L’un de nos derniers concerts marquants en 2025 fut sans conteste celui de Perturbator au Bataclan -avec deux dates complètes. Perturbator, aka James Kent, est un artiste français que l’on soutient depuis la sortie de son deuxieme album Dangerous Days en 2014. Je me souviens du pari gagnant du Hellfest d’avoir invité Perturbator à clôturer la scène Valley en 2022. Pas facile d’imposer un set synth wave (je simplifie car Perturabator fait le grand écart entre divers genres musicaux) face à Korn en main stage et Devon Townsend à Altar sur le même créneau horaire. Et je peux dire que Valley dégoulinait de Metalleux.

Perturbator fait aussi partie de ces artistes français qui ont d’abord eu du succès à l’étranger, notamment aux US, pour ensuite s’imposer en France au prix d’un long processus.
Mais retournons à notre concert du vendredi 5 décembre 2025. L’ouverture est confiée à Kaelan Mikla, un groupe dark wave islandais. 3 femmes pour un set sombre et immersif digne d’une grande messe nocturne. 2026 sera consacré à la production de leur cinquième album. Un groupe à suivre pour les aficionados de nappes atmosphériques glaciales.



Et nous voilà avec Perturbator qui vient défendre son dernier opus “Age of Aquarius” sorti en 2025. Comme vous le savez, j’aime bien observer le public autour de moi, miroir de l’univers de l’artiste. On sent les influences new wave chez certains qui me rappellent la grande époque Sisters of Mercy. Gros dispositif lumineux qui sculpte l’espace entre ombres profondes et éclats aveuglants selon l’intensité des pulsions. Le set démarre avec Lunacy tiré du nouvel opus qui plante le décor sombre, froid et monumental propre à Perturbator. On aura évidemment le droit aux désormais classiques Future Club, Humans Are Such Easy Prey ou Venger, déclenchant une transe collective.





Cette tournée réussie marque aussi une petite évolution scénique avec une guitare venue enrichir le spectre sonore électronique. La scène elle-même est mouvante, l’attention glissant entre Perturbator et son batteur, comme un dialogue visuel et rythmique.
Aujourd’hui, Perturbator s’impose comme une figure essentielle capable de faire le pont entre black metal et musique industrielle, tout en se renouvelant sans cesse comme en témoignent ses derniers opus dont aucuns ne se ressemblent.
Texte et photos : François Capdeville