Texte : Olivier Carle
Photos : François Capdeville
En route pour le Zénith pour mon 27ème concert de Saxon depuis mon tout premier en 1980 à Oxford. Je considère ce groupe depuis lors comme le plus important de la New Wave Of British Heavy Metal. Il se pourrait même que je le classe au panthéon du genre, c'est dire combien j'aime ces Anglais depuis près d'un demi-siècle. Ma toute première venue dans ce même Zénith parisien, nouvellement construit pour remplacer le vieillissant et insalubre Hippodrome de Pantin, fut d'ailleurs pour Saxon en 1984 lors de la tournée « Crusader ». Ils y reviendront et moi également pour celle d'« Innocence Is No Excuse » en 1985 et pour le « Rock The Nations » Tour avec les légendaires Loudness en 1ère partie en 1986.

Par la suite ce seront plutôt l'Elysée Montmartre, le Bataclan ou le Trianon voire même La Locomotive qui les verront se produire. Ils ne reviendront au Zénith de Paris qu'il y a 2 ans pour le « Metal Masters 2024 » avec Judas Priest ! J'ai ainsi assisté à toutes leurs tournées correspondant aux 24 albums studio originaux sortis à ce jour, que ce soit en France, en Angleterre ou en Allemagne. J'ai aussi pu apprécier les différents line-up puisque ne subsiste de la formation originelle que Biff au chant. C'est surtout au niveau des batteurs que le combo de Barnsley a vu pas mal de changements. J'avais commencé avec Pete Gill avant qu'il ne rejoigne leurs copains de Motörhead. Puis ce fut Nigel Glockler, que j'avais découvert avec Toyah sur scène à Oxford et qui officie de nouveau avec Saxon depuis une vingtaine d'années et ce soir encore.
Entre temps je les avais vus avec Nigel Durham, Fritz Randow et Jörg Michael derrière les fûts. Le bassiste Nibbs Carter est là depuis près de 40 ans après avoir remplacé Steve Dawson suite à la scission du groupe en 2 entités : Biff's Saxon et le Oliver Dawson's Saxon que j'ai aussi eu la chance de voir 2 fois au British Steel de Fismes. Et Graham Oliver justement a laissé sa place de guitariste soliste il y a 30 ans au profit du plus discret mais néanmoins très efficace Doug Scaratt, toujours présent aujourd'hui. Quant au second guitariste, il s'agit de Brian Tatler de Diamond Head, qui a remplacé scéniquement le regretté Paul Quinn pour raisons de santé, celui-ci ne pouvant plus partir en tournée mais continuant à intervenir en studio.
Overdrivers
La soirée commence avec les Nordistes d'Overdrivers que j'avais découverts à leurs débuts sur la scène du Raismes Fest. Le quatuor pratique toujours un rock'n'roll décapant à la sauce Airbourne ou AC/DC. C'est plutôt bien fait mais je reste fidèle à ma première impression d'il y a 10 ans à savoir que ça manque un peu d'originalité même si l'énergie est bien présente.
Sortilège

Je n'ai jamais été un grand fan de Sortilège comme du heavy metal français de manière générale à l'exception notable de Vulcain que je continue à vénérer même si le groupe n'existe plus. Ce sera la 4ème fois que je vois les Parisiens depuis 40 ans, mon premier concert étant celui de l'Eldorado en 1986 pour la tournée « Larmes De Héros ». Entre temps le groupe a eu une longue période de 33 ans de cessation d'activité avant que le vocaliste Zouille ne le fasse renaître de ses cendres avec de nouveaux musiciens en 2019. On retrouve donc Olivier Spitzer à la rythmique, Seb à la basse et Clément Rouxel à la batterie. A la suite du décès de Bruno Ramos il y a précisément 1 an, c'est Michaël Zurita, que je connais de ses années avec Satan Jokers/Furious Zoo, qui a repris la lead guitar.

Je dois dire que je n'avais guère apprécié les prestations du Sortilège original en 1986 et de la nouvelle version en 2022 au Raismes Fest notamment à cause du chant trop forcé dans les aigus de Zouille. Mais les deux dernières fois à savoir au Heavy Weekend en 2024 et ce soir au Zénith m'ont quelque peu réconcilié avec le groupe d'une part parce que les 2 derniers albums « Apocalypso » et « Le Poids De L'âme » sont beaucoup plus à mon goût que ceux des débuts et d'autre part parce que Zouille se décide enfin à chanter et non plus à « hurler » dans son micro.


Je me doute que les fans de la première heure ne seront pas d'accord avec cette analyse et préfèrent réentendre « Sortilège », « Chasse le Dragon » ou « Civilisation Perdue » mais à titre personnel je valide plutôt « Poseidon » ou « Medusa » !
Saxon

A 21h00 précises c'est au tour de la bande à Biff de s'emparer de la scène et c'est parti pour 1h45 de bonheur. Le décor est somptueux et mélange le légendaire aigle lumineux mobile, dans une version plus moderne que celui de l'époque, et ambiance médiévale de château-fort, d'où le nom de la tournée « Castles & Eagles ». Le son est puissant mais cristallin et les éclairages sont tout bonnement parfaits. Biff est dans une forme olympique du haut de ses 75 printemps et ses ennuis de santé semblent bel et bien derrière lui.

La setlist de 20 morceaux va s'articuler autour des principaux « tubes » des Anglais mais aussi de la réinterprétation fidèle dans son intégralité et dans l'ordre originel de leur second opus « Wheels Of Steel » qui fête ses 46 ans. Une initiative très appréciée des fans de la première heure dont je fais partie. Quel plaisir de réentendre sur scène ces titres que le quintet ne jouait quasiment plus depuis plus de 4 décennies comme « Freeway Mad », « Machine Gun » ou encore « Street Fighting Gang »... Et bien sûr les très attendus « Power And The Glory », « And The Bands Played On », mon préféré « Dallas 1PM », « Heavy Metal Thunder », « The Eagle Has Landed » , « Denim And Leather » etc. Je suis nettement moins fan de « Crusader » et de « Princess Of The Night » mais j'en connais certains qui n'auraient voulu pour rien au monde que Biff fasse l'impasse dessus, n'est-ce pas Franck J. !





Incontestablement ce passage de Saxon à Paris en 2026 restera gravé dans la mémoire des fans venus nombreux même si la salle était en configuration réduite. Tous ceux qui auront vu leur veste à patches endossée religieusement par les musiciens le temps d'un « Strong Arm Of The Law » d'anthologie ne sont en tout cas pas près d'oublier cette fantastique soirée ! On retournera sans hésiter les voir au Mennecy Metal Fest à la rentrée.
Merci à Olivier G. et à Matthieu D. !
