29/6/2026

Hellfest 2026: bienvenue en enfer - Jour 1

Texte : Olivier Carle

Photos : François Capdeville

                                                                                     JEUDI

On commence le jeudi, à l'ouverture du fest, sur la Mainstage 1, avec We Came As Romans. Je ne suis ni un connaisseur ni un grand amateur de Metalcore mais je dois dire que j'ai été très agréablement surpris.

Les Américains étaient déjà passés en 2014 mais j'avais dû privilégier une autre scène à l'époque. La setlist va se concentrer à raison sur le dernier album studio « All Is Beautiful... Because We're Doomed » sorti l'an passé. Il y aura également quelques titres des 2 albums précédents « Darkbloom » et « Cold Like War » mais rien de la période antérieure, peut-être en raison du décès du second vocaliste Kyle Pavone en 2018 des suites d'une overdose. Le son est excellent, les compos sont très réussies et le quintet se donne à fond pour cette ouverture du festival. Ca promet pour la suite !

Le passage de Mikkey Dee With Friends sur la MS voisine était pour moi un must de la journée. Le batteur fait un petit crochet par le HF entre 2 dates de Scorpions. Il s'est entouré d'un guitariste de d'un chanteur au look et à la voix très proches de Lemmy.

Le set sera bien évidemment entièrement consacré à Motörhead. Pas mal de titres un peu « obscurs » dont 2 extraits de « Inferno » (2004) et le titre éponyme de « Sacrifice » (1995). Mais il y aura aussi des classiques comme le très apprécié « Born To Raise Hell » de « Bastards » (1993), l'excellent « I Got Mine » de « Another Perfect Day » (1983) et bien évidemment les incontournables « Killed By Death » avec Chuck Garric du Alice Cooper Band qui se produit un peu plus tard sans oublier « Ace Of Spades » et « Overkill » avec la prestation époustouflante habituelle de Mikkey. Un moment sympathique qui nous rappelle combien les passages de Lemmy et ses complices furent inoubliables au Hellfest (et ailleurs...) !

Mon intérêt pour le Metalcore grâce à WCAR a été stoppé net par le show de The Plot In You qui m'a laissé de marbre. Petite pause donc en attendant The Pretty Reckless avec la belle Taylor Momsen. Malheureusement ce ne fut guère plus enthousiasmant avec des compos d'une banalité affligeante et un spectacle sans grand intérêt.

Heureusement les « affaires » reprennent avec The Inspector Cluzo sur la Valley. Grosse affluence pour les Landais qui sont déjà passés sur la MS au Hellfest en 2022 mais que j'avais ratés à l'époque. Ce sera mon 3ème concert du duo après Guitare En Scène et le Plan en 2024. La setlist fait la part belle à l'album « Less Is More » sorti en 2025. J'ai beaucoup aimé « Catfarm », « As Stupis As You Can » et le titre éponyme que je découvrais enfin sur scène. « The Outsider » reste un moment de bravoure très bluesy et qui fait mouche à chaque fois. Quant à la reprise de Crosby, Stills, Nash & Young « Almost Cut My Hair » je ne m'en lasse pas ! Et puis « Put Your Hands Up » est devenu avec le temps un incontournable du show des Gascons. Un vrai plaisir de les retrouver en si grande forme devant un public admiratif...

Je me dirige ensuite vers la MS2 pour Deep Purple même si je ne m'attends pas à un miracle suite à la prestation catastrophique du Heavy Weekend il y a 2 ans. Ce ne fut malheureusement guère mieux avec un Ian Gillan totalement au bout du rouleau.

Franchement j'ai eu mal pour lui tout au long du set. Il pousse de toute ses forces ses cordes vocales qui ne répondent quasiment plus. Il disparaît derrière la scène constamment pendant que ses comparses tentent de meubler du mieux qu'ils peuvent. C'est d'ailleurs surtout Don Airey qui sera sollicité pour combler les trous avec des soli peu inspirés à base de Marseillaise et autres airs connus. Ian Paice assure comme toujours le minimum syndical et Roger Glover semble demeurer le seul qui prend encore plaisir à tourner.

Quant à McBride il reprend fidèlement les riffs et les solos de Blackmore mais toujours sans le petit brin d'originalité et de folie qui caractérisait Steve Morse dont je resterai toujours un sincère défenseur et dont je regretterai éternellement le départ ! Bref ce fut aussi pénible que les 3 passages précédents du Pourpre Profond à Clisson et ce ne sont pas les 2 morceaux poussifs à paraître sur le nouvel album qui me feront changer d'avis...

Je reste un peu dans le coin pour Papa Roach et son metal alternatif très grand public. C'est bien troussé assurément mais ça m'en touche une sans bouger l'autre comme on dit familièrement.

Le grand Alice Cooper s'empare ensuite de la MS2 avec son équipe habituelle. Enfin presque puisque Anna Cara remplace Nita Strauss à la guitare pendant son congé maternité. Peut-être un peu moins démonstrative qu'elle mais le job est entre de bonnes mains.

On retrouve donc les 2 autres gratteux Ryan Roxie et Tommy Henriksen, Chuck à la basse et Glen à la batterie. Ce sera mon 9ème concert d'Alice depuis 1988 et le 3ème dans le cadre du HF. Le show est comme toujours impressionnant avec la guillotine, la camisole et tout ce qu'on aime chez Alice même si le boa ne fait plus partie du lot. La setlist revisite tous les tubes du maître du shock rock, de « No More Mr Nice Guy » à « School's Out » en passant par « Poison », « Hey Stoopid », « I'm Eighteen » et tous les autres. La voix est toujours là et les musiciens sont absolument parfaits... A 78 ans, ce bon vieux Vincent Furnier en a encore sous le pied !

Juste après ce très bon show le visage d'Ozzy apparaît sur les écrans et c'est le moment de lui rendre hommage avec des images d'archive sur fond de « Mama, I'm Coming Home » suivi d'un magnifique feu d'artifice. Très émouvant et mérité !

N'étant pas très sensible au Metalcore de Bring Me The Horizon...

...je file vers la Valley pour un des meilleurs moments de la journée à savoir le concert de Kadavar. Il faut dire que les Allemands s'y entendent pour faire sonner leur stoner à la Black Sabbath ou Hawkwind dans le plus pur esprit 70's. J'avais déjà vu les Berlinois en 2016 sur la Valley de l'époque et j'avais été fortement impressionné. Là le son est absolument dantesque et le quartet est au sommet de son art. Véritable « Best Of » hard rock psychédélique de leur riche discographie d'un quart de siècle avec des brûlots comme « Doomsday Machine », « Last Living Dinosaur », « Die Baby Die » ou encore « All Our Thoughts »... Les fans de la première heure sont aux anges et les néophytes n'ont pas regretté d'être venus à ce dernier concert de la journée à la Valley !

Un petit tour à la Warzone pour les Américains de Social Distorsion afin de clore cette première chaude journée de festival mais je ne suis pas rentré dans leur univers punk rock quelque peu intello...

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