Depuis plus de vingt ans, Ultra Vomit s’amuse à détourner les codes du metal avec un sens de la parodie devenu culte. Entre riffs redoutables, humour absurde et références plus ou moins assumées, le groupe nantais est passé des petites salles aux Zéniths sans jamais perdre son goût pour l’autodérision. À l’occasion de leur tournée, ils reviennent sur leur parcours improbable, leurs influences et leur manière très sérieuse de ne jamais se prendre au sérieux.
Alors, tout d’abord, j’ai des images d’archive à vous présenter ! [Je leur sors des billets de concert pour les deux festivals Sacré Grind, ayant eu lieu en 2004 et 2005, et figurant parmi les toutes premières dates d’Ultra Vomit à Paris. Fetus semble subjugué, il se met à lire les noms des groupes]
[à Flockos] Toi, t’étais pas encore arrivé, t’es arrivé peu de temps après !
Flockos Attends, je regarde les dates… Ah oui, 2004 et 2005, juste après ! Ah oui, celui-ci c’est début janvier...
Fetus Les deux "Sacré Grind", c’était génial. C’était dans la petite Loco. [la Locomotive, aujourd’hui la Machine] Putain, ça c’est un gros souvenir ! C’était 2004 et effectivement, après on avait rejoué l’année suivante. Avec Gronibard…
Flockos Genital Grinders ! [Rires]
Fetus Nan mais là, incroyable ! Warscars c'était avec un mec de Gronib’ [Gronibard] aussi. Sublime Cadaveric Decomposition… Ça remonte tout ça, c’était top ! Des fois, y a des gens qui me parlent d’anciens concerts, ils me disent : « Ah ouais, j'étais monté sur scène avec vous et tout... ». Et là, je comprends que c'était pour "Pauv’ Connard" et je leur fais : « Ça va ? Tranquille ? », parce qu’on a eu des petites déconvenues avec ça…
Flockos Y'a un mec qui s'est fait bolosser.
Fetus Y'a un mec qui a fini par se... C'était quand on avait joué où ça ? C'était au Forum, je crois, un truc comme ça. Non, c'était pas ça. C'était une autre date. Peu importe. Ah si, L'Empreinte ! À Savigny. Et le mec, on a appris par le proviseur du lycée ou du collège, que le gars se faisait bolosser après. C’était genre : « Ah le pauvre connard, le pauvre connard ! » Puis c'est devenu... Ça l'a dépassé un peu, tu vois. Ils ont demandé à ce que nous on intervienne carrément sur les réseaux... Manard avait mis un message genre : « Ouais, arrêtez s'il-vous-plaît, machin... » Ils ont clôturé le truc et apparemment ça s'est arrangé. Mais tu sais, c'est un peu chaud quand tu te dis que t'es à l'origine... Parce que nous à l'époque en plus on choisissait dans le public des mecs qui avaient l'air un peu... Bah... Tu sais, tu sens que le mec il est un peu...
Flockos Il est victime. Il a été choisi comme ça.
Oui, même si c'était souvent des victimes volontaires à la base…
Fetus Bah oui, tu sais. Par exemple, typiquement, ça va être un mec qui veut monter sur scène, lève la main, puis au moment où tu choisis, genre d’un coup il baisse la main, il ose plus trop… et là, tu fais : « Bon, c'est toi ! » [Rires] Donc là, ouais, c'était un peu...
Flockos On prenait des cibles faciles.
Fetus Ouais, mais le pauvre, franchement. On regrette, ça a jamais été le but !
Entre les personnes que vous étiez à cette époque et les personnes que vous êtes maintenant, qu'est-ce qui a changé, qu'est-ce qui est pareil et qu'est-ce qui ne changera jamais ?
Fetus C'est une bonne question. C'est une bonne question… En fait il y a quand même pas mal de choses qui n'ont pas changé. Moi je suis obligé de citer tout de suite mon camarade Manard. Parce que du coup, Manard, bah on a commencé le groupe ensemble. Et c'est vrai quand je repense à Manard de cette époque-là et Manard maintenant, je me dis c'est le même quoi ! C'est fou.
Flockos Avec quelques cheveux en moins, désolé Manard ! [Rires]
Ah, ça, on vieillit tous !
Fetus Ah oui, effectivement, j’avais oublié ce détail ! Sinon la personnalité, c'est le même. Moi j'ai l'impression d'avoir quand même plus changé, mais qu'est-ce qui n'a pas changé ? Je dirais l'humour, ce qui nous fait marrer et tout, ça reste quand même fondamentalement le même truc. Mais à cette époque-là, moi j'étais quand même vraiment plongé fort dans le métal extrême, dans le grind, dans le death et tout. J'en suis un peu ressorti, j'en écoute vraiment beaucoup moins, voire plus. Mais j'ai toujours une petite nostalgie ou un truc que j'aime bien dans cette époque-là. Mais là, à l'époque, j'étais focus, c'était le rêve de jouer sur des affiches comme ça avec Gronibard et tout. Le groupe a un peu évolué avec l'arrivée de Fabien Le Floch. Je sais pas, on a retrouvé une sorte de... ça s'est barré plus dans le métal parodique qu'on avait déjà un peu amené dès le départ.
