Texte : Olivier Carle
Photos : François Capdeville
Après le Zénith l'année dernière, c'est maintenant à Bercy que Duran Duran revient pour mon plus grand plaisir. Ce sera mon 4ème concert des Anglais depuis la tournée « Big Live Thing » qui était passée par cette même salle en 1988. Comme je l'avais dit dans mon Live Report du Zénith 2025 je garde un excellent souvenir de mon 2nd à savoir celui du Paradiso à Amsterdam en 1993, pour la sortie du mémorable « Wedding Album ».

The Molotovs

La soirée devrait commencer fort avec The Molotovs, mon troisième rendez-vous avec la fratrie Cartlidge depuis les Retro C Trop de 2025 et de l'été dernier. Mais même si Issey et Matt ont toujours la pêche, cette grande halle qu'est Bercy n'est guère adaptée à leur punk rock teinté de mod. C'est d'autant plus vrai que la salle est entièrement en mode assis et le public restera relativement indifférent à leur set assez éloigné musicalement parlant de la tête d'affiche. Pas forcément le meilleur choix donc même si on sait que Live Nation pousse le trio londonien au maximum en le faisant jouer un peu partout.



Duran Duran

C'est maintenant au tour de nos « Nouveaux Romantiques » préférés de s'emparer de la scène parisienne. Gros show comme au Zénith avec des projections de superbes vidéos sur l'écran géant situé derrière les musiciens. Je retrouve avec plaisir la même troupe qu'au Zénith. Il y a bien sûr le noyau dur et originel formé du vocaliste Simon Le Bon, du claviériste Nick Rhodes, du bassiste John Taylor et du batteur Roger Taylor (sans lien de parenté avec John et rien à voir avec son homonyme de Queen !). Et puis les irremplaçables « pièces rapportées » que sont l'excellent guitariste Dominic Brown (qui a bossé avec Elton John, Lionel Richie ou encore Take That), les superbes choristes Anna Ross et Rachael O'Connor sans oublier le saxophoniste Simon Willescroft.




La setlist va être assez proche de celle de 2025 mais sera agrémentée de quelques « nouveautés ». Le premier titre en sera une puisqu'il s'agit de « Is There Something I Should Know ?» sorti en single en 1983 et inclus dans la réédition Capitol du 1er album cette même année. Premier « tube » de la soirée ensuite avec le très apprécié « The Wild Boys » qui voit la foule se lever comme un seul homme à l'écoute de l'intro très percutante. On reste en terrain connu avec « The View To A Kill » que tout amateur de James Bond vénère comme il se doit. Retour en 1982, au second album « Rio », avec le célèbre « Hungry Like The Wolf » qui obtient un franc succès auprès du public qui est resté debout dans la fosse de Bercy. Plus dispensable est la reprise discoïde de « Evil Woman » de Electric Light Orchestra que les Anglais s'obstinent à reprendre sur scène pour faire la promo de leur album de covers « Danse Macabre » de 2023. Moi qui suis un inconditionnel de Jeff Lynne, j'ai un peu de mal avec la version de Simon Le Bon.

L'album « Rio » revient en force avec le sympathique « Lonely In Your Nightmare » enchaîné avec le tube de Rick James « Superfreak », version elle aussi issue de « Danse Macabre » sous le nom de « Super Lonely Freak ». Ça bouge pas mal dans les travées de Bercy ! Et ça ne va pas s'arrêter avec « The Reflex » qui sera le seul titre issu du troisième album de 1983 « Seven And The Ragged Tiger » joué ce soir du fait de l'absence regrettée de « Union Of The Snake » pourtant joué l'année dernière. On ne peut pas tout avoir dans la mesure où Duran Duran se limite à une vingtaine de titres joués chaque soir. Moment de grâce ensuite avec l'intro de « Only In Dreams » enchaînée au très beau « Winter Marches On » de « Notorious » avec une magnifique vidéo d'un « ermite » marchant dans la neige vu de dos et survolé par des corbeaux menaçants. Passage obligé par « The Wedding Album » en souvenir de mes années EMI avec les très attendus « Ordinary World » et « Come Undone » et me voilà replongé au Paradiso il y a plus de 30 ans. Ambiance plus funky et très Chic avec le tube « Notorious » qui fait toujours son « petit » effet. Ce soir j'aurai droit, contrairement à l'année dernière, à une reprise de l'album « Big Thing » avec le très dansant « I Don't Want Your Love » qui avait enflammé les dancefloors US à l'époque et que j'avais découvert dans ce même Bercy en 1988. La « vraie » nouveauté de ce soir ce sera ce « Free To Love » sorti il y a peu en collaboration avec leur « vieux » mentor et copain Nile Rodgers. Rien de révolutionnaire mais plutôt bien ficelé avec une ambiance un peu rétro 80's ! Simon nous présente enfin ses compagnons de scène et c'est parti pour un « Planet Earth » des débuts qui restera à jamais un hymne new wave et néo-romantique. On ne s'en lasse pas ! Hommage aux débuts du hip hop avec la reprise de « White Lines (Don't Don't Do It) » de Grandmaster Flash & Melle Mel qui nous ramène plus de 40 ans en arrière pour un très bon intermède festif et groovy. Petite surprise avec le moins connu « (Reach Up For The) Sunrise » issu de l'opus « Astronaut » de 2004 qui marquait les retrouvailles des 5 membres originaux de DD à savoir le noyau dur de ce soir et le guitariste des débuts Andy Taylor parti maintenant vers d'autres horizons musicaux. Des crépitements de flash d'appareils photo annoncent le cultissime « Girls On Film » enchaîné au « Psycho Killer » de Talking Heads dont le refrain en français est repris en choeur par la foule.


Les Britanniques reviendront pour le traditionnel rappel composé de 2 nouveaux extraits de « Rio », le mélancolique « Save A Prayer » et l'entraînant titre éponyme. La nouveauté c'est qu'ils sont rejoints par le guitariste des Strokes, Nick Valensi pour ce dernier. Malheureusement des problèmes techniques avec la guitare de Nick obligeront le groupe à recommencer le morceau. Très philosophe, Simon nous expliquera que, contrairement aux apparences, le public apprécie en général ces aléas de dernière minute car cela crée des souvenirs mémorables qu'on se raconte par la suite avec nostalgie...
Même si ce concert était proche en tout point de celui du Zénith l'an passé j'ai pris un réel plaisir à revoir Duran Duran sur scène pour cette prestation toujours aussi visuellement et auditivement parfaite !
Merci à Live Nation..
