9/2/2026

Epica & Amaranthe, le Zénith de Paris en clair-obscur

Report et Photos : Stéphanie Morgado (insta : @sekhmet_eve)

Les pionniers du metal symphonique EPICA et la puissance metal moderne AMARANTHE ont uni leurs forces à l’occasion de la tournée européenne “Arcane Dimensions Tour”, un événement très attendu par les fans du genre.

Le dimanche 25 janvier, le Zénith de Paris affichait complet pour accueillir ces deux poids lourds du metal. Une soirée placée sous le signe de l’intensité où le public parisien, venu en nombre, a célébré une affiche aussi puissante que fédératrice. Entre envolées symphoniques, refrains fédérateurs et énergie scénique débordante, cette date parisienne s’annonçait déjà comme l’un des temps forts metal de l’hiver.

AMARANTHE

C’est Amaranthe qui lance les hostilités. Originaire de Suède, le groupe s’est imposé au fil des années comme une référence du metal moderne grâce à un son unique mêlant metal mélodique, power metal, touches électroniques et refrains résolument accrocheurs. Une identité forte qui prend toute sa dimension en live. Fidèle à sa réputation, Amaranthe livre un concert extrêmement solide, millimétré et terriblement efficace, porté par une énergie communicative et une scénographie parfaitement maîtrisée.

La grande force du groupe réside dans son impressionnant trio vocal. Elize Ryd, au chant clair principal, impressionne par la puissance et la justesse de sa voix, capable de passer avec aisance de moments très mélodiques à des passages plus épiques. Elle est parfaitement épaulée par Nils Molin, dont la voix claire masculine apporte profondeur et intensité, tandis que Mikael Sehlin complète l’ensemble avec son chant saturé, apportant la touche plus agressive indispensable à l’équilibre du groupe. Un choix vocal atypique, mais qui a largement fait ses preuves et qui constitue aujourd’hui l’ADN d’Amaranthe.

Sur scène, tout est pensé dans les moindres détails, sans jamais tomber dans quelque chose de figé. Le show est théâtral et porté par une setlist efficace mêlant titres issus de leur dernier album The Catalyst et morceaux incontournables de leur discographie. Avec ses hymnes pop-metal ultra-accrocheurs et ses performances scéniques électrisantes, l’impact du groupe metal est immédiat. Ce mélange assumé entre metal et mélodies plus accessibles aux allures pop continue de fédérer un public de plus en plus large, et l’enthousiasme du public parisien en est une preuve éclatante. La fosse chante et répond présente tout le long du set, offrant à Amaranthe un accueil à la hauteur de sa prestation.

Setlist

Intro

Fearless
Viral
Digital World
Damnation Flame
Maximize
Strong
PvP
Crystalline
Boom!1
The Catalyst
Re-Vision
Chaos Theory
Amaranthine
The Nexus
Call Out My Name

Encore :

Archangel
That Song
Drop Dead Cynical

EPICA

Après une première partie déjà très intense, Epica investit la scène sous les acclamations d’un public conquis d’avance. L’entrée se fait presque en douceur, mais l’attente est immense. Originaire des Pays-Bas, le groupe s’est imposé au fil des années comme l’un des piliers du metal symphonique, reconnu pour ses orchestrations riches, ses chœurs majestueux et la voix puissante, habitée et pleine d’émotion de Simone Simons. Le groupe revient à Paris presque un an après sa Release Experience à l’Alhambra, un rendez-vous intimiste entre les fans et le groupe qui avait rencontré un franc succès. Leur dernière rencontre avec le public français remontait également au Hellfest l’année dernière, sous une chaleur écrasante ; ce retour au Zénith était donc particulièrement attendu. Cette tournée est l’occasion pour Epica de défendre son dernier album, Aspiral, sorti en 2025. Un disque aux compositions épiques et chargées en émotions, parfaitement taillées pour le live.

Dès les premières minutes, le groupe impose son univers et plonge le public dans une véritable expérience immersive, presque cinématographique. Le concert débute par une introduction durant laquelle il invite le public à vivre pleinement l’expérience Epica, en limitant l’usage des téléphones afin de se laisser totalement emporter par le moment. Une prise de parole simple mais forte, qui pose immédiatement l’ambiance et renforce cette volonté de partage, de connexion et d’immersion totale.

Dans une atmosphère enveloppée de brume, Simone Simons fait alors son apparition, perchée en hauteur sur la plateforme, vêtue d’une magnifique robe noire. Dès les premières notes, sa voix exceptionnelle résonne dans le Zénith et capte instantanément toute l’attention. L’entrée en matière est saisissante, presque irréelle.