Flockos Mais il y a eu un peu moins de pop-punk aussi.
Fetus Et on est aussi partis dans tous les sens, dans l'imitation de plein de styles. On faisait déjà ça dès le début, mais ça s'est affirmé un peu comme ça. Donc, je dirais que je suis sorti un peu de cette zone où j'étais vraiment focus sur le metal extrême. C'est peut-être ça qui a le plus changé, sinon la personnalité, le truc, j'ai l'impression que c'était déjà là. La folie est un peu la même, je dirais.
Flockos Moi, en 2005, j'avais des dreadlocks, j'avais un gros bouc.
Fetus Toujours le physique en premier ! C'est sûr qu'il va parler du physique en premier...
Flockos Et je me mettais des grosses races. Donc, j'ai quand même bien changé puisque je ne bois plus d'alcool. J'ai une petite crête, j'ai une barbe.
Fetus T'as carrément eu des gosses et tout !
Flockos J'ai carrément eu des gosses. Et je pense aussi que ma boule gauche est descendue de 5 centimètres facile, quoi. 5 centimètres, c'est sûr ! [Rires]
Mais que la gauche ?
Flockos Que la gauche, la droite est restée à sa place. Quoique j'ai pas mesuré à l'époque. Donc, c'est bien descendu cette affaire, il y a eu un affaissement quand même.
Fetus C'est tout ce que t'as à dire par rapport à la musique ? [Rires] Mais sinon, pas trop de changements. Parce que tu vois, même le côté genre, je fais un album hyper perfectionniste, c'est des trucs que dès le début, même si c'était dans le metal extrême, j'avais une sensation, je sais pas... je dis ça, c'est un peu chelou, mais que chaque album était le dernier. J'ai eu la sensation à chaque fois de ça. On a tout mis, on a tout mis. Je suis explosé, c'est fini, j'arrête. Objectif : Thunes, c’était : « C'est bon, on a couvert tous les styles de metal. On peut s'arrêter là ». Il a fallu neuf ans pour qu'on se décide à revenir et à faire un truc.
Oui, y a une cadence d'album qui est pas effrénée.
Fetus Non, mais parce que vraiment Objectif : Thunes, c'était une condensée de trucs, d'années de concepts, d'aller ratisser tout ce qui se fait dans le metal, de tout parodier, black metal, hardcore, heavy metal, tous les styles. Et en fait, on s’est dit « C'est bon, c'est fait, on va pas refaire ça ». Et puis finalement, si, on l’a refait. Et maintenant, on continue à le faire, mais la différence, c'est que c'est assumé, c'est notre... Y'a pas de problème à refaire des morceaux de style qu'on a déjà fait, ou même d'aborder des thèmes, par exemple...
Flockos Oui, comme le pipi ou le caca.
Fetus Par exemple, si c'est fait d'une manière qui nous fait marrer, j'aurais moins ce scrupule de me dire que c'est déjà fait. Donc non, pas trop de changements.
Flockos Pour le rythme effréné, peut-être qu'on prend notre temps, peut-être qu'il y a des groupes qui en font trop. Moi, j'ai l'impression qu'un album peut annuler celui d'avant, s'il n'y a pas assez de temps entre les deux. Donc chacun fait bien comme il veut.
Fetus À savoir. Faire un album, c'est un truc sacré. Enfin, je trouve toujours. Faire un album... Mes modèles, c'était plus un groupe comme Nirvana, c'est un peu par la force des choses qu'ils n'en ont pas fait 50, mais il y avait très peu de disques de référence. Et puis c'est vrai qu'à côté de ça, des groupes de heavy metal qui pouvaient faire 15 albums, hyper productifs, moi ça m'attirait moins. Je me dis : « Mais je suis où ? Comment je peux suivre ? ». J'étais paumé déjà d'avance : je dois écouter lequel ? Les trucs que Manar écoutait des fois, il me disait : « T'as écouté le nouveau machin...». Mais comment ça, le nouveau ? Il y a 15 albums et tout. Donc, j'avais plutôt dans l'esprit quelque chose du style : si c'est rare, c'est mieux sur le principe. Un peu comme les Coupes du Monde. Je suis assez fan de foot. Une Coupe du Monde tous les 4 ans, oh putain, il y a quelque chose de précieux. Donc ça ne me dérange pas que ce ne soit pas tous les matins non plus qu'il y a un album et qu'on prenne le temps et le soin de le faire.
