Dans un monde qui glorifie l’individualisme, la performance et l’isolement, Soen choisit de parler de dépendance mutuelle, de lien et de résilience. Avec Reliance, le groupe livre un album profondément humain. Entre réflexions sur la société, humour suédois pince-sans-rire et anecdotes de tournée, Joel et Martin se livrent sans détour. Une interview à l’image de Reliance : sincère, nuancée et résolument humaine.
Bonjour à tous les deux ! J’ai plein de questions, je pourrais tenir trois heures, mais malheureusement on n’a pas trois heures, donc on va attaquer tout de suite ! Donc, le nouvel album Reliance explore différents thèmes : l’addiction, le pouvoir, la foi, mais aussi la vulnérabilité, la résilience, la transformation. Si vous deviez résumer l’idée générale de l’album en une phrase, ce serait quoi ?
Joel
Le fait de compter sur les autres.
Martin
Compter les uns sur les autres, plutôt.
Joel
Oui, les uns sur les autres. Le fait qu’on n’est pas… que ce n’est pas un one-man-show. Tu as demandé une seule phrase, donc voilà ! [Rires]
Oui, parfait, c’est parfait. Donc, se débarrasser de tout le bruit du monde actuel, la domination de la technologie, des pouvoirs extérieurs, et retrouver ce lien entre humains.
Joel
Oui, de nos jours on propage l’idée qu’on ne vaut quelque chose que comme individu, qu’on ne doit compter que sur soi, ne pas écouter ce que les autres disent, qu’il faut être performant, fort, musclé, dur… C’est peut-être ça que les jeunes garçons apprennent aujourd’hui.
Martin
Mais ce n’est pas vrai. La vérité, c’est qu’on a besoin les uns des autres pour atteindre une forme de bonheur dans ce monde. Être quelqu’un d’individualiste qui ne pense qu’à sa carrière, à faire de l’argent, et à avoir des relations avec des gens “en dessous” de soi, ce n’est vraiment pas un objectif à avoir.

Une fois de plus, tous vos albums ont des titres en un mot. C’est une habitude qui dure depuis longtemps maintenant. Est-ce que ça risque de changer un jour, ou vous pensez continuer comme ça ?
Joel
On continuera comme ça jusqu’à ce que les gens ne s’attendent plus à un changement.
Martin
Et là, on verra.
Joel
Oui, là on changera ! [Rires]. Mais c’est une tradition, maintenant.
Martin
Oui, c’est devenu une tradition.
Joel
Au début, c’était juste comme ça. Puis c’est devenu... quelque chose.
Martin
Je pense que ça a commencé parce qu’on trouvait ça trop dur d’expliquer une chanson. Ça n’a aucun sens d’expliquer un morceau en quatre mots alors que t’as passé un temps fou à écrire les paroles. On a donc décidé d’utiliser un seul mot de manière un peu artistique, juste un titre. Et ensuite, chacun va dans la chanson et y trouve ce qu’il veut.
J’ai l’impression que sur cet album, le son est plus… je ne dirais pas plus simple, mais plus direct peut-être. C’est un processus qui s’est enclenché il y a un moment déjà. Vous le ressentez aussi ? C’est quelque chose que vous cherchez ? Ou c’est juste la manière dont vous composez maintenant ?
Joel
C’est plus…
Martin
Direct ?
Joel
Oui. Plus complet. C’est plus complet. Au départ, les choses sont plus compliquées. Mais quand ça devient vraiment bon, toutes ces complications se transforment en quelque chose de pur et d’efficace. Comme un énorme problème de maths : si la solution est mauvaise, c’est un algorithme géant. Mais si la solution est brillante, faite par quelqu’un de très doué, alors c’est propre, accessible et compréhensible.
Oui, je comprends. Vous avez toujours mis des messages dans vos chansons. Est-ce que vous pensez que la musique peut changer quelque chose dans la conscience des gens ? Qu’elle peut changer le monde d’une certaine manière ?
Joel
On ne devrait pas mettre des mots trop grands sur la musique. Mais pour moi, la musique, c’est ma façon de vivre l’art. Et je pense que… [à Martin] Je ne veux pas parler pour toi.
