17/5/2026

Blue Pills & Dewolff: communion incandescente au Bataclan

[Photos et texte par François Capdeville]

Ce 3 avril était incontournable pour les amoureux du rock joué de manière authentique, sans artifices. Nous voilà au Bataclan, pour la tournée 2026 des DeWolff et Blues Pills.  Deux groupes européens nourris au blues, au psychédélisme et au hard rock des seventies.  Dans le public, toutes les générations se croisent : amateurs de vinyles, passionnées/és de classic rock, des plus jeunes audiophiles. Car au-delà des styles, ce concert rappelait l’éternelle vérité : le rock n’est jamais aussi fort que lorsqu’il transpire, improvise, et transforme une salle entière en communion.

Dewolff

Il y a chez DeWolff quelque chose d’anachronique et pourtant furieusement vivant. Trois Hollandais, dont deux frères, capables de convoquer l’âme du rock des seventies. Sur scène, le trio transforme chaque concert en messe analogique : orgue Hammond incandescent, guitares blues psychédéliques et groove habité par une chaleur soul devenue rare dans le rock moderne. Leur identité, forgée entre psychédélisme, southern rock et vibrations rhythm’n’blues, rappelle autant les grandes heures de Deep Purple que les errances moites de The Allman Brothers Band.  

Dès “Night Train”, la machine s’emballe, portée par un groove hypnotique et des claviers vintage qui sentent la sueur et le bourbon. “In Love” confirme ensuite pourquoi DeWolff possède cette capacité rare à mêler énergie rock et sensualité soul. J’adore ce refrain hypnotique chanté par les choeurs “In love, In love, In love”. Le Medley Fuego nous met une belle claque pour ce set fiévreux où chaque membre vient s’exprimer tour à tour, comme une jam session improvisée dans un club enfumé du sud des États-Unis.  

DeWolff est une expérience. Une très belle expérience.

Blue Pills

Après la grand-messe analogique de DeWolff, le Bataclan change d’énergie mais conserve la même âme. Avec Blues Pills, le rock vintage devient plus fiévreux. Depuis plus de dix ans, le groupe suédois s’est imposé comme l’un des héritiers modernes du hard rock psychédélique des seventies, quelque part entre Janis Joplin, Graveyard et les envolées soul de Led Zeppelin. Mais réduire Blues Pills à un simple hommage rétro serait une erreur : leur force réside dans cette capacité à faire vivre ce son avec une intensité profondément actuelle.

Au centre de tout, il y a Elin Larsson. Une tornade scintillante en habit de paillettes 70’s, tambourin à la main, capable de transformer la scène du Bataclan en club soul surchauffé. Elle court, danse, harangue la foule, grimpe sur les amplis avant de sauter vers le public.  Dès “High Class Woman”, la basse jaillit et le Bataclan comprend qu’il va vivre une expérience physique.

Mais l’alchimie de Blues Pills dépasse sa chanteuse. Derrière elle, la nouvelle batteuse Lina Anderberg impressionne par son jeu nerveux et son énergie communicative. Le sourire aux lèvres, Lina se dresse à plusieurs reprises pour saluer le public.

Le public, lui, répond immédiatement. Certains au premier rang s’abandonne à leur danse sur “Lady in Gold”, “Birthday”, jusqu’à l’explosif “Devil Man”. Certes, le Bataclan n’est peut-être pas plein à craquer, mais quelle soirée ! Comme on dit, les absents avaient tort !

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