Flockos Et puis bien laisser... Enfin, on met tellement de temps à faire ça, tellement d'énergie là-dedans, qu'il faut bien le laisser vivre ce truc-là. Et puis on ne pourrait pas, on est à sec d'aspiration, on ne pourrait pas en faire tout le temps.
Fetus C'est ça, mais bien le laisser vivre, ce que t'entends par là, c'est faire des longues tournées où on presse bien le citron. [Rires] C'est ça, c'est ce qu'on fait !
Et entre La Petite Loco et Les Zéniths, le parcours, franchement, tu l'avais imaginé dès le départ ? T'en avais rêvé ou tu t'es dit non mais jamais ?
Fetus Non, non, zéro, c'est impossible. Déjà, nous, quand on faisait ces trucs-là, on avait déjà l'impression que c'était le plafond, qu'on ne pourrait pas faire plus que ça.
Flockos Nous, quand on est Nantais, jouer à l'Olympique... c'est gagné, en fait, quand on joue à l'Olympique.
Fetus À la salle Nantaise.
Flockos Pour nous, c'était : c'est bon, on a gagné. Évidemment que les Zéniths, il n'y avait même pas de Zéniths à l'époque.
Fetus Oui, oui, ce n'était pas quelque chose qu'on pouvait... Ce n'est pas de notre sphère, quoi. Moi, je regardais des groupes, tu vois, je vois Gronibard et tout, Sublime Cadaveric [Decomposition]. À l'époque, quand j'ai découvert ces groupes-là... Gronibard, ils sont un tout petit peu plus vieux que nous, et je les voyais sur scène, je trouvais ça fou, parce qu'en fait, ça a été une révélation : ah, on peut faire des trucs marrants, complètement décalés, mais quand même bien jouer, quoi. Tu vois, comme si c'était une leçon de son. Genre, ils avaient une machine absolue à la batterie, Gilles, qui était incroyable. Et je voyais ça, et pour moi c'était une référence : voilà ce qu'il faudrait atteindre comme niveau. Pareil pour Gojira, la première fois que je les ai vus, je me suis dit : « C'est incroyable, ils sont trop forts, ça sonne trop bien. Les mecs, c'est des machines ». Donc j'avais ça comme référence en me disant : jamais on pourra atteindre ce niveau. D'ailleurs, je pense qu'on l'a toujours pas atteint, il n'y a pas de problème, c'est pas la question.
Flockos On est allé chercher autre chose.
Fetus Non, mais par contre, c'était des modèles à ce niveau-là, et donc, un groupe comme Gronibard, je me disais, de toute façon, on ne pourra pas aller plus haut que ce qu'ils font, puisque ça me paraissait déjà être le haut du truc. Donc je n'avais pas... C'est l'évolution de ce qu'on a fait qui a permis d'ouvrir plus, de partir dans des trucs... Tu vois, je n'aurais pas pensé, faire un morceau comme "Je Collectionne des Canards", c'est venu parce que rencontre avec Andreas, parce que machin, parce que c'est Jojo Framboise qui arrive et qui fout des riffs de Blink [182] là-dedans. En fait, ça s'est ouvert tout seul, mais effectivement, j'imagine que, par exemple, pour notre premier bassiste, quand il a dû écouter "Objectif [Thunes]", il a dit : « What the fuck, c'est jamais quelque chose qu'on aurait fait ensemble à l'époque ».
Flockos Et des fois, tu disais aussi que M. Patate était déjà l'espèce de pas de côté en termes d'extrême, sachant que les maquettes qui étaient avant M. Patate, comme "Urine/Shit", il y avait plus de trucs à la Nirvana, plus de trucs pour moi.
Fetus Ah oui, tu as raison ! En fait, l'origine, la vraie origine du groupe - mais là, c'est des trucs qui sont restés complètement planqués, des démos et tout - c'était vraiment, le concept où on faisait un morceau, par exemple un morceau à la Nirvana, mais acoustique, et le morceau d'après, ça blaste, et tu te dis : « C'est pas le même groupe, c'est pas possible ! », à un point vraiment extrême. Je me rappelle, un jour, j'amenais mes petites maquettes pour faire des dépôts-vente dans des magasins de disques, c'était un disquaire de Rennes, un disquaire hardcore, et je lui ramène le truc, et il écoute, il fait : « Ah ouais, pas mal ». On écoutait ensemble, c'est très bizarre de faire ça, et puis à un moment donné, il a eu un problème… c'était un CD-R, un CD gravé, il fait « ouais, tu t'es chié là, sur la gravure ». Je fais :« Ah non non, c'est normal !», et il me répond : « Bah, c'est pas le même groupe » !. Et là je me suis dit : c'est gagné, genre c'est ça ! Donc ce truc-là, il a toujours été présent. C'est comme du vomi en fait, du vrai vomi, t'as des petits morceaux de saveurs différentes.
Flockos [Rires] On adore, on adore !