Martin
C’est l’un des derniers canaux encore purs entre l’art et celui qui le reçoit. Surtout dans l’underground comme on le fait : il n’y a pas de compagnies multimillionnaires qui façonnent ton son ou tes paroles. Donc c’est au moins un canal sans agenda derrière. Du coup, c’est sincère et direct. Je crois plus volontiers ce que dit un gars d’un groupe punk-rock qu’un type d’une énorme boîte ou un politicien. La sincérité est là.
Et vous avez toujours traité des thèmes assez sombres. Émotionnellement, pour toi, quand tu chantes ça tous les soirs, est-ce que c’est difficile de toujours gérer ce type d’émotions, ou tu arrives à t’en détacher un peu ?
Joel
Non, ce n’est pas si difficile. Ce n’est pas comme ça. C’est fatigant émotionnellement d’être sur scène, d’avoir cette intensité avec le public. Donc parfois… je me retire beaucoup en tournée, je m’isole quelque part. Ce qui est dur parce que je suis plutôt sociable, j’aime discuter, mais c’est compliqué. Mais voilà… Je ne deviens pas dépressif en chantant des morceaux mélancoliques. Au contraire, je trouve ça plutôt réconfortant.
Oui, peut-être une forme de catharsis, en quelque sorte.
Joel
Les chansons les plus sombres et les plus tristes me font du bien.
Et il y a toujours de l’espoir dans votre musique. Ce n’est pas complètement sombre : il y a toujours cette idée qu’on peut se libérer, évoluer, se transformer.
Joel
Oui, et tu le vois dans le public aussi. Ils ressentent de la joie quand on joue ces thèmes sombres. Ça serait horrible si à la fin d’un concert, ils sortaient et se faisaient du mal [Il a un petit rictus].
Martin
Surtout avec les thèmes sombres : la connexion avec le public est plus forte. C’est facile de connecter avec les gens quand tout va bien. Mais connecter quand quelque chose est triste ou dangereux, c’est beaucoup plus puissant.
Comment avez-vous choisi l’ordre des chansons sur l’album ? La première fois que je l’ai écouté, c’était fou, j’ai ressenti un véritable crescendo. Je trouve que les quatre dernières sont des chefs-d’œuvre. C’était du hasard ?
Martin
L’ordre ?
Oui.
Joel
C’est une démocratie (ou une bataille) complètement folle pendant plusieurs jours [Rires].
Martin
Il y a un feeling général. Et souvent tu sais quelle chanson doit ouvrir, et laquelle doit conclure. La musique te guide : comment commencer, comment finir, ce que tu veux laisser comme émotion à l’auditeur. Pour le reste : on teste, on déplace, on écoute, on s’appelle : “t’es sûr ?” Un processus très démocratique et chaotique.
Très démocratique, mais s’il n’y a pas d’accord, qui a le dernier mot ?
Martin
Quand ça arrive, c’est très démocratique.
Joel
Lars. Parce qu’il va se plaindre pendant un an sinon.
Martin
Parce qu’il est du genre à jamais lâcher l’affaire.
Joel
Laisse-lui juste la foutue chanson numéro cinq ! [Rires généraux].
Donc, il est têtu ?
Joel
Concernant certains détails, oui. Il peut s’accrocher à de toutes petites bricoles pendant très longtemps !
Martin
Disons qu’il a des ressentis très forts…
Joel
Oui, et pour les grosses décisions, Martin et moi on gère. Mais lui, il est très attaché aux petites décisions ! Mais, c’est les rapports interhumains…
Martin
Pour lui, c’est presque une question de vie ou de mort ! [Rires] Il est extrêmement…
Joel
Méticuleux ?
Martin
Oui, sur la manière dont les morceaux s’enchaînent naturellement.
Joel
Il pleure presque intérieurement ! « Oh, non, ce titre-là, doit être à cet endroit… ! » [Rires]

[À Martin] Donc le groupe, c’est un peu ton bébé ? Tu l’as créé…
Martin
C’est notre bébé. Je n’ai rien “créé”. J’ai eu l’idée d’avoir un groupe. Probablement que 1000 personnes à Paris ont la même idée en ce moment. C’est devenu un vrai groupe quand il a commencé à chanter. Donc je dirais notre bébé.
Donc votre bébé ! Quand vous avez commencé, vous imaginiez comment ça évoluerait ? Vous saviez si ça allait durer, prendre de l’ampleur ?
