15/10/2026

Europe célèbre les 40 ans de "The Final Countdown" à l'Olympia

Texte : Olivier Carle
Photo : François Capdeville

Après le rendez-vous manqué de cet été avec Europe à Retro C Trop pour cause de tornade, j'avais hâte de retrouver mon groupe suédois favori sur la scène de l'Olympia. Ce sera mon 9ème de la bande de Joey Tempest depuis son premier passage en France au Zénith parisien pour la tournée « The Final Countdown » en 1987.

‍Par la suite je les ai revus en 1992 au Huxley's Neue Welt de Berlin pour « Prisoners In Paradise » avec Kee Marcello en lieu et place de John Norum. Il y aura ensuite le break du quintet avant un retour une dizaine d'années plus tard. Pour moi ce sera 2007 au Arrow Rock Festival hollandais aux côtés de Aerosmith, INXS, Outlaws, Scorpions, Thin Lizzy, Toto, Steve Vai, The Australian Pink Floyd Show, Roger Hodgson, Tesla... pas mal comme retrouvailles ! Puis le Hellfest en 2013, l'Olympia (déjà !) il y a 10 ans pour le 30ème anniversaire de « The Final Countdown ». En 2018 je les verrai de nouveau au Hellfest puis au Trianon dans le cadre de la tournée « Walk The Earth » que j'adore. La dernière fois c'était en 2023 à la Salle Pleyel pour une nouvelle prestation époustouflante. En 2026, les Suédois fêtent les 40 ans de leur album fétiche et la sortie du nouvel opus studio « Come This Madness » que j'écoute en boucle depuis sa sortie il y a quelques jours. Il va d'ailleurs rejoindre mon panthéon personnel du quintet qui comporte déjà « Bag Of Bones », « War Of Kings » et « Walk On Earth » ! Tout ça pour dire que j'attendais beaucoup de ce retour d'Europe dans la capitale...

THE DAMN TRUTH

Je passe brièvement sur la 1ère partie, un énième groupe « Canada Dry » des 70's qui parodie sans talent tous les pires clichés de ces années-là visuellement et musicalement parlant. On dirait Blues Pills ou WolveSpirit en pire, c'est dire ! Quand on pense qu'on aurait pu avoir Gun à la place, quel dommage...

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EUROPE

Place à la vraie musique avec Europe qui va tout emporter sur son passage. Dire que les 5 musiciens sont d'origine depuis plus de 40 années, ça devient rare dans le hard & heavy. Hormis le beau Joey, il y a bien sûr le relativement discret mais fantastique guitariste John Norum, l'incontournable claviériste Mic Michaeli et la section rythmique de choc composée de John Leven à la basse et de Ian Haugland aux baguettes. Dès l'arrivée des Suédois toute la fosse, pourtant confortablement assise, se lève comme un seul homme et restera ainsi jusqu'à la fin du concert, au grand dam des spectateurs de « petite taille » ! Le set sera composé de 2 parties distinctes. La première consiste en une sorte de Best Of mixée avec 3 extraits du nouvel album. La seconde sera la fidèle restitution de l'album « The Final Countdown » comme il y a 10 ans en ce même lieu sauf que le titre éponyme sera joué en dernier pour des raisons évidentes alors qu'il était le premier à l'époque.

On commence par le nouvel opus avec le très bon « Scandinavian Eyes » que ne renierait pas Rainbow. Le groupe est au taquet et Joey est dans une super forme physiquement et vocalement. Ce titre va vite devenir un classique des Suédois. On ne s'arrête pas en si bon chemin avec mon chouchou « Walk This Earth » de l'album du même nom qui rappelle les grandes heures de Purple avec Mic Michaeli qui sonne comme Jon Lord. Retour en 1988 avec le très FM « Superstitious », de l'album « Out Of This World » de 1988, qui avait fait un carton dans les charts européens suite au succès de TFC 2 ans auparavant mais sans en atteindre les records de vente. La basse de John Leven lance le redoutablement efficace « One On One » du nouvel opus avec son refrain hyper accrocheur et ses claviers très en avant. John en profite pour décocher un solo à la Steve Morse totalement ravageur. Petit détour par l'album de 2009 « Last Look At Eden » avec son ambiance quelque peu zeppelinienne et un zeste de prog' qui n'est pas pour me déplaire. Mais le meilleur reste à venir avec le fabuleux « War Of Kings » que j'ai écouté des centaines de fois et qui sonne toujours aussi martial avec son riff de guitare menaçant et son solo joués par un John totalement habité. Un des grands moments de la soirée assurément. Joey prend ensuite sa guitare pour un « Prisoners In Paradise » très AOR mais qui avait souffert à l'époque (1991) de l'arrivée du grunge qui allait balayer le hair metal et sans doute précipiter la rupture entre le groupe et Epic Records, et générer le break des 10 ans. « The Cult Of Ignorance », 3ème nouveau titre, est encore une belle réussite avec un refrain archi-accrocheur et des claviers superbement mis en valeur. La première partie du set se termine avec « On Broken Wings » qui était la face B du single « The Final Countdown » et qui est peut-être la seule faute de goût de la setlist avec son côté daté...

On passe à l'album-culte de 1986 avec le très attendu « Rock The Night » repris en choeur par les fans de la première heure. Idem avec le « slow qui tue » « Carrie » que le public féminin attendait avec impatience, souvenir des boums de l'époque et des premiers baisers « voire plus si affinités » ! Joey en profite ensuite pour se rappeler les galères des débuts, du temps où le groupe n'avait pas de roadies et qu'il fallait tout porter soi-même en tournée, notamment les fûts de Ian. Une petite mise en scène assez sympathique est de ce fait organisée avec la simulation d'une séance en studio à laquelle nous sommes invités pour le morceau « Danger On The Track ». On verra ainsi le crew du groupe se transformer en assistants guitar-tech, drum-tech et même un livreur de pizza en la personne de Olivier Garnier, bien connu des fans de metal hexagonaux. Après un « Ninja » plus anecdotique, on passe au parfait « Cherokee » avec des images de canyon diffusées sur les écrans de fond de scène, histoire de se mettre dans l'ambiance US. Joey reprend la guitare acoustique pour « Time Has Come », une ballade FM plutôt réussie. On reste dans l'AOR avec « Heart Of Stone » avant un « On The Loose » qui sonne très NWOBHM, un peu dans la lignée de Praying Mantis. « Love Chaser » fait un peu figure de série B par rapport au tube « The Final Countdown » qui pointe son nez. Visiblement les ¾ de la salle sont venus quasiment exclusivement pour réentendre ce titre si emblématique des années 80. Tous les téléphones sortent des poches et c'en est presque pathétique de voir tous ces gens filmer ce moment par pure nostalgie. Il faut dire que les « vrais » amateurs de hard sont relativement peu nombreux dans la salle et on ne voit que quelques t-shirts vintage par-ci par-là. Un peu dommage car je suis convaincu qu'Europe fait partie des meilleurs groupes de hard des années 80 encore en activité et leurs derniers albums en sont la preuve puisqu'on peut aisément les comparer aujourd'hui au Rainbow ou au Purple de l'époque avec une grosse touche de modernité. L'effet « Final Countdown » leur a sans doute fait du tort en les coupant de la base hard & heavy qui les a délaissés depuis lors au profit de vétérans comme Pretty Maids par exemple... En même temps, commercialement parlant, ils y ont sans aucun doute gagné puisqu'ils font l'Olympia là ou d'autres peinent à remplir un Elysée Montmartre ! On ne peut pas tout avoir...

Merci à Olivier Garnier et à Matthieu Drouot...

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