Le groupe enchaîne rapidement avec “Cross the Divide”, premier titre de l’album Aspiral, qui s’impose naturellement dans la setlist et démontre toute la puissance, la modernité et la profondeur émotionnelle du dernier album. La surprise arrive avec “Martyr of the Free Word”, un titre issu de Design Your Universe. Un choix totalement inattendu, et pourtant immédiatement accueilli avec ferveur. Dans la fosse, l’ambiance est déjà électrique, et lorsque notre claviériste de talent Coen Janssen demande un circle pit, le public parisien s’exécute immédiatement. Ce morceau, issu de l’un des albums les plus marquants du groupe est l’un de mes préférés et le retrouver en live après tant de temps est un véritable cadeau. “Eye of the Storm” confirme ensuite toute son efficacité sur scène, entraînant la fosse avec ses rythmes puissants et fédérateurs. L’intensité monte encore d’un cran avec “Unleashed”. Porté par une introduction orchestrale majestueuse, le titre déploie toute sa puissance et renforce l’aspect épique et grandiose du concert. Un moment particulièrement marquant, surtout pour les fans de la première heure, visiblement touchés par cette montée en intensité.

“Never Enough” déclenche une vague d’émotion dans toute la salle. Ce titre, que j’ai écouté en boucle à sa sortie, conserve toute sa force en live. Le texte poignant, résonne profondément, porté par une interprétation habitée.
L’intensité retombe ensuite légèrement pour laisser place à l’un des instants les plus doux et délicats du concert avec “Sirens – Of Blood and Water”, interprété en duo avec Charlotte Wessels. Un moment suspendu, plein de douceur, où la complicité entre les deux artistes est évidente, sincère, presque palpable.

L’émotion atteint son paroxysme avec “Tides of Time”, proposé dans une version accoustique absolument bouleversante. Coen Janssen se place au piano en bas de la plateforme, tandis que Simone chante depuis les hauteurs de la scène. Le contraste visuel et sonore est saisissant. La salle entière semble retenir son souffle, et l’émotion traverse littéralement le Zénith. Les larmes montent sans prévenir et il devient évident que ce moment touche profondément une grande partie du public. Une surprise totale, tant ce titre est rarement joué en live, et un instant d’une intensité rare. Très sincèrement, j’ai pleuré et je n’étais clairement pas la seule. À ce moment précis, le temps semble suspendu.

Après cette parenthèse profondément intimiste, Epica repart de plus belle avec “The Grand Saga of Existence”, avant de faire vibrer le Zénith sur l’incontournable “Cry for the Moon”, véritable classique issu du premier album du groupe. Un titre intemporel, toujours aussi puissant. L’énergie remonte encore d’un cran avec “Fight to Survive”, puis “Consign to Oblivion”, dont la fin orchestrale apporte une dimension grandiose supplémentaire et rappelle toute la richesse de l’univers symphonique d’Epica.

Le voyage se poursuit avec “The Last Crusade”, extrait du deuxième album du groupe, venant rappeler l’étendue et la cohérence de leur discographie. Pour conclure le concert, “Beyond the Matrix” s’impose comme le morceau parfait. Festif, fédérateur, explosif, il déclenche une communion totale avec le public. Le dernier refrain rallongé pousse toute la salle à sauter à l’unisson, dans une énergie collective impressionnante. Une fin magnifique, mais qui laisse malgré tout un léger goût de trop peu, tant l’expérience fut intense, riche et émotionnellement chargée. La scénographie, sublimée par de grands écrans, a accompagné parfaitement la musique et à renforcé cette sensation d’être happé par le show, même si l’absence de pyrotechnie surprend quelque peu. Un choix artistique intéressant, bien que le feu se marie habituellement à merveille avec l’univers d’Epica.

Ce passage au Zénith confirme une fois de plus la capacité d’Epica à transformer un concert en véritable expérience émotionnelle. Entre puissance, virtuosité, échanges constants avec le public et moments de pure grâce, le groupe a livré une prestation magistrale. Même dans une salle de cette envergure, l’expérience reste étonnamment intime. Epica quitte la scène en laissant derrière lui un public conquis, ému, et profondément marqué, avec ce sentiment précieux d’avoir vécu un moment unique chargé en émotion.

Cette soirée au Zénith de Paris restera sans aucun doute comme l’un des grands rendez-vous metal du mois de janvier. Deux performances maîtrisées, un public en feu comme d’habitude et une communion totale entre la scène et la fosse.

Setlist

Intro (Kevin Speech)
Apparition
Cross the Divide
Martyr of the Free Word
Eye of the Storm
Unleashed (Orchestral first verse)
Never Enough
Sirens - Of Blood and Water (with Charlotte Wessels)
Tides of Time (Piano version)
The Grand Saga of Existence
Cry for the Moon
Fight to Survive
Consign to Oblivion (Orchestral end of the song)
The Last Crusade
Beyond the Matrix (With extra last chorus)
Aspiral (Orchestral end of the song)

No items found.
No items found.
No items found.
No items found.
No items found.