Texte : Olivier Carle
Photos : François Capdeville
Cette nouvelle édition 2026 sera pour moi la 15ème depuis 2009. En attendant la célébration des 20 ans du festival en 2027, l'affiche de cette année n'est pas forcément la plus attrayante de toutes celles que j'ai vues mais j'y ai quand même trouvé mon compte entre valeurs sûres et découvertes... Je vais comme chaque année vous narrer « mon » Hellfest c'est-à-dire les groupes que j'ai le plus appréciés (ou pas) au cours de ces 4 journées métalliques sous un soleil de plomb qui a un peu gâché la fête !

Jour 3
Ma journée de samedi commence à la Warzone avec Cancer Bats. Le quartet nous vient de Toronto et pratique un punk hardcore teinté de sludge. Créé en 2004, il compte 7 albums à son actif. La prestation est brutale et les riffs sont plus qu'acérés. Le chant est hargneux et le pit est en feu. Bonne entrée en matière pour cette journée de samedi qui va s'avérer caniculaire...
Je passe brièvement sur Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs (non mon clavier n'a pas bugué !) à la Valley avec son stoner qui m'a profondément gonflé.


Retour à la Warzone pour mes chouchous du Hellfest 2022 à savoir Cro-Mags. Je sais bien que je les avais déjà vus auparavant en 1987 au Zénith avec Motörhead et Girlschool ainsi qu'en 1993 à l'Elysée Montmartre avec Only Living Witness mais je ne garde aucun souvenir de ces 2 prestations. Alors qu'à Clisson en 2022 ce fut une claque monumentale qui va se reproduire en 2026. Le groupe new-yorkais c'est d'abord et avant tout celui du phénoménal bassiste-hurleur Harley Flanagan qui reste le seul membre originel à ce jour. Le quartet fête ses 45 ans de carrière avec des changements de line-up incessants et impossibles à décrire ici. Le style reste très hardcore mais avec des touches de metal de plus en plus prononcées. Certains auront été surpris de voir Harley s'échauffer avant le set sur la scène et en plein cagnard avec des dizaines de pompes. Il faut bien s'entretenir mais là ça frise l'inconscience. Comme de coutume, l'essentiel de la setlist va s'appuyer sur le légendaire tout premier album de 1986 « The Age Of Quarrel ». Des titres comme « Hard Times », « Malfunction », « World Peace » ou « We Gotta Know » restent des classiques du genre et ils prennent tout leur sens sur scène notamment grâce à la fougue de Harley. Toujours un grand moment en compagnie du quartet américain !
Direction la MS2 pour les incontournables Anthrax.



Ce sera mon 9ème de ces éminents membres du « Big Four » en 40 ans et mon 4ème dans le cadre du Hellfest. Première surprise, je ne vois pas Charlie Benante derrière les fûts. Il semble qu'il se soit blessé depuis peu à la main droite. Il est remplacé par Darby Todd qu'on a pu voir avec Devin Townsend, The Darkness et même Martin Barre de Jethro Tull. Les autres membres habituels du combo sont bien là à commencer par le guitariste fondateur Scott Ian, le bassiste Frank Bello et le vocaliste Joey Belladonna. Le second guitariste est Jonathan Donais depuis 2013. Le quintet new-yorkais va nous offrir un Best Of de ses 45 années de carrière sous un soleil toujours bien présent en ce début de soirée. De « Among The Living » à « Indians » en passant par l'incontournable reprise de Trust « Antisocial », celle de Joe Jackson « Got The Time », « Madhouse » ou encore « Caught In A Mosh », Anthrax régale nos esgourdes et le public est aux anges...
Je me décale de quelques mètres pour assister au concert de A Perfect Circle sur la MS1.