Martin
Notre but a toujours été d’être un vrai groupe, un groupe solide. On a travaillé très dur pendant des années. Et chaque petite réussite, on la méritée. On n’a jamais eu de gros label qui nous donnait de l’argent. On n’a jamais eu de hits radio. On n’a jamais eu un groupe énorme qui portait nos t-shirts ou nous emmenait en tournée. C’est du travail acharné, et de la musique de qualité. À chaque album, c’est ce qu’on ressent. J’ai toujours été confiant, presque jusqu’à être arrogant. Mais je le pense vraiment. Et je pense que notre succès est mérité. C’était quelque chose qu’on attendait de nous-mêmes, vu le temps qu’on y a mis.
Joel
Mais on est aussi très reconnaissants. Vraiment très reconnaissants d’être là. C’est une bénédiction. Vraiment. Une bénédiction. Mais gagnée à la sueur du front. On a vraiment bossé pour ça.
Martin
On bosse encore pour ça.
Oui, vous êtes là aujourd’hui ! [Rires généraux]
Joel
Et il n’y a pas eu de… comment on dit ? Comme le roi de Suède disait… stetka sparvar [une expression suédoise équivalente de « tomber tout cuit dans le bec », que le roi avait employé durant ses vœux de Noël il y a quelques années, pour signifier au peuple qu’il allait devoir faire des efforts, provoquant pas mal de grogne dans le pays]
Martin
[Rires] Non. Pas du tout.
Joel
Ce n’était pas de la chance. C’était du travail, comme Martin le dit.
La plupart du temps, dans vos clips, vous mélangez imagerie moderne et symboles religieux. Vous êtes impliqués dans la création des vidéos ?
Joel
Ça dépend. En général, on essaie de ne pas trop micromanager. Quand on met trop les mains dedans, ça devient vite le bazar. Parfois, c’est : “Ok, je ne touche pas à ça.” Il faut laisser l’artiste qui fait la vidéo avoir un peu de liberté.
C’est facile de faire confiance à quelqu’un ?
Joel
De compter sur quelqu’un, tu veux dire ? [Il emploie ici l’expression, « to relie on someone » faisant référence au titre de l’album, Reliance – Rires généraux]
Martin
On peut être très exigeants sur le fait que le résultat représente bien le groupe et la chanson. Mais nous, on est musiciens, pas réalisateurs. Ce serait un peu égocentrique d’aller dire à un bon vidéaste comment faire son travail. C’est pareil en studio : on ne dit jamais à l’ingé son quels micros utiliser. On fait ce qu’on sait faire : écrire les meilleures chansons possible, et laisser les autres accomplir leur magie.
Joel
On explique juste qui on est, ce qu’on représente. La musique parle d’elle-même. Et si au final c’est un truc complètement à côté de la plaque, on ne l’utilise pas [Rires]
Si vous deviez représenter Soen par un lieu, ce serait quoi ? Je sais pas… un musée, un cimetière, une bibliothèque, une station-service ?
Joel
Quoi ? Si Soen devait être représenté par un seul endroit…
Martin
Ce serait le chantier d’un nouveau musée. Ouais. [Rires]
Joel
Ça fonctionne. C’est assez représentatif.
La Suède adore Eurovision, mais contrairement à vos voisins finlandais qui envoient beaucoup de groupes rock/metal, vous envoyez surtout de la pop et de l’eurodance. Si on vous demandait de représenter la Suède à l’Eurovision, vous le feriez ?
Martin
On doit changer la chanson ?
Non, une de vos chansons.
Joel
Alors… là il faut garder deux idées en tête en même temps. Niveau intégrité, on ne ferait jamais ça. En tant que groupe, ce n’est pas notre place. Mais en tant que Suédois…
Martin
Imagine tes enfants, comme ils seraient fiers.
Joel
Exactement. Je crois que chaque Suédois a un rapport bizarre au Melodifestivalen (le concours qui détermine en amont quel artiste représentera le pays à l’Eurovision] et à l’Eurovision. On aime ça, malgré nous. C’est complètement idiot, mais je l’apprécie tel que c’est. C’est comme un gros doudou !
Martin
Et c’est encore un de ces rares moments où les gens se réunissent pour voir de « l’art » [il mime les guillemets] ensemble. Peu importe la religion ou les origines, tout le monde regarde.