Fetus Non mais c'était ça le concept, qu'on retrouve un peu encore même aujourd'hui, même si j'aime bien qu'il y ait un cadre quand même. Enfin, un cadre sexuel, tu vois, pas au niveau du son... [Rires]
Et donc cette tournée, au titre mensonger, parce qu'il n'y a pas que des Zéniths, d'où est venue cette idée ? Comment ça a été monté, au départ ?
Fetus Bon là, c'est pas nous, on a un tourneur qui fait ce taf-là, et qui nous dit : vous allez faire ça. Alors j'exagère, c'est pas ça, il y a une discussion...
Flockos Notre tourneur, c'est Niko Jones, le chanteur de Tagada Jones, c'est lui qui cale nos dates, donc on le remercie au passage, parce qu'il s'en sort très très bien ! Et quand on a attaqué le booking de cette tournée, du dernier album, il nous parlait des Zéniths, déjà, parce qu'on était forts de l'expérience du "Gros 4". Il disait : je pense qu'il y a moyen que vous le fassiez tout seul, en headline, pas de co-headline, à mon avis, il y a le potentiel ! Mais nous, on était super frileux, on pensait pas qu'on avait les épaules, et on s'est dit, allez, pourquoi pas. Du coup, on a annoncé des Zéniths quasiment 2 ans avant, à peu près, un an et demi avant, et ça s'est bien rempli. Finalement, il a eu la bonne idée. Nous, on peut pas réfléchir à ce genre de stratégie, on sait pas ce qu'il faut faire, c'est pas notre métier d'être tourneur, donc on a fait confiance à Niko, et on le remercie, parce qu'on aurait jamais eu le courage, ou les couilles...
Fetus C’est la même chose en plus vulgaire… [Rires]
Flockos de se poser pour faire ce qu'on a fait…. Le courage, ou les couilles, voire les deux, pour faire ça.
Fetus Le couillerage ! [Rires]
Flockos Donc, c'est plutôt cool !

Et du coup, vous avez déjà fait des grosses scènes en festival, mais là, c'est des gens qui viennent vous voir, vous exclusivement, ou peut-être les premières parties... On sait pas, si ça se trouve, ils viennent que pour les premières parties… [Rires]
Flockos Bien sûr que non ! [Rires]
C'est quand même émouvant, non ?
Flockos C'est super touchant, d'avoir 6500 personnes à Nantes, qui viennent voir Ultra Vomit, c'est cool, je suis quand même fier, je suis content, ça fédère.
Fetus Ouais, c'est ça, c'est le sentiment de fédérer. Là où vraiment, on avait cette sensation le plus fort, c'était au Hellfest. Surtout en 2017, l'année où on a joué vers 13h du mat', et qu'on s'attendait pas à avoir un raz-de-marée comme ça, à cette heure-là. On a fait : « Ah ouais, là, il y a vraiment un vrai truc qui se passe ». En plus, retour après 9 ans d'absence...
Flockos Mais là, comme tu dis, les Zéniths, la plupart des billets se sont vendus alors qu'on avait pas annoncé de première partie encore, donc ouais, ça peut être un bon baromètre pour savoir si les clients nous aiment bien ou pas. C'est vrai que ça rassure, ça fait plaisir, c'est super cool pour nous.
Fetus Et puis de plus en plus, alors ça, on l'a pas vu venir... De plus en plus d'enfants au concert, tu te demandes des fois si c'est pas les enfants qui ramènent les parents, plutôt que l’inverse.
Ça promet de bonnes générations, ça encore, non, mais regarde-moi ça ! [Rires]
Fetus Non mais c'est étonnant, parce que nous... Je comprends, il y a le truc qui est un peu puéril et tout, il n'y a pas de souci, nous, on est des grands enfants, il n'y a pas de problème avec ça, on a des petits blocages, parfois ! Mais là, tu sais, on se dit : c'est quand même pas un groupe pour gosses, à tous les niveaux ! Mais c'est marrant.
Flockos C'est ultra vulgaire, c'est surtout ça.
Fetus Et c'est quand même un peu bourrin.
Flockos Mais quand je réfléchis à ça, je me dis qu'on a toujours eu envie de voir Alien et Terminator avant 12 ans...
Fetus Ouais, c'est clair. Je l'ai vu avant 12 ans. Bah 92, c'est ça, j’avais...
Flockos Donc en fait, c'est ce petit côté interdit, mais en même temps, on n'est pas bien méchants non plus. Mais c'est vrai que ça peut être particulièrement vulgaire, très puéril. Mais il y a du gosse, ouais ! Et on a, je pense, visiblement, en sociologie pure, ceux qui aimaient bien le groupe à l'époque Objectif : Thunes, ils ont ken, ils ont pondu, et ils ramènent leur engeance pour la tournée Panzer [Surprise] ou la tournée [Ultra Vomit et le Pouvoir de la] Puissance. Et ça, évidemment, c'est des choses qu'on ne peut pas calculer. Donc c'est cool, c'est des super bonnes surprises.
