire... Et ce n'est pas fini puisque le non moins culte « Rock Bottom » vient nous percuter de plein fouet avec des soli du blondinet à tire-larigot... Et puis comment finir un hommage à U.F.O. sans les incontournables « Shoot Shoot » et « Too Hot To Handle » (dédié traditionnellement à Pete Way et Paul Raymond) qui déclenchent l'hystérie dans les premiers rangs ! Finalement on aura eu l'intégrale du légendaire vinyle live des Anglais « Strangers In The Night » à l'exception de « Out In The Street » étonnament absent de la setlist de ce soir tout comme de l'album « My Years With U.F.O. » de Michael sorti il y a peu avec toute une pléiade de chanteurs tous plus connus les uns que les autres...




Mr Schenker est revenu en force au Trianon en 2026 devant une salle comble et comblée. Espérons qu'il revienne très bientôt avec son propre répertoire de sa carrière solo d'autant qu'il vient de sortir un excellent nouvel album « Don't Sell Your Soul » au visuel certes raté mais au contenu fort réussi...
Merci à Camille et David...
Texte : Olivier Carle
Photos : François Capdeville