18/9/2026

Mourning Wood : du folk metal, de la fête et des chats

Découverts au Cernunnos Pagan Fest 2025, où ils avaient transformé la petite scène en véritable fête malgré un passage relativement tôt dans la programmation, les Néerlandais de Mourning Wood viennent tout juste de sortir leur premier album, Rise & Shine. Leur recette ? De l’Epic Party Folk Metal, des chemises hawaïennes, des Vikings, des nains, des pirates, des jeux de mots douteux, des claviers volontairement cheap et une bonne dose de mauvaises décisions. Nous avons retrouvé Nick et Friso à Eindhoven pour parler de leur musique, de leur rapport au sérieux, des haters, de Dua Lipa… et, évidemment, de leurs chats.

LE CERNUNNOS

Nous nous sommes rencontrés au Cernunnos 2025. Comment vous êtes-vous retrouvés à jouer dans ce festival ?

NICK : Je pense que ça a à voir avec le documentaire qu'on a fait. Friso et moi avons réalisé un documentaire il y a... 10 ans… ?

FRISO : 2017 ?

NICK : Oui, quelque chose comme ça. Et on était venus au festival, juste pour filmer quelques groupes, et c'est comme ça qu'on a rencontré l'organisation, et ils nous ont envoyé un message sur Facebook : « Venez jouer chez nous ! » Et c'est comme ça que tout a commencé. C'était en fait le premier concert qu'on faisait en France. C'était cool.

Donc vous étiez déjà venus au festival avant…

NICK : Ouais. Il était sur notre radar, parce que c'est vraiment un endroit très cool.

C'était en 2017 ? C'est ce que tu as dit ?

NICK : Ouais, avec Grimner et Baldrs Draumar et… beaucoup d'hydromel !

FRISO : et Týr !

Týr ? Je ne me souvenais upas qu'ils avaient joué cette année-là.

NICK : Oh, peu importe, beaucoup de groupes !

Et tu dis [tir], tu ne dis pas [tur] ? [Rires]

FRISO : [Rires] [turrr], un truc comme ça !

Et donc, c'était votre premier concert en France. Qu'est-ce que vous avez pensé du public ?

NICK : C'était trop génial, putain ! On avait déjà vu la file d'attente devant la petite scène, et je crois que c'était l'un des premiers concerts qu'on jouait où, quoi qu'on fasse, ça n'avait pas vraiment d'importance, le public devenait complètement dingue ! [Ils rient tous les deux] C'était non-stop : la fête, la fête, la fête, et c'était génial. C'était vraiment, vraiment cool. Ouais, je pense que c'était notre première découverte de la France et c'était la meilleure façon de la découvrir.

FRISO : Ouais, le truc, c'est que les Français ont tendance à être un peu réservés au début, ils sont là comme ça [il croise les bras], et à la fin c'est : « Oh, c'était génial ! » Mais ouais, ils ont fait la fête à fond. Et autre chose, c'est que dans la queue ils venaient nous serrer la main un par un. C'est tellement mignon, c'est génial. [Rires]

En fait, c'était assez incroyable parce que je pense que votre concert a été la plus grosse fête de tout le festival, alors que vous jouiez assez tôt, et je pense que l'énorme majorité des gens ne vous connaissaient pas. Donc vous avez réussi à faire quelque chose d'assez impressionnant. Nous, on ne vous connaissait pas et on était là : « Oh, c'est tellement cool, c'est tellement fun. »

NICK : Merci. Je pense que le nom aide vraiment les gens à être curieux, mais c'est vraiment difficile parce qu'à l'époque on n'avait pas beaucoup de musique en ligne, donc il n'y avait pas grand-chose à découvrir... mais on espère avoir fait bonne impression.

Et vous étiez assez sobres pour vous souvenir de tout le concert ?

NICK : On ne… enfin, d'habitude on boit une ou deux bières avant le concert, pas plus. Je ne peux pas en dire autant pour après le concert. [Rires] Et surtout, au Cernunnos, les IPA étaient vraiment, vraiment bonnes.

