Dimanche 18 janvier, le Zénith de Paris déborde déjà d’énergie. Complet depuis des semaines, le concert d’Electric Callboy s’impose comme l’un des rendez-vous immanquables de ce début d’année. Avec son Tanzneid World Tour — littéralement « envie de danse » — le groupe allemand annonce une soirée où le metal se mêle à la dance et à la techno sans le moindre complexe. Dans la salle, l’impatience est palpable : le public est prêt !
Wargasm – Une claque électro punk pour ouvrir la soirée
Dans la fosse, l’ambiance est festive, mais encore contenue. Ça ne va pas durer longtemps. Le duo britannique, composé de Sam Matlock et Milkie Way, débarque sans préambule avec un electro-punk brutal, sale, frontal. Pour une découverte en ce qui me concerne, l’effet est immédiat. Beats lourds, riffs saturés, attitude provocatrice : Wargasm ne cherche pas à séduire, le groupe attaque. Et très vite, la fosse répond.

Accompagné de trois musiciens sur scène, le duo déploie une énergie brute. Les premiers jumps s’organisent, les têtes commencent à bouger, et la tension monte d’un cran à chaque morceau. Fidèle à sa devise « angry music for sad people », Wargasm transforme l’attente en défouloir collectif.
Le set est dense, sans temps mort. Bad Seed et Fukstar frappent fort, pendant que Small World Syndrome, dernier single en date, confirme toute son efficacité en live. L’ensemble reste d’une redoutable efficacité. Ce punk électro a quelque chose d’instinctif : ça met le sourire, ça donne envie de bouger, et surtout, ça déchaîne la fosse. On ne va pas se mentir, c’est exactement ce qu’on attend d’une première partie.


À mesure que le set avance, une évidence s’impose pour moi : Wargasm est taillé pour les scènes plus petites, plus proches du public. Dans un Zénith déjà bien rempli, l’impact est là mais l’envie de voir le groupe dans une salle intimiste, au plus près de cette énergie punk, devient presque frustrante.
Le groupe conclut son passage avec Do It So Good, laissant le public parisien déjà bien échauffé et prêt pour la suite. Wargasm signe une entrée en matière radicale, intense et parfaitement maîtrisée, et promet de revenir très vite en France.
Setlist
1. Bad Seed
2. Vigilantes
3. Fukstar
4. Pyro Pyro
5. Small World Syndrome
6. Feral
7. D.R.I.L.D.O
8. Spit.
9. Do It So Good
Bury Tomorrow
Changement d’atmosphère. Après le chaos électro-punk de Wargasm, le Zénith est désormais plein jusqu’aux gradins. L’attente est palpable : Bury Tomorrow est clairement attendu ce soir. Pour ma part, c’est une première rencontre en live avec le groupe britannique et autant le dire tout de suite, je me prends une claque !


À 20h00 pile, un message d’alerte s’affiche : « la purge commence ». Tous les moshpits et wall of death sont officiellement autorisés. Dans la fosse, la tension monte instantanément. Les six membres de Bury Tomorrow débarquent fièrement sur scène et attaquent sans détour avec Choke. Le ton est donné. C’est massif et précis.
Le metalcore du groupe frappe fort et sans détour, chaque morceau faisant monter la pression d’un cran dans la fosse. Les breakdowns, les mélodies, chaque morceau semble calibré pour déclencher une réaction physique immédiate dans la foule. Malgré l’espace scénique relativement restreint, le groupe impose sa présence avec une facilité déconcertante.

Le chanteur Dani Winter-Bates, vêtu d’un long manteau noir, s’impose très vite comme un frontman charismatique. Il capte l’attention et maintient un lien constant avec le public. Son scream est parfaitement maîtrisé, puissant sans jamais perdre en clarté. On apprécie aussi cette proximité sincère, ponctuée de sourires qui contraste avec la violence sonore déployée.