Joel
Il faut le prendre pour ce que c’est. Ça n’a rien à voir avec ce qu’on fait musicalement. C’est un spectacle. Un truc complètement fou. Mais c’est ancré dans l’amour des mélodies.
Martin
Je ne suis pas un grand fan, mais c’est intéressant de voir ce que les différents pays proposent.
Parfois il y a de bonnes surprises. 90% des chansons sont assez génériques mais...
Martin
Oui, toutes les mêmes. Et puis t’as l’Albanie qui te sort un truc incroyable ! [Rires]
Vous jouez de gros festivals mais aussi des petites salles plus intimes. Pour vous, c’est quoi les avantages et inconvénients de chaque type de lieu ?
Joel
La différence, c’est que dans une petite salle : c’est très intime, tu peux être super proche du public. C’est génial. Mais c’est aussi très chaotique. En festival, tu touches plus de monde, le son est énorme… C’est juste deux formes différentes. J’apprécie les deux. Je sais, c’est une réponse ennuyeuse.
Martin
C’est différent. Les sensations sont différentes. Les deux sont vraiment très chouettes. En festival, tu es un peu plus nerveux. Tu joues pour des gens qui ne te connaissent pas. Tu arrives en mode outsider, tu dois les conquérir. En petite salle, tu joues pour tes fans. Tu y vas pour te connecter à eux, c’est un plaisir différent.
Joel
C’est un compromis. En petite salle, tu es super proche du public… c’est fantastique, mais il faut composer avec ce que tu entends. Et tu veux aussi que les chansons soient présentées comme elles doivent l’être, mais tu n’entends pas toujours bien dans les petites salles. Ça peut être un peu triste parfois.
Martin
Tu n’auras jamais une réponse précise ! [Rires]
Joel
Parce que tu veux qu’on choisisse, c’est ça ?
Si vous ne pouvez pas choisir, vous ne pouvez pas choisir !
Martin
Tu en choisis un, et moi l’autre.
Joel
Tu vas choisir la petite salle, je vais choisir les festivals, et je vais passer pour le méchant.
Martin
Je choisis les gros festivals, alors.
Joel
Tu vois, il est superficiel ! [Rires]

Et c’est quoi votre meilleur souvenir de concert ? Si vous en avez un en particulier…
Martin
C’est vraiment difficile parce que… Non, attends… Je n’arrive pas ! Ok : Mérida, Yucatán, Mexique. Sur notre dernière tournée en Amérique du Sud. On a joué dans une ville dont on ne connaissait même pas l’existence. Et c’était incroyable. Les gens étaient incroyables, et le concert a pris vie. On avait un plan, mais le public a pris le contrôle, et c’était un moment magique. Il y avait quoi… 400 personnes ? Ce n’était pas un gros concert. C’était un truc vraiment très beau.
Joel
Moi je dirais Istanbul, au KüçükÇiftlik Park.
Martin
C’est qui le mec superficiel, maintenant ? [Rires]
Joel
Ouais, je sais, c’est pas juste. Mais c’était magnifique. Un truc complètement fou.
La plupart du temps, quand vous faites votre setlist, vous jouez des morceaux venant d'une grande variété d’albums. Comment vous choisissez la setlist ?
Joel
On… enfin, on ne peut pas jouer pendant quatre heures. Et j’espère qu’on ne le fera jamais [Rires].
Martin
Ce serait criminel envers les gens [Rires].
Joel
Donc on a un temps limité. Et ensuite… en fait, on est obligés d’en retirer. C’est ça, la partie difficile. Et naturellement, on choisit plus de morceaux récents, parce qu’ils sont plus significatifs pour nous. Mais on glisse toujours quelques pépites.
Martin
Ouais, les grands hits. Tous les hits radio.
Joel
Tu sais, si tu demandes aux vieux fans hardcore, ils veulent juste les vieux morceaux.
C’est pareil pour presque tous les groupes... Qui aimeriez-vous avoir en tournée ? Un groupe avec qui vous n’avez jamais tourné ?
Martin
Iron Maiden. Je dois choisir un petit groupe ?
Non, non, pas nécessairement !
Joel
Iron Maiden, c’est un bon choix. Je choisis… Metallica ! Allez, question suivante ! [Rires]
Ok, on parle de groupes établis, de grandes pointures… Est-ce que vous aimeriez faire un featuring un jour, avec quelqu’un en particulier ? Pas forcément un groupe de metal : ça peut être une chanteuse suédoise, n’importe qui.