Et en termes de mauvaises surprises, qu'est-ce qui pourrait vous arriver de pire sur scène ? Est-ce qu'il y a un truc qui vous fait cauchemarder ? Un truc technique ou autre ?
Fetus Un truc qui arrive sur scène ? C'est pas évident.
Flockos On est assez sereins, parce qu'on a une super équipe, qu'on commence à connaître depuis pas mal d'années.
Fetus Après, moi, tu me dis ça, si je me pète la voix, c'est horrible. Après, il y a plein de choses qui peuvent arriver. Si Manar pète sa double, c'est l'enfer aussi.
Flockos C'est l'enfer, mais je pense qu'on a du bagout, on arrivera toujours à en faire un truc drôle.
Fetus Moi, mon angoisse, c'est la perte de la voix, tout le temps. Après, je peux faire des... aaah, ouhhh. Mais non, ça va être compliqué. J'en ai fait très peu comme ça, mais le pire, c'est que c'est pas des mauvais souvenirs. Des concerts vraiment avec la voix crustée, ça m'est déjà arrivé. Bon, pas aphone non plus, hein. Mais finalement, c'est même pas des mauvais souvenirs.
Flockos Charisme et prestance !
Fetus Tu compenses par autre chose, tu fais des gueules.
Des mimes, au pire, quoi ! Ça passe. Pour l'instant, vous êtes à un niveau qu'aucun groupe de metal parodique n'a atteint. Est-ce que vous réalisez, ou est-ce que ça vous tombe dessus, entre guillemets ? Je ne dis pas que ce n'est pas mérité, parce que, clairement, musicalement, c'est toujours super bossé ce que vous faites, mais est-ce que vous arrivez à réaliser que quand même, c'est un petit peu une exception ? Une anomalie, même, presque ?
Fetus Ah ben, carrément, moi, je suis assez d'accord avec ce truc-là. Je parle tout le temps d'accidents et tout, de trucs pas calculés, et c'est ce que je trouve beau en fait dans l'histoire, parce que t'as tellement de gens qui se ramènent, qui font des études de marché... genre ils mettent un temps, pour réussir il faut faire ci, il faut faire ça, le pur fake it til you make it, tu vois ? Et nous on n'a pas faké, c'est à dire qu'on a fait le truc à chaque fois en mode : c'est le dernier album. Et puis, finalement non, en fait ! Et puis pareil pour le suivant, et puis ça monte, tu sais pas comment... Donc on réalise, oui, parce que ça se fait petit à petit, il n'y a pas de moment genre : qu'est ce qui se passe ? On ne se sent pas de dépassés par le truc, sauf par exemple typiquement le Hellfest où vraiment on est là : c'est trop là, c'est trop gros ! Mais sinon non, il n'y a pas de choc thermique particulier.
Flockos Non mais c'est tellement, tellement lent. Enfin pas lent, en fait, parce que nous on ne souhaite rien, on n'attend rien, les choses arrivent et les choses peuvent se mettre en place. Même l'intermittence on ne l'a pas cherchée, jamais on s'est dit que c'était sérieux d'essayer de gagner sa vie en faisant du Ultra Vomit, et il s'est avéré qu'au bout d'un moment il y avait suffisamment de monde à chaque date pour qu'on puisse mettre en place le truc. Mais ce n'est pas des choses qu'on a cherchées, on n'a jamais cherché à faire des Zéniths ; on peut le faire, donc on va le faire et on est très contents, mais ce n'est pas du tout un des objectifs. Je pense qu'on veut faire le meilleur spectacle possible. J'aime bien le mot spectacle parce qu'il y a un peu de ça quand même, c'est pas que un concert. Et aussi me meilleur album possible, quand on fait un album. On veut aller chez le mec qui fait le meilleur son - pour nous on considère que c'est Fred -, on passe deux ans à se pignoler sur la pré-prod, sur les maquettes, en fait on a envie d'être super fiers, on a envie d'être contents, on est les premiers à vouloir être contents de ce qu'on fait, donc tout ça…
Fetus Il y a une forme de logique. Des fois, je me dis : ok c'est quand même fou ! Mais d'une certaine manière, on est un peu les seuls dans ce genre en France. Pas à faire du metla fun, mais à faire des choses comme Objectif : Thunes, c'est à dire à vraiment assumer que c'est de la parodie. Normalement, quand tu fais un groupe de metal, tu fais un riff, en répète tu vas dire on reprend au "riff Slayer", puis après on enchaîne avec le "riff Machine Head" mais tu ne vas pas le valider, tu ne vas pas assumer ça dans ton titre de morceau, tu ne vas pas appeler ça "Davidian in Blood" ou je ne sais quoi ! Nous, on va vraiment pousser le curseur jusqu'à un point de dire : « Bah oui, c'est inspiré clairement de ce truc-là ». Et je ne sais plus où je vais avec cette phrase… [Rires]
Flockos Je pense que tous les groupes ont énormément d'influences, nous pas beaucoup plus que les autres, et le marqueur en plus c'est que la voix va imiter le style en question ou le groupe en question, donc du coup les riffs vont être appuyés par la voix de Fetus qui peut imiter à peu près tout ce qu'on aime. Mais je pense que n'importe quel groupe, comme dit Fetus, mélange plein d'influences et ils font des riffs à la Slayer enchaînés avec des riffs à la Machine Head.