FRISO : Non mais on boit à peine avant les concerts et la moitié des membres du groupe ne boivent pas. Donc il n'y a que moi, Nick et Sonny, l'autre guitariste.

NICK : Et même si on fait beaucoup la fête, on veut assurer un bon concert, donc c'est généralement pour ça qu'on ne boit pas beaucoup avant les concerts. Après, c'est l'heure de faire la fête pour nous.

FRISO : C'est vrai. Au bout de dix minutes, c'est genre [il fait comme s'il ouvrait une cannette]… on range le matos et on peut enfin commencer à boire.

NICK : Je me souviens de la fin du Cernunnos, c'était devenu un peu flou.

FRISO : Ouais, mais c'était fun ! [Rires généraux]

NICK : C'était déjà le deuxième jour.

FRISO : C'était vraiment cool, c'était un super concert, de super groupes, ouais, c'était bien.

NICK : L'équipe était vraiment professionnelle aussi, le son était génial.

Ouais, c'est un bon festival. Je suis allée à tous les Cernunnos depuis que ça existe et c'est juste génial.

NICK : C'est vraiment un endroit cool et j'aime bien la disposition entre les scènes, avec deux scènes différentes. C'est sympa.

Même si la plus petite est un peu petite quand il y a trop de monde...

FRISO : C'était parfait pour nous.

Ouais, parce que vous n'aviez pas besoin de faire la queue dehors ! [Rires généraux]

FRISO : Ouais, c'est sûr ! Mais on préfère un petit endroit où les gens font la fête plutôt qu'une grande salle avec, je sais pas, 200 personnes, où ça a l'air presque vide et où les gens sont debout comme ça [il croise les bras]. Donc je pense que c'était parfait pour nous, c'est mon avis.

Nick et Friso sur les toits d'Eindhoven.

EINDHOVEN

Donc nous sommes aujourd'hui à Eindhoven. Si vous deviez aider quelqu'un à découvrir la ville, où l'emmèneriez-vous ?

NICK : [Rires]

FRISO : Eh bien, probablement au musée Philips, probablement dans quelques bars parce qu'on a ici la plus longue "rue de le soif" des Pays-Bas.

NICK : Ouais, elle est très célèbre pour avoir la plus forte concentration de bars d'Europe. C'est… ouais. Et je pense que si tu aimes la nature, il y a un nouveau parc qui vient d'ouvrir. Il est par là-bas et c'est un genre d'immense forêt. Ils viennent juste de la découvrir ! [Rires]

Ils viennent juste de créer une forêt ! [Rires]

FRISO : Ils étaient là : « Oh, une forêt !!! » [Rires]

NICK : Non, la municipalité vient juste d'acheter le terrain et de l'ouvrir au public.

FRISO : Ouais, pour 1 euro.

NICK : Ouais, c'est vraiment sympa. Et bien sûr, comme on a dit, les pubs. Mais je ne pense pas qu'Eindhoven soit très intéressante pour faire du tourisme. Comme on le disait.

FRISO : Ce n'est pas très beau, pour être honnête.

NICK : Non, mais il y a beaucoup de choses à faire. Il y a beaucoup de festivals, il y a le Dynamo, il y a le Eindhoven Metal Meeting.

FRISO : Ouais, si tu aimes le metal, c'est soit Eindhoven, soit Tilburg. Amsterdam, bof, Utrecht, ça va, mais c'est principalement ici. Donc si tu es vraiment à fond dans la musique, et surtout dans le metal, Eindhoven est parfaite. Et on a un aéroport. [Rires]

Et à l'inverse, est-ce qu'il y a un endroit où il ne faut surtout pas aller quand on est à Eindhoven ?

FRISO : Ouais, il y a certains endroits, je pense, comme là où je travaillais dans un magasin d'alcool... Il y a pas mal de criminalité et de trucs qui se passent. Je pense que ce n'est pas… enfin, il y a juste des maisons et un commissariat à côté. Le genre d'endroit où il faut faire attention si on gare sa voiture. Le nord d'Eindhoven n'est pas ce qu'il y a de mieux. Comme dans pratiquement toutes les villes, il y a une certaine partie qui a... eh bien, un taux de criminalité élevé et tout ça. Donc ce n'est pas très beau. Juste beaucoup de maisons, d'immeubles et tout. À part ça, je ne pense pas… Le reste est plutôt tranquille.