Joel
Tu veux dire une collaboration ?
Oui.
Joel
On n’est jamais fermés à quoi que ce soit. On ne ferme aucune porte. Mais il faut que ce soit quelque chose de spécial. Je ne me vois pas faire un duo avec n’importe qui juste parce que. Donc il faut que ce soit… particulier. Que ça ait un sens.
Martin
Tu poses toutes ces questions compliquées…
Joel
Elle nous met la pression.
Et ça risque encore d’empirer ! [Rires]
Joel
Avec Jonas [Renkse], par exemple, de Katatonia, c’était particulier. C’est une personne fantastique. C’est quelqu’un de bien, et j’ai énormément de respect pour lui, en tant que musicien et en tant que personne. Donc c’était une évidence de travailler avec lui.
Une question plus simple, je crois. Je n’ai pas réussi à choisir une seule chanson préférée sur Reliance. Je dirais que ce serait "Indifferent", "Draconian" ou "Drifter".
Martin
Bon, ça en fait trois. Donc nous, on va devoir répondre avec une seule réponse, mais toi tu peux en donner trois… alors que la question demande un seul choix ?
Joel
Ouais, choisis-en une !
Martin
Quelle audace, franchement ! [Rires généraux]
Non, non, mais vous pouvez en choisir trois aussi !
Joel
Du coup, tu as dit "Indifferent" en premier…
Martin
Puis "Drifter", c’est ça ? Et "Draconian". Donc….
Joel
Et il faut qu’on choisisse un morceau ?
Martin
On doit choisir une chanson, mais apparemment, on peut aussi en dire trois…
Oui, parce que je ne peux pas vous demander d’en choisir une si moi je n’y arrive pas.
Joel
Très bien. On y va.
Martin
Je choisirais "Mercenary". Et probablement "Indifferent", oui. Et "Discordia", aussi.
Joel
"Huntress", et…
Martin
Oh, je l’ai oubliée, celle-là !
Joel
Eh oui ! "Unbound" et "Drifter"… Oui.
Ok. Elles sont toutes géniales de toute façon.
Joel
Mais tu semblais tellement déçue de nos réponses ! [Rires]
Pas du tout ! Vous avez quasiment dit la même chose que moi ! Et tu as dit "Huntress". Pour moi elle est juste numéro quatre, donc on n’était pas loin.
Joel
C’est serré, c’est serré ! [Rires]
Et quand il faut choisir les singles de l’album, c’est vous qui décidez ? Ou c’est la production ? Comment ça se passe ?
Joel
C’est le bordel.
Martin
Oui, c’est le bordel. On en discute. Mais en général, on a déjà une vision de pourquoi on choisit telle chanson. On l’envoie à quelques amis pour avoir des avis, ce genre de choses. Et au final… on choisit ce qu’on voulait déjà [Rires]
Donc c’est vous qui décidez.
Martin
Oui, nous, le groupe.
C’est bien. Parce que j’ai entendu des groupes dire qu’ils voulaient sortir certains singles et la prod leur disait non.
Joel
Des gens ont essayé avec nous. Ils ont vite abandonné.
Martin
On est trop vieux pour qu’on nous dise quoi faire ! [Rires]
Bon, je suis désolée, mais vous allez sûrement détester cette question ! [Rires] Dans "Primal", il y a un vers qui parle du « mindless scrolling through our phones ». Si vous deviez créer une appli mobile qui représente le groupe, ce serait quoi ?
Martin
Qui représente le groupe ? Oh, putain… [Rires]
Joel
Ouais. Ce serait une appli du genre : « Vas faire un truc créatif. Jette ton téléphone ». Une appli qui détruit ton téléphone, comme dans Mission Impossible !
Bonne idée. Excellente idée.
Joel
Tu l’utilises une fois et elle s’auto-détruit. Et après, tu dois faire autre chose.
J’adore !
Martin
C’est une bonne réponse, je suis d’accord !
[Olivier Garnier rentre dans la pièce pour signifier la fin de l’interview]
Parfait, donc on va s’arrêter là !
Joel
Ah oui, Olivier ! [Rires généraux]
Martin
C’est lui qui choisit les singles ! [Rires]

Merci à Olivier Garnier d'avoir rendu possible cette interview.
Orsola G.