Fetus Et puis nous, on a poussé le truc jusqu'à un point où quand les gens écoutent nos albums et qu'il y a certains morceaux - parce que c'est pas aussi simple que de dire à chaque fois on parodie un truc... C'est pas le cas, parfois les morceaux c'est juste un riff qu'on trouve cool, et ça ressemble forcément à quelque chose, mais on ne le sait même pas ! Là, on va dire qu'on est comme dans un "vrai groupe". Et les gens dans les commentaires sortent des genre : « Ah je reconnais ça, c'est machin... », et tu fais : « Bah, si tu veux ! ». [Rires]
Flockos C'était assez drôle quand on a balancé le dernier album, tout le monde cherche maintenant un mécanisme « la ref », ils veulent la ref, et ils nous ont attribué énormément de ref qu'on n'a pas du tout voulu mettre. Genre : bien joué le petit clin d'oeil à Bowling for Soup !
Fetus Pour moi, le meilleur, c'était sur "Tikawa[hukwa]" qui était très clairement, avec le Brésil et tout, une ref ouverte à Sepultura. On m'a dit : « Putain, bien joué Alien Weaponery ! ».
Flockos Et là, on a découvert Alien Weaponery, qu'on n'avait jamais entendus...
Fetus C'est cool, ça permet de faire des découvertes, et j'ai reperdu ce que je voulais dire… ah oui ! Ce qui peut expiquer avec une certaine logique le fait qu'on ait cette opportunité de faire les Zéniths, c'est cette proposition-là du style : Ok, on va se marrer en même temps dans le spectacle, on va en même temps avoir la dimension metal et celle parodique. Du coup, ça nous sort du lot par défaut, on a l'impression d'être des ovnis quand on joue sur des affiches metal de festivals et on a l'impression d'être des ovnis quand on joue évidemment sur des affiches plus ouvertes, genre quand on joue aux Eurock[éennes} ou je ne sais quoi.
Flockos Ou le Plane'r Fest avec Pierre Garnier et Zaho de Sagazan.
Fetus Ah oui, forcément t'es un ovni, dans ces cas-là ! Mais même quand on joue dans des trucs de metal on a déjà cette impression-là, donc je pense que c'est cette singularité, le fait de se démarquer, plus qu'autre chose qui fait qu'il y a une curiosité naturelle. C'est comme ça que j'expliquerais le fait que ça marche bien.
Et quand vous jouez dans des trucs où vous êtes justement des ovnis, est-ce que vous voyez des gens dans le public qui ont l'air de vraiment pas savoir ce qu'ils font là, de ne pas comprendre ce qu'il se passe ?
Fetus Ah oui, surtout dans les fests…
Flockos Après ce qui est cool aussi, c'est qu'ils sont suffisamment loin pour ne pas qu'on se rende compte [Rires] et on a notre clientèle dévouée qui est devant et qui est assez démonstrative. Et on a plein de gens qui viennent nous voir pour nous dire : franchement, j'écoute pas le metal, moi j'écoute pas du tout ça, mais c'est vraiment fun ! On sent qu'on est une porte d'entrée pour pas mal de gens, et ça c'est cool, ça fait plaisir.
C'est clair que pour tous les gens qui connaissent pas du tout et qui vont avoir des a priori sur le côté sombre, négatif, agressif, voir qu'il y a de l'humour et qu'il y a plein de styles musicaux dedans, forcément ça...
Fetus C'est clair ! Et moi maintenant je me rends compte, surtout quand tu vas voir un médecin ou quelqu'un dans la vraie vie, tu lui parles et il demande : qu'est-ce que vous faites dans la vie ? Et tu lui dis : je fais de la musique. Il creuse un peu, et moi si je dis - j'ai fait l'expérience plein de fois, si je dis : « Je fais du metal » la porte elle se ferme très vite, c'est genre : ah oui, d'accord, rien à foutre, de toute façon ça m'intéresse pas... Et puis, si tu commences à développer, tu dis c'est du metal humoristique, alors là on a une réaction du style : ah peut-être que ça peut m'intéresser. Si tu dis juste metal, c'est terminé, c'est assez violent des fois, les questions s'arrêtent là… et le nom du groupe aussi, parce que si tu dis juste Ultra Vomit, c'est fini ! Moi à l'époque, quand ma famille me demandait le nom du groupe, j'avais presque honte. Maintenant, je trouve que c'est une force, mais souvent avant je disais : pff, laisse tomber, tu comprendras pas !