NICK : Il faut éviter le stade de football quand il y a un match. Enfin, c'est mon avis.

FRISO : Ouais, le stade de foot est par là. Quand il y a un match… Enfin, moi, je n'aime pas du tout le foot.

NICK : C'est très bondé.

FRISO : Ouais, et beaucoup de gens bourrés. Donc évite de te retrouver coincée là-bas.

Ouais, ce n'est pas très loin de notre hôtel…

FRISO : Ah, voilà ! [Rires] Donc s'il y a un match et que tu n'aimes pas le foot, n'y va pas.

Vous avez des hooligans aux Pays-Bas ?

FRISO : Eh bien, c'est juste beaucoup de feux d'artifice, les gens crient, ils jettent des canettes, ils sont bourrés, ils font n'importe quoi, il y a des chevaux de police. Parfois, ils jettent des briques. Pas à chaque match, mais quand il se passe un gros truc là-bas.

Ouais, c'est comme à Paris. Quand la France gagne, ils cassent tout. Quand la France perd, ils cassent tout. [Rires généraux]

NICK : C'est à peu près pareil. Et avec la plus longue rue de pubs à proximité, tu peux imaginer.

FRISO : Je dirais, pour résumer, reste dans le centre-ville et peut-être que ce coin-là est vraiment sympa pour se balader parce qu'il se passe plein de choses ici. Et voilà, c'est à peu près tout. Je pense que ce n'est pas la plus grande ville du monde, évidemment. Il n'y a que 50 000 personnes qui y vivent.

NICK : Mais il y a beaucoup de culture.

FRISO : Et c'est abordable.

LES MAUVAISES DÉCISIONS

Et vous avez parlé d'une forte concentration de pubs. Et vous avez aussi mentionné les « bad decisions » dans la bio du groupe. Est-ce que certaines mauvaises décisions concernant le groupe ont été prises dans un pub du coin ?

NICK : Je pense qu'à Eindhoven, ça va encore, parce que je connais les gens ici et je dois faire attention à ce que je fais. [Rires généraux]

FRISO [il a l’air circonspect] J'attends, j'écoute !

NICK : Bon, la première fois que j'ai été bourré, c'était ici. C'était au Dynamo.

FRISO : Vraiment ?

NICK : Ouais, c'était pendant Heidevolk.

FRISO : Oh, intéressant.

NICK : Et ma copine de l'époque avait tous les jetons qu'on utilisait pour acheter les boissons. Et chaque fois, j'achetais une pinte au lieu de deux demis et je buvais la pinte tout seul, puis je revenais en disant : « Oups, j'ai perdu des jetons. » Au bout d'un moment, j'ai perdu le jeton pour récupérer nos vestes au vestiaire. J'ai trouvé ça vraiment, vraiment drôle. Mais je pense qu'à Eindhoven en général... ouais, peut-être au Pirate Metal Party, mais à ce moment-là j'étais juste vraiment, vraiment fatigué.

FRISO : Ouais, je pense qu'il y a énormément, énormément d'histoires de soirées arrosées. On pourrait continuer des heures avec les histoires de beuverie, mais peut-être pas ensemble en tant que groupe… mais on se connaît depuis longtemps. Lui, il a défoncé une porte d'hôtel et moi j'ai fait quelques trucs à poil... [Rires] Mais dans la bio du groupe, les « mauvaises décisions », je pense que ça a quelque chose à voir avec le côté festif de notre musique, non ?

Mais seulement pour la moitié du groupe…

NICK : Ouais. L'autre moitié est vraiment très respectable.

FRISO : Ils sont beaucoup plus sérieux... Intéressant, non ?

Et vous arrivez quand même à vous entendre.