Etonnant de retrouver ce groupe d'art rock quelque peu intello entre 2 des piliers du Thrash US à savoir Anthrax et Megadeth mais après tout pourquoi pas ! J'ai eu la chance de voir Tool plusieurs fois, notamment à l'Arapaho en 1994 (histoire de faire rager les fans !), mais jamais APC pourtant mené de main de maître par le même Maynard James Keenan. L'autre membre fondateur, le guitariste-compositeur-producteur Billy Howerdel, est bien évidemment présent également mais il ne m'a pas semblé distinguer James Iha, ex-Smashing Pumpkins et aux guitares en temps normal. Josh Freese et Matt McJunkins complètent la formation à la section rythmique. Le show est réduit à son strict minimum avec le logo du groupe et des images furtives de ses membres à l'occasion sur les écrans. Maynard est comme toujours en retrait sur la scène et les autres musiciens sont concentrés sur leurs instruments. L'ambiance est apaisante après le bruit et la fureur des autres combos du jour. Les Californiens vont piocher dans leurs 4 albums sortis depuis 2000 pour nous proposer une setlist de rêve pendant les 80 minutes de leur superbe prestation. J'ai tellement aimé que je me demande si je ne vais pas retourner les voir au Zénith dans quelques jours !
Autre moment émouvant de cette édition 2026 du HF, après ceux de Sepultura, ce seront les adieux à la scène de Megadeth. Ce sera mon 12ème (dont 6 au HF) de Dave Mustaine et sa bande depuis 1992.




Autant dire que je suis très attaché à ce pionnier du thrash tout comme ceux qui se pressent devant la MS2. Autour de Dave il y a James LoMenzo à la basse depuis 20 ans, Dirk Verbeuren qui fête ses 10 ans derrière les fûts et le « petit nouveau » depuis 2023, Teemu Mäntysaari à la guitare.Le quartet est en grande forme même si Mr Mustaine commence à accuser un peu le poids des tournées incessantes et il va pouvoir profiter d'une retraite méritée. Hormis les 3 titres issus de l'ultime album studio éponyme sorti en début d'année, les 12 autres seront piochés dans la discographie du siècle dernier. Ce seront d'ailleurs un peu toujours les mêmes que sur les tournées précédentes car Dave sait bien que les fans veulent entendre ceux-là. Le refrain en français de « A Tout Le Monde » sera repris à l'unisson par la foule. Les extraits de « Countdown To Extinction », l'album le plus vendu de Megadeth, obtiendront comme toujours un succès mérité, notamment « Symphony Of Destruction » qui reste une pièce maîtresse de l'oeuvre des Californiens. Il y aura aussi la traditionnelle venue sur scène de Vic Rattlehead avec sa valise pleine de dollars pour « Peace Sells... ». Et puis le très attendu « Holy Wars... The Punishment Due » pour clore ce moment d'émotion et de nostalgie... Bon vent Dave !
J'avais découvert Limp Bizkit en 1998 à l'Elysée Montmartre en 1ère partie de Soulfly mais je n'en garde aucun souvenir, ni bon ni mauvais. J'ai donc voulu voir ce que pouvait donner le groupe américain sur scène en 2026 mais le massacre d'entrée de jeu du « Faith » de George Michael m'a fait prendre mes jambes à mon cou...




Suite au désistement de Volbeat pour cette édition du HF, ce dont je ne me plaindrai pas bien au contraire, c'est Behemoth qui passe de Temple à la MS2. Et c'est parti pour un des meilleurs moments du festival. Les Polonais vont nous en mettre plein les yeux et les oreilles. A titre personnel je les ai découverts tardivement, au Hellfest de 2010, et j'avais alors été très impressionné par leur show. Revus en 2014 dans ce même festival, puis à l'Empreinte de Savigny la même année dans un cadre plus intime, et de nouveau à Clisson en 2017 (HF) et 2019 (Knotfest). Toujours des grands moments et ce 6ème rendez-vous sera sans doute le plus impressionnant. Negal, Inferno, Orion et Seth vont piocher leur setlist notamment dans leur dernier album studio « The Shit Ov God » mais revisiteront également des titres plus anciens et incontournables comme « Ov Fire And The Void », O Father O Satan O Sun ! » ou encore le superbe « Blow Your Trumpets Gabriel ». Malgré l'heure tardive, ambiance de folie dans la fosse. Les effets pyrotechniques sont nombreux et se marient avec ceux du festival pour un ballet de flammes infernal... Il fallait être à cette cérémonie envoûtante de Blackened Death Metal en ce samedi soir !