Je me rappelle, à cette époque-là, quand je partais pour un concert et que ma mère me demandait ce que j'allais voir, c'était un peu délicat ! [Rires]
Flockos [Il reprend les billets de concert] Non mais attends, c'est incroyable, là on est quand même sur Sublime Cadaveric Decomposition, Ultra Vomit, Warscars - bon ça, ça va - Genital Grinder, trop bien… évidemment que maman elle veut pas venir !
Fetus Je cite souvent Sublime [Cadaveric Decomposition], pour moi c'est un nom parfait ça, c'est incroyable !
Sur la tournée, quelle est la date que vous attendez avec le plus d'impatience, est-ce qu'il y en a une qui vous chauffe plus que les autres ?
Fetus Le truc voudrait qu'on dise Hellfest, parce que c'est la Mecque, le grand rendez-vous, un truc qu'on fera pas tous les matins ! Et puis, franchement ce qui m'excite le plus au delà de ça ,c'est les Eurockéennes. On joue assez tôt, vers 19h du mat', pour l'heure de l'apéritif, il y a un truc... J'ai l'impression que c'est fou, donc j'ai hâte aussi de certains gros festivals comme ça.
Flockos Prestige pour nous les Eurock, c'est cool… Après il y en a d'autres, et il y a surtout des dates qu'on a pas du tout envie de faire ! [Rires]
Ah, ça, c'est le plus intéressant ! [Rires]
Flockos Après, y a le Zénith de Paris aussi, ça va être quelque chose, nous on a de la chance avec la clientèle parisienne, qui est très démonstrative.
Fetus En fait, on peut pas s'empêcher de faire le lien avec justement tous ces concerts là qu'on a fait à Paris [il montre les billets], c'est une continuité, j'ai pas le souvenir d'un seul concert à Paris intramuros qu'on ait fait et qui n'ait pas été incroyable.
Bon, moi j’avoue, je suis un peu triste qu'il n'y ait pas Bernard Minet à Paris…
Fetus Ah ben c'est Nanard, c’est sûr ! Ouais c'est cool, on aurait peut-être dû en faire plus avec lui, mais ça s'est un peu fait en dernière minute, c'était pas sur notre catalogue, mais c'était cool de faire ça déjà.
Flockos Mais c’est que partie remise. On fera d'autres trucs, parce que c'est vrai que ça fait longtemps que ça aurait pu se faire en fait…
Fetus Imagine le Bercy avec Dorothée !
Flockos Bon, c’est pas l’esprit là, c'est des fantasmes.
Mais non, ça aurait été bien ! [Rires]
Flockos En fait, Bernard Minet Metal Band, rien que le fait que ça existe, c'est sûr qu'il y a un moment où il faut qu'on joue avec lui, c'est comme Didier Super Metal.
Fetus Didier Super, tu fais ok, c'est décalé, mais à partir du moment où il fait le truc metal, c'est bon, on y va !
Flockos C'est cool, et là on l'a fait une fois à Nantes, c'était franchement merveilleux, j'ai pas peur du mot, c'était hyper cool... "Olive & Tom", les poils, quoi !
Fetus Je pense qu'il y a des gens qui ont pas capté, il y a des gens qui ont dit : c'est quoi cette merde, et puis d'autres comme nous un peu nostalgiques.
Flockos Tous ceux qui avaient le droit de regarder le "Club Dorothée".
Ouais, tous les vieux, quoi !
Fetus C’est assez ça ! [Rires]
Moi, j'en fais partie, j'assume ! [Rires]
Flockos Bon, on n'est pas encore à l’Ephad, hein !
Fetus Si t'as même 5-10 ans d'écart, 5 ans ça va encore, mais 10 ans d'écart avec nous, la génération d'après connaît plus.
Flockos Matthieu Bosson, il a pas du tout saisi la fibre nostalgique !
Fetus 10 ans d'écart forcément c'est plus la génération Club Do, c’est autre chose.
Et les premières parties, il y a plein de choses différentes, comment ça s'est organisé ?
Fetus Comme on disait tout à l'heure, il y a des petits coups de cœur humains et musicaux, des gens avec qui on a tourné, avec qui ça s'est super bien passé et du coup on pense à eux forcément.
Flockos On voulait que ce soit fun, que ça chauffe bien, que ça mette dans un mood vraiment positif, vraiment fun. Du coup, même si on a des potes qui font de la musique obscure et qu'on kiffe, on s'est dit que là c'était pas le moment, qu'on allait plus appuyer sur le côté festif ou fédérateur.