FRISO : La musique, c'est ce qui nous lie, je pense. [Nick éclate de rire]

C'est magnifique ! Ça ferait le titre un peu cucul parfait pour l'interview... Mais est-ce que les autres membres ont d'autres vices à la place ?

NICK : Notre chanteur fume beaucoup. C'est de là qu'il tire son inspiration ! [Rires généraux]

Ah, d'accord.

FRISO : Ouais, il fume tous les jours, pour être honnête... Donc il est très créatif ! [Rires] Mais pour en revenir aux mauvaises décisions, ça veut dire créer le groupe, évidemment. Parce qu'on a beaucoup de gens qui sont vraiment à fond dans le black metal, la musique sérieuse, et qui nous voient par hasard parce qu'onfait une première partie, ou un truc comme ça. Et ils sont là comme ça... [Il fait un visage sérieux et croise les bras]. Et puis on leur met les colliers hawaïens. On les met autour de leur cou et ils sont là, ils essaient de ne pas sourire, mais ils font : « Moi j'aime Behemoth », comme ça. Et c'est ça qui est le plus beau. Je pense aussi que, du point de vue du public, ils se disent que c'est une mauvaise décision. Non ? Là c'est moi qui suis peut-être un peu trop sérieux…

NICK : Ouais, c'était une réponse très sérieuse.

FRISO : OK, alors je vais boire encore un peu de bière !

Friso

LE FOLK METAL ET LES GROUPES AVEC LESQUELS ILS PARTAGENT L'AFFICHE

Vous jouez souvent avec des groupes qui n'ont rien à voir avec ce que vous faites ?

NICK : Oui. Et puis, tu sais, dans le folk metal, il y a un spectre très large. On peut être davantage du côté festif, avec des groupes comme Alestorm et Korpiklaani qui sont en gros un peu dans la même direction que nous. Et puis il y a des trucs très sérieux.

FRISO : Le « true folk ».

NICK : Ouais, mais qui inclue aussi des gens super sympas, amicaux et marrants comme Finsterforst ou Moonsorrow. Ça peut être de la musique festive, mais c'est beaucoup plus sérieux. Et si tu mélanges les deux sur une même soirée, ça peut donner une combinaison assez intéressante, parce qu'en général c'est une soirée folk metal, mais parfois certaines personnes aiment le côté festif mais pas le côté sérieux, et inversement.

FRISO : Si tu aimes vraiment Moonsorrow, alors je peux comprendre… C'est compréhensible quand tu vois ça et que tu te dis : « Ouais, ce n'est pas mon truc. » J'adore quand les gens disent : « Ouais, ce n'est pas mon truc », et que moi je fais : « Ha ha ! » [il se mime en train de jouer du clavier].

NICK : On a joué au Lid Ar Morrigan avec Finsterforst et Moonsorrow. C'était une affiche de rêve. Pour moi en tout cas. Pour nous, c'était parfait. On a joué là-bas et ensuite on a commencé à boire des bières et à regarder ces groupes. Parfait.

« EPIC PARTY FOLK METAL »

Votre musique est décrite comme de l'« epic party folk metal ». Et je pense que c'est vraiment la définition parfaite. C'est épique. C'est de la musique festive. C'est du folk. Mais surtout, je ne sais pas comment vous avez choisi l'ordre des chansons sur l'album, mais je pense que commencer par "Behind Enemy Lines", c'était vraiment… une démonstration de cette définition. Parce que ça commence de manière vraiment épique. Et puis soudain, c'est : « Oh non, mais là on fait la fête ! »

NICK : C'est littéralement ce qu'il dit à chaque fois. C'est comme si ça donnait un petit aperçu. Genre : OK, si tu veux une chanson de huit minutes qui nous décrit, "Behind Enemy Lines" est un bon exemple. Et c'est un début parfait pour les concerts. Parce qu'à chaque fois qu'il intervient avec son… [il imite la mélodie de clavier]

FRISO : C'est le point de bascule, ouais.

NICK : Pour moi, c'est comme un interrupteur.