Dans la fosse, c’est un véritable champ de bataille. Les moshpits s’ouvrent, se referment, repartent de plus belle. Chaque breakdown est accueilli comme un signal, et le public parisien répond présent, porté par une énergie collective impressionnante comme toujours.
Côté setlist, Bury Tomorrow pioche intelligemment entre classiques et nouveautés, avec notamment trois titres issus de leur dernier opus sorti en mai dernier. En 45 minutes, le groupe livre un set dense, intense, sans temps mort, et confirme pourquoi il est aujourd’hui une valeur sûre de la scène metal moderne.
Bury Tomorrow quitte la scène sous les acclamations d’un Zénith conquis, laissant un public essoufflé mais pleinement satisfait. Une prestation solide, percutante, et une découverte live plus que réussie.
Setlist
1. Choke
2. DEATH (Ever Colder)
3. Cannibal
4. Boltcutter
5. Let Go
6. Villain Arc
7. What If I Burn
8. Black Flame
9. Abandon Us
Electric Callboy
Puis vient le moment que tout le monde attend. Electric Callboy monte sur scène. Le Zénith bascule instantanément dans une autre dimension.


Porté par l’énergie communicative du duo Kevin Ratajczak / Nico Sallach, le groupe enchaîne les titres avec une précision millimétrée. Leur complémentarité vocale et scénique fonctionne à merveille, et chaque morceau est pensé comme un moment de fête à part entière. De Still Waiting — clin d’œil évident à l’arrivée de Frank Zummo derrière les fûts — à Pump It, en passant par Hypa Hypa, We Got The Moves ou encore Spaceman, la setlist frôle la perfection. Mention spéciale à Revery, que je pourrais écouter en boucle sans jamais m’en lasser.
Difficile pour moi de rester totalement objective face à un groupe que j’apprécie autant. Je les ai découverts avec la sortie de Pump It et son clip désormais culte, et chaque passage en live n’a fait que renforcer cette fascination. Vu pour la dernière fois au Hellfest 2025 — où j’ai survécu à une fosse complètement déchaînée, l’un de mes meilleurs concerts de l’édition — c’est avec un plaisir particulier que je peux aujourd’hui les photographier dans un Zénith plein à craquer.
Et quel show. Scénographie colorée, décors délirants, light show survoltés, effets pyrotechniques parfaitement dosés : Electric Callboy chouchoute clairement son public. Les changements de tenues s’enchaînent, toujours plus improbables, et l’univers rétro du groupe envahit jusqu’à la fosse. Bandes fluo, bandeaux,... beaucoup ont joué le jeu, et sont venues avec leur plus belle tenue kitsch et l’ambiance devient aussi visuelle que sonore.




Le concert marque une pause aussi inattendue que bienvenue lorsque les deux chanteurs s’invitent au cœur de la fosse pour une séquence acoustique. Le public s’assoit autour d’eux et une ambiance presque feu de camp s’installe, totalement improbable dans un Zénith. Fuckboi et Everytime We Touch gagnent alors en intimité, avant un retour brutal à l’intensité pour conclure le concert.


Derrière les fûts, Frank Zummo impressionne. L’ancien batteur de Sum 41 apporte une puissance supplémentaire à la section rythmique, confirmant que Electric Callboy n’est plus seulement un groupe festif, mais une véritable machine parfaitement huilée. Trabendo, Bataclan, Olympia… et désormais le Zénith. L’ascension est évidente, assumée, et loin d’être terminée.
Ce soir, Electric Callboy ne joue pas seulement un concert. Ils offrent une parenthèse euphorique, un chaos joyeux où le metal rencontre la dance sans le moindre complexe. Le public parisien danse, saute, transpire. Certains continuent même à chanter et à bouger une fois les lumières rallumées, incapables de quitter cette bulle d’énergie.


Difficile d’imaginer que le Zénith oublie une soirée pareille. De mon côté, c’est déjà gravé.
Prochaine étape : les retrouver au prochain Heavy Week-End à Nancy (le dimanche 7 juin), avec la même impatience.
Setlist
1. TANZNEID
2. Still Waiting (Sum 41 cover)
3. Tekkno Train
4. Hypa Hypa
5. MC Thunder
6. Neon
7. Pump It
8. Hurrikan / Overkill / All the Small Things / Bodies
9. Revery
10. Hate/Love
11. Mindreader
12. Monsieur Moustache vs. Clitcat / Muffin Purper-Gurk / We Are the Mess / Crystals
13. Drum Solo
14. Fuckboi (Acoustique dans le public)
15. Everytime We Touch(Acoustique dans le public jusqu'à la fin du deuxième refrain, puis groupe complet sur scène)
16. MC Thunder II (Dancing Like a Ninja)
17. Elevator Operator
Encore :
18. RATATATA (BABYMETAL × Electric Callboy song)
19. Spaceman
20. We Got the Moves
No Limit
Photos et Live report : Stéphanie Morgado @sekhmet_eve