Fetus Et puis il y a aussi cette idée de mettre un humoriste, vu qu'on est à cheval entre l'humour et le gros rock ça peut être sympa, c'est pour ça qu'on a fait appel à Harold Barbé pour faire un petit stand up en ouverture. Tu te marres, tu te prends de la musique fun dans la gueule, et après tu te prends de la musique fun dans la gueule et tu te marres !
Flockos T'es censé sortir du zénith avec le smile, c'est cool.
Avec le smile et des bleus !
Flockos Voilà !
On va finir par un petit truc pour mieux vous connaître personnellement, non pas sur ce que vous aimez...
Fetus Ouais, ça tout le monde s’en fout ! [Rires]
Mais sur ce que vous détestez…
Fetus Je dirais le bruit de la craie sur le tableau, j'ai les mains moites juste à en parler ! J’aime pas le dentiste, aussi, ça me fait chier la roulette, là !
Mais personne n'aime le dentiste !
Fetus Ouais, mais moi c’est genre… [il frissone]
Et est-ce qu’il y a des trucs honteux que vous écoutez ?
Fetus Par exemple ,je me suis rematé un documentaire sur Taylor Swift, sur Disney, j'ai regardé et je me suis dit : c'est énorme. Certains se diraient peut-être que c’est la honte, mais moi y'a pas de problème.
Flockos Moi, pour les amours honteuses, je pense qu'en 96 ou 98, Patrick Juvet a sorti un best of avec des remixes. On l'a écouté au second degré avec mon grand frère au début, et au fur et à mesure, j'ai commencé à rentrer dedans, avec des "Rappelle-toi Minette", des "Lady Night", des "I Love America"... Et quand il est mort, il y a 2 ans, ça m'a vraiment fait chier.
Fetus T’as pleuré ?
Flockos J'ai pas pleuré, je suis pas une grosse merde, mais Patrick Juvet me manque…
Ben j’écouterai, parce que je connais qu'un morceau, un peu comme la plupart des gens...
Flockos Ouais ouais, mais ça c'est la fin de « PJ », c'est le moment où le mec des Village People a produit sa période disco. Avant, c'était un pseudo Claude François. Et donc, des chansons comme "Je vais me marier Marie" ou "Rappelle-toi Minette", c'est l'enfer, mais c'est trop cool, quoi !
Fetus Ce sera génial en headline : « Flockos : Patrick Juvet me manque ! ». Moi, ça m’a fait ça aussi en metal, avec pas mal de trucs, genre Manowar, Rhapsody… j’écoutais ça vraiment au millième degré, et puis au bout d’un moment, j’ai fait : « Mais non, en fait, c’est énorme ! », et tu finis par kiffer !
Moi j'adore Rhapsody, et pourtant je suis pas spécialement power en général…
Mais ouais, au début j'écoutais ça, je me disais : c'est tellement kitsch ! Et puis en fait, je kiffe les génériques un peu dessins-animé, les trucs comme ça, et au final, j’adore ! Comme Manowar, c'est tellement kitsch qu'au bout d'un moment je trouve ça incroyable.
Et des trucs que vous détestez en musique ?
Flockos Bon, on va pas name dropper, on va pas balancer de détestage ! [sic][Rires] Mais sinon, c'est convenu, mais évidemment je peux pas accrocher les esthétiques urbaines avec du vocoder.
Fetus Ben moi, encore, y a certains trucs… donc je pourrais pas forcément aller là-dessus, c'est pas évident. C’est pas à 100% j’aime pas ce style. Mais moi, par exemple, c'est con, mais... le jazz, c'est très varié : tu peux dire Amy Winehouse, moi j'aime bien, mais le free jazz, genre les trucs vraiment hyper pointus, où ça se branle à fond, là je peux pas.
Flockos Ouais, c’est vrai que quand t'as un sax qui part en vrilles et tout, là tu peux dire : « Ah, je déteste, c'est officiel ! ».
Fetus Tu vois, typiquement, j'ai adoré le film Whiplash, y a certains musiques, ça va, mais globalement, ce genre de truc, je suis hermétique.
Je peux comprendre, moi ça me donne l'impression que si tu me files un instru dont je ne sais pas jouer, je fais la même chose…
Fetus Ouais, mais voilà ! [Il imite quelqu’un qui joue du saxo] Genre, c’est improvisé, ça sort mais tu sais pas trop comment !
Flockos Je pense que je pourrais changer d'avis, mais jusqu’à preuve du contraire, je déteste le saxophone !
Fetus Ah oui, c’est vrai que t’aimes pas le saxophone, toi !
Flockos Je suis pas un petit père saxo ! Voilà le grand titre : « Flockos n'est pas un petit père saxophone, Patrick Juvet lui manque ! ».
Eh bien, là, je crois qu'on a la meilleure conclusion possible !

Orsola G.