FRISO : C'est aussi une petite astuce pour le soundcheck. Quand tu commences à jouer, tu as le temps d'écouter les retours et tout ça. Mais ouais, ce que tu disais. C'est huit minutes et on montre tout ce qu'on fait, en huit minutes. Et au début, encore une fois, c'est aussi notre astuce. On essaie... c'est difficile, mais on essaie de rester sérieux. Genre au début, la première minute, c'est très épique… Et on essaie de ne pas sourire, juste de headbanger et tout. Et puis j'arrive avec mon… [il chantonne lui aussi] Et là tout commence. Et on termine avec un truc un peu power metal à la fin. C'est très cliché. Mais au moins ils ont un bon aperçu de ce qu'on fait en huit minutes. Et après, on a plein d'autres chansons à jouer.

NICK : Et je pense qu'en général, avec la capacité d'attention réduite des gens, surtout dans un festival, c'est vraiment difficile de convaincre…

Sauf s'ils sont déjà bourrés.

NICK : Ouais, là c'est plus facile ! [Rires] Donc on préfère les créneaux plus tardifs. C'est vrai. Mais c'est vraiment une chouette chanson. Si tu aimes cette chanson, le reste va être… au moins modérément agréable.

FRISO : Et la raison pour laquelle on commence avec elle, c'est parce que c'est une tradition. On n'a jamais joué un concert sans commencer par elle. C'est comme "Ghost Division" de Sabaton.

NICK : Et c'est aussi… c'est une chanson facile à jouer, pour moi en tout cas, à la guitare. Donc je peux me chauffer tranquillement…

FRISO : Voilà ! [Rires] Donc on a décidé de la mettre en première chanson aussi sur l'album. Ça avait du sens.

Et le reste de la tracklist de l'album, c'est quelque chose que vous avez pris le temps de décider ? Ou c'était plutôt…

NICK : Ouais, il faut que ce soit dans un ordre logique. Il faut que ce soit… On ne veut pas mettre toutes les chansons plus heavy, puis toutes les chansons festives. On voulait avoir un mélange logique qui ait un joli flux. C'est pareil pour ce qu'on essaie de faire en live. C'est avoir un bon flux. Et chaque fois que tu te dis : « OK, ça commence à être long. » Ou : « J'ai envie de quelque chose de différent. » Alors on change et on fait quelque chose de complètement différent. Parce que j'ai la capacité d'attention d'un concombre. Et donc chaque fois je me dis : « OK, ça fait trois minutes, je m'ennuie. » Et j'ai besoin de quelque chose de différent pour me stimuler.

FRISO : Ouais, la capacité d'attention TikTok ! Mais je pense qu'on savait déjà qu'on finirait avec "Dwarven Dance". Et c'était… Ce n'est pas un album concept. Donc on pouvait tout placer dans un ordre qui nous semble naturel. Beaucoup de groupes ont un ordre précis et tout doit être joué dans cet ordre. Sinon, l'histoire n'a aucun sens. Nous, notre histoire, c'est juste la fête !

NICK : Parfois, en live, on change l'ordre en fonction du public. On sait qu'on va jouer dans un festival davantage orienté black metal, on joue nos chansons les plus agressives. Mais on a aussi joué en première partie de Fiddler's Green. Et là, on vire tout le black metal.

FRISO : On joue les chansons plus légères.

Et tu disais que ce n'était pas un album concept. Ce n'est même pas un groupe concept. Parce qu'en général, les groupes choisissent un seul gimmick. Il y a les pirates, les Vikings, les nains… Vous, vous faites tout !

NICK : Ouais. [Rires]

FRISO : Donc ça, c'est un concept alors ?

Ça peut l'être !

NICK : Je pense que le concept général, c'est la fête et les mauvaises blagues.

FRISO : Les jeux de mots.

NICK : Les jeux de mots.

FRISO : "Seamen Shanty", par exemple.

NICK : Attends, c'est un jeu de mots, ça ?

FRISO : Oh non ! [Rires généraux] Il vient de comprendre !

Oups ! Il ne savait pas !

NICK : Je pensais que c'était une chanson très sérieuse. [Rires]

FRISO : Ouais, très sérieuse.

