Festival death/punk/hardcore/thrash international en ce mardi soir de mars au Zénith de Paris. En effet les Allemands de Kreator ont enrôlé les Américains de Nails et d'Exodus et les Britanniques de Carcass pour cette tournée européenne. Jamais vu Nails que je vais donc découvrir. Par contre Exodus je les connais bien pour les avoir appréciés 3 fois au Hellfest, en 2010, 2012 et 2015. Je vais donc les revoir avec Rob Dukes qui avait été remplacé ces 10 dernières années et notamment au HF 2015 par Steve Souza lors d'un de ces jeux de chaises musicales fréquents dans le metal. Quant à Carcass je les avais découverts également au Hellfest 2010 mais je n'en garde pas un souvenir impérissable. Et puis Kreator ce fut l'Elysée Montmartre en 2005 avant le Hellfest mais en 2011 cette fois, toujours des moments intenses...
Nails

Nails commence la soirée très tôt du fait de la présence de 4 groupes à l'affiche, en l'occurrence 18h20, pour un « petit » set de 30 minutes. Le groupe a eu une carrière quelque peu chaotique depuis sa création en 2007. Ne subsiste de ces débuts que le guitariste-chanteur Todd Jones. Les autres musiciens viennent d'arriver il y a peu et on constate qu'il s'agit au final d'un trio puisque le second guitariste est absent. Ces Américains proposent un mélange de grindcore et de hardcore punk dans la lignée d'Agnostic Front ou de Discharge.



On va subir une agression sonore non-stop basée sur des titres du 1er album de 2010 « Unsilent Death » mais aussi des 3 suivants dont le dernier sorti en 2024 « Every Bridge Burning ». Excellente entrée en matière avec des brûlots joués pied au plancher comme « You Will Never Be One Of Us », « Endless Resistance », « Wide Open Wound » ou encore « Scum Will Rise ».
Exodus

Exodus prend la relève sur fond du « We Will Rock You » de qui on sait. Ca attaque très fort avec « 3111 » du nouvel album « Goliath » sorti il y a quelques jours seulement. Le quintet n'a plus que 2 membres d'origine à savoir le batteur Tom Hunting présent depuis 1979 et le légendaire guitariste Gary Holt même si celui-ci n'est arrivé qu'en 1981 mais c'est le seul à apparaître sur tous les albums d'Exodus. Et n'oublions pas que Gary est aussi celui que j'ai maintes fois vu avec Slayer après le décès de Jeff Hanneman en 2013. A la basse c'est Jack Gibson, présent depuis une trentaine d'années. Quant à Lee Altus aux guitares et Rob Dukes au chant ils ont rejoint Exodus il y a 20 ans. Voilà donc un autre groupe dont la carrière est loin d'être un long fleuve tranquille mais il semble avoir trouvé un certain équilibre depuis l'avènement du nouveau siècle...




Il continue à promouvoir son thrash de la Bay Area relativement proche de celui de Testament, Overkill ou Death Angel. La preuve avec des uppercuts comme « Bonded By Blood », « Blacklist », « A Lesson In Violence » ou encore « The Toxic Waltz » introduit par le riff de « Raining In Blood » en hommage à « l'autre groupe » de Mr Holt. Exodus restera pour moi le meilleur moment de cette soirée.
Carcass



N'étant guère sensible au death de Carcass, je ne vais pas épiloguer ici mais j'ai trouvé leur set d'un ennui abyssal...
Kreator

Heureusement les affaires reprennent un peu plus tard avec les Allemands de Kreator. Le show va d'ailleurs être le plus spectaculaire de la soirée avec moult effets pyrotechniques, fumigènes, pluie de confettis et autre rubans colorés. Ca commence d'ailleurs avec le « Run To The Hills » de Maiden diffusé dans la sono et la foule qui reprend le refrain à tue-tête puis la projection d'images de rébellion sanglantes sur un grand rideau tendu devant la scène et sur fond de « Eve Of Destruction » de P.F. Sloan. Et c'est parti pour 90 minutes de thrash de haut niveau. On retrouve le leader Miland « Mille » Petrozza au chant et à la guitare et l'autre membre fondateur, le batteur Jürgen « Ventor » Reil. Le lead guitariste c'est le Finlandais Sami Yli-Sirniö (Waltari) et à la basse je reconnais le Français Frédéric Leclercq (DragonForce, Sinsaenum, Loudblast...).



Un quartet de choc donc pour un set qui ne l'est pas moins. Quelques titres du tout dernier album « Krushers Of The World » sorti en janvier et dont le visuel décore tout le fond de scène. Mr Petrozza va aussi revisiter une dizaine d'opus de la carrière de Kreator qui s'étale sur près de 45 ans. Les meilleurs moments du concert seront sans aucun doute les très attendus « Pleasure To Kill », « Endless Pain », « Enemy Of God », « Hate Über Alles », « Hordes Of Chaos » et « Violent Revolution ». Ca slamme dur dans la foule et on verra même un ou deux circle pits et walls of death dans un Zénith chauffé à blanc.





Soirée variée et très réussie devant un public venu nombreux pour cette affiche percutante et de qualité. On se retrouve bientôt dans cette même salle pour Saxon et Judas Priest.
Merci à Live Nation.
Texte : Olivier Carle
Photos : François Capdeville
