6/1/2026

Imminence - Une expérience musicale hors du temps

Mercredi 17 Décembre. Direction la salle Pleyel pour recevoir un cadeau un peu en avance, celui du concert d'Imminence dans le cadre de leur tournée The Black. Les concerts de cette tournée promettent une expérience assez unique, avec la présence d'un quatuor à cordes et une session en acoustique. Tous les fans se sont donc donnés rendez-vous, extrêmement impatients de découvrir ce que ce format nous réserve en live.

C'est la 1ère fois que j'assiste à un concert dans cette salle, qui me semble plus tournée au format musique classique. Mais pour ce soir, les sièges habituellement présents en parterre bas ont laissé place à une fosse de taille plutôt modeste, mais suffisante pour se mettre dans l'ambiance. Quant à moi, je prends place en parterre haut, ce qui me permet d'avoir une vue globale sur toute la scène.  

Ne Obliviscaris

Les joies habituelles des transports en commun me font malheureusement rater le début de la première partie, avec les australiens de Ne Obliviscaris. Je dis première partie, mais j'attendais ce groupe avec autant d'impatience que pour Imminence. Ils sont venus il y a quelques temps au Rock N’Eat à Lyon, une petite salle où ils avaient électrisé les lieux et où les sourires sur les visages m'avaient beaucoup marqué. En arrivant, je constate que la fosse est encore assez calme, mais déjà bien pleine. Les rangs assis se remplissent petit à petit. Ce que j'apprécie particulièrement chez Ne Obliviscaris, c'est leur metal progressif tout en nuance. On navigue entre des envolées musicales très chantantes/ chatoyantes, parfois aux influences jazzy, avec le violon de Tim Charles. Tim, en charge du chant clair, a de mon point de vue une voie très chaleureuse. Sa joie de performer se lit sur son visage. Mais cette perception est souvent contrebalancée par des passages musicaux beaucoup plus agressifs, avec des riffs de guitares énergiques, le tout renforcé par le chant, guttural cette fois ci, de James Dorton. J'étais extrêmement fan de la voix de son prédécesseur Xen qui était d'une formidable noirceur. J'étais donc un peu inquiète de voir la relève sur scène, mais ce sentiment a rapidement disparu tant James Dorton prend généreusement toute la place qui lui est due (et je ne dis pas ça uniquement parce que ses épaules sont très larges !). Sa voix est d'une puissance et d'une maitrise très satisfaisante à écouter. La scène reste sobre sans décoration ni fioritures, mais la prestation s'appuie sur des jeux de lumière qui nous en mettent plein la vue. Nous ne pouvons malheureusement pas entrer pleinement dans l'ambiance : des problèmes de sons apparaissent, marqués par des coupures. Cela agace même les principaux concernés sur scène qui tentent de faire abstraction, malgré les quelques crispassions sur leurs visages. Cependant, l'ensemble des membres du groupe a continué sa prestation jusqu'au bout dans un professionnalisme impeccable.

L'heure de l'entracte arrive et il est temps pour moi de me désaltérer à l'un des bars présents dans la salle. Je constate que le public reste dans la moyenne assez jeune, mais Imminence a le don de ne pas capter uniquement les afficionados du metalcore. Leur personnalité musicale a progressé en metal alternatif et ce qu'ils nous proposent aujourd'hui rassemble un public beaucoup plus large. La fan base grossit et cela se constate notamment au merch avec une file interminable.  

Imminence

Il est temps de rejoindre ma place et de profiter pleinement du plat de résistance. A peine installée que les lumières s'éteignent, mais étonnamment le mouvement ne commence pas au niveau de la scène. Des voix s'élèvent à l'opposé, dans les gradins. Une lumière verte avance au milieu des rangs. Il s'agit d'une lanterne portée par une personne non identifiée cachée sous une capuche. On aperçoit le quartet des musiciens à cordes sur le côté gauche de la scène, tandis que plusieurs panneaux symbolisant des remplages comme sur des églises gothiques sont éclairés en bleu au fond de la scène. Un musicien est placé devant chacun de ces éclairages où les silhouettes sont découpées.  