NICK : Au fond, tout ce qui nous fait rire correspond au concept. Il faut qu'on aime ça nous-mêmes. On écrit déjà de nouvelles chansons. Et je pense qu'il va y avoir une sorte de tango… Un tango balkanique. Ce qui est tout aussi ridicule !

FRISO : Ouais, on essaie de faire de petites histoires pour chaque chanson plutôt qu'une grande histoire.

L'IMMATURITÉ ET LES JEUX DE MOTS

Et est-ce qu'il y a certains membres du groupe qui sont moins matures que les autres ?

NICK : Je pense qu'on est tous pareils…

FRISO : Dans quel sens tu veux dire ? Créativement ou juste en général ?

Pour les jeux de mots et tout ça…

FRISO : Je pense que notre chanteur est le roi des jeux de mots, pour être honnête. Comme je le disais, il fume beaucoup, donc c'est peut-être lié, je sais pas…

NICK : Mais c'est le cerveau créatif derrière certaines chansons. Je pense qu'en général, le consensus, c'est que tout ce qui nous fait rire d'une manière ou d'une autre est suffisamment bon.

FRISO : Ouais, on prend des décisions rapides, non ?

NICK : Ouais.

FRISO : On se retrouve et c'est : « OK, il y a trois démos et l'une d'elles contient un jeu de mots génial. » Et OK, c'est parti. On ne change rien ! On peaufine un peu et on crée de la bonne musique, évidemment, mais le cœur reste le même. Et quand on la joue, on rit forcément parce que c'est genre… « On est vraiment en train de faire cette merde ? » C'est ça que j'appelle les mauvaises décisions !

NICK : Ouais, je pense que la première fois que j'ai joué "Blastafari" en live, j'étais jsute mort de rire.

FRISO : Ouais, moi aussi.

NICK : C'est tellement stupide !

FRISO : Dans le bon sens !

NICK : Ouais, dans le bon sens. C'était tellement amusant à jouer parce que c'est une chanson tellement débile.

LES FUTURES EXPLORATIONS MUSICALES

Et tu as parlé du tango. Est-ce qu'il y a d'autres genres que vous essayez d'explorer pour la suite ?

NICK : Oh, oui ! Du surf rock.

FRISO : Surf rock, ouais. J'aimerais aussi faire une chanson des années 80.

NICK : Genre une ballade des années 80 ? Une power ballad ?

FRISO : Je sais pas, au moins quelque chose qui ait à voir avec les années 80. Je sais pas, un synthé, un peu cliché.

NICK : Je pense que du reggaeton aussi, ce serait cool.

FRISO : Rien n'est encore gravé dans le marbre, hein ?

NICK : Non, et rien n'est interdit. [Friso a l'air perplexe] Si ?

FRISO : Il faut que je réfléchisse à ça ! [Rires] Ouais, non, OK, c'est vrai !

NICK : On réfléchissait à faire du hardcore, genre du hardcore néerlandais, genre dum, dum, dum…

C'est bien, ça !

FRISO : Donc… ouais, des idées complètement dingues.

NICK : Ouais, on a plus d'idées qu'on n'a de temps.

FRISO : On se demande encore : est-ce qu'on a une certaine formule, ou est-ce qu'on doit simplement créer de nouvelles histoires ? Ou est-ce qu'on doit les développer ? Ou est-ce qu'on doit faire une partie 2 d'une chanson, ou directement une partie 3, parce que c'est plus drôle. Je sais pas. On vient juste de commencer à travailler sur de nouvelles chansons.

NICK : On n'a même pas encore sorti notre premier album !

Ouais, et ça vous a pris quelques années, donc…

FRISO : Ouais, ouais, ça ne prendra pas aussi longtemps pour le deuxième, mais ouais.

NICK : Et pour le premier album, on a un peu oublié… On jouait énormément en live. Et puis on s'est dit : « OK, il faut absolument qu'on enregistre un album ! » Et puis on a repoussé parce qu'on était tellement occupés à faire des concerts. