22/9/2026

Judas Priest, les gardiens de la foi du metal

Texte : Olivier Carle

Photos : Stéphanie Morgado (@sekhmet_eve)

En cette soirée de septembre 2026 je vais revoir Judas Priest pour la 16ème fois depuis le Pavillon de Paris il y a 47 ans. Je me rends d'ailleurs compte que c'est au Zénith de Paris que je les ai le plus vus puisque c'est mon 7ème concert des Britanniques en cet endroit. La tournée est intitulée « Faithkeepers » et il faut bien reconnaître qu'il faut l'avoir, cette foi, pour continuer à arpenter les scènes du monde entier plus de 55 ans après la création du groupe. D'origine ne subsistent « que » le bassiste Ian Hill et Rob Halford derrière le micro. Scott Travis qui officie derrière les fûts est tout de même présent depuis près d'une quarantaine d'années et est donc le batteur qui aura eu la plus longue durée de vie au sein du quintet. On le sait, c'est au niveau des guitaristes que la situation a été la plus compliquée puisque Glenn Tipton a dû jeter l'éponge il y a quelques années pour cause de Parkinson. C'est le guitariste-producteur Andy Sneap qui a pris sa place pour les tournées même si Glenn reste officiellement membre de Judas. Quant à K.K. Downing, il a officiellement quitté le combo il y a une quinzaine d'années pour divergences et il a été remplacé par le talentueux Richie Faulkner.

Je passe sur la prestation de Nevermore en 1ère partie, pas un choix très judicieux à mon humble avis. A 20h45 précises et après l'intro habituelle sabbathienne (« War Pigs »), le rideau, qui représente la discographie du groupe de Birmingham, tombe et on découvre une superbe scénographie. Un mur de Marshall et beaucoup d'écrans qui serviront à projeter des animations et vidéos illustrant les morceaux joués. Un show encore plus impressionnant que le dernier en ce même lieu il y a 2 ans.

On commence fort avec « You've Got Another Thing Coming » avant un toujours apprécié « Metal Gods », premier extrait de l'album culte « British Steel » qui sera comme toujours bien représenté ce soir avec pas moins de 4 brûlots. On reste d'ailleurs sur cet opus de 1980 avec « Breaking The Law » qui fait toujours son effet et est repris en choeur par les fans. Retour ensuite au début de la carrière de Judas avec « The Ripper » issu de « Sad Wings Of Destiny » (1976) et des images effrayantes de Jack l'Eventreur projetées sur les écrans. Le groupe est soudé comme jamais et les guitaristes sont en parfaite symbiose. Petit détour par l'album « Defenders Of The Faith », qui a tant compté pour moi puisque j'ai participé à son lancement chez CBS en 1984, avec l'excellent « The Sentinel » qui permet à Richie et Andy de se lancer dans un duel de guitares époustouflant. Rob est en voix et ne peinera que quelques fois dans les aigus mais à 75 ans on lui pardonne !

On part maintenant vers des rivages plus commerciaux et très US-friendly avec « Desert Plains » de « Point Of Entry » (1981). La récente carrière du quintet n'est pas oubliée puisque déboule maintenant « Lightning Strike » de « Firepower » (2018) qui démontre que Rob et ses acolytes n'ont pas perdu l'énergie de leurs débuts. L'intro au synthé et à la batterie reconnaissable entre 1000 annonce maintenant l'extrait sans doute le plus américain de leur setlist, le fulgurant « Turbo Lover » de 1986 qui obtient un franc succès dans la fosse et au-delà. La surprise viendra de ce « Steeler » issu de « British Steel » que le groupe n'a à ma connaissance jamais joué sur scène par chez nous. Pas le morceau le plus marquant de leur discographie mais après tout il faut bien redécouvrir parfois des pépites enterrées depuis des années ! Ce sera d'ailleurs de nouveau le cas avec le méconnu « Delivering The Goods » de « Killing Machine » (1978) et ses guitares déchaînées. Retour ensuite au dernier album studio en date du Priest, « Invincible Shield », avec le très bon « Panic Attack » mené pied au plancher par le quintet qui se donne à fond pour son public. Il en sera de même pour le plus calme et prog' mais néanmoins efficace « Victim Of Changes » avec son riff entêtant et une performance vocale de Rob tout à fait incroyable ! Et on repart de plus belle avec « No Surrender » de « Firepower », encore un titre récent bien puissant et accrocheur. Puisqu'on parle de puissance, c'est maintenant le très attendu « Painkiller » qui va tout emporter sur son passage comme à chaque fois. Le groupe sort brièvement de scène avant que « The Hellion » ne résonne dans la sono et que « Electric Eye » ne vienne ravir nos esgourdes. Puis ce sera l'incontournable arrivée en Harley pour le non moins acclamé « Hell Bent For Leather » avant un ultime « Living After Midnight » qui viendra clore ce superbe show d'une heure et demie qui aura comblé tout le monde...

No items found.
No items found.
No items found.
No items found.
No items found.