Subtilement, le logo de l'album The Black apparait intégré à ces décors et l'ensemble fonctionne parfaitement bien. Une ambiance mystique se dégage de tout cet ensemble, et c'est dans cette atmosphère que Eddie Berg commence à chanter sur les notes de Come Hell or High Water. Il est encore camouflé sous sa cape mais on reconnait bien évidemment à sa voix et à son violon qu'il tient à la main. Heureusement, les problèmes de son ont l'air d'avoir été réglé pour notre plus grande joie.

Dès les premières notes, on comprend que nous allons vivre une expérience unique. L'intensité croît sur toute la première partie du concert avec l'enchainement mémorable de Desolation, Heaven shall burn et Beyond the Pale. Personnellement, je ne suis plus objective depuis bien longtemps avec le son des instruments à cordes car j’y suis très sensible, et je pense que chacun devrait assister à une représentation d'un orchestre symphonique au moins une fois dans sa vie. Mais nous assistons ici à une combinaison d'éléments faits pour communier ensemble. Entre les paroles sombres, le quartet, le growl puissant d'Harald Barrett, les chœurs interprétées par la voie féminine, et la gestion du chant et du scream d'Eddie capté par le micro de son violon en parallèle de son jeu, on en prend plein les yeux et les oreilles. Une apothéose musicale absolument magistrale.  

L'intensité ne retombera pas une minute lors de toute cette première partie de concert. La belle surprise arrive au moment où Tim Charles de Neo Obliviscaris rejoint le groupe Imminence sur scène pour interpréter Come What May. La voix si singulière de Tim couplée à la voix saturée d'Eddie renforce encore l'intensité du morceau. Mais les protagonistes ont décidé de ne pas nous ménager ce soir. Et c'est avec une immense joie que nous voyons Tim Chares récupérer son violon et rester sur scène pour interpréter la partie musicale en duo au violon avec Eddie. C'est tout simplement sublime et mes voisins de chaises restent bouchée bée devant cette interprétation pleine d'émotions.  

S'enchaine le morceau Cul de Sac pour que le public puisse remonter à la surface, puis les coulisses s'activent. La scène est rapidement transformée, des chandeliers et bougies sont apportés. Place à la partie acoustique du concert avecr Satured soul. L'ambiance est tout d'un coup plus intimiste, les violons ont été cette fois ci placé à l'avant. Harald Barrett a troqué sa guitare électrique par une acoustique et s'est équipé d'un chapeau du plus bel effet. Une lumière assez chaleureuse et plus intense nous permet de bien observer l'ensemble des détails de la scène, et cette ambiance coin du feu restera présente pour les 5 titres interprétés.

Au termes de Love and grace, un rideau est déroulé sur l'avant de la scène le temps de reconfigurer les lieux pour la 3ème et dernière partie du concert.  

L'appel du vide retentit, et Harald Barrett finit par s'avancer au centre de la scène pour son interprétation théâtrale tant attendue. Le rideau tombe, il dégaine son archet et fait glisser les crins sur les cordes de sa guitare pour faire crisser les notes. Et le concert reprend pour une dernière ligne droite des Suédois, ils finiront en beauté avec God Fearing Man et The Black. Avant de remercier le public sur le titre Le Noir. Le public, intégralement débout, les remerciera avec des cris et applaudissements plus que fournis. Magique !

Texte : Floriane Sonnery

Photos : François Capdeville

Ne Obliviscaris set:  

Equus

Devour Me, Colossus (Part I): Blackholes

Devour Me, Colossus, (Part II): Contortions

Suspyre

And Plague Flowers the Kaleidoscope

Imminence set:  

Amplified set part 1:

Come Hell or High Water

Desolation

Heaven Shall Burn

Beyond the Pale

Death by a Thousand Cuts

Death Shall Have No Dominion

Come What May (with Tim Charles)

Cul-de-Sac

Acoustic set:

Saturated Soul

Alleviate

Continuum

This Is Goodbye

Love & Grace

Amplified set part 2:

L'appel du Vide

Heaven in Hiding

Infectious

Erase

Temptation

God Fearing Man

The Black

Le Noir

No items found.
No items found.
No items found.
No items found.
No items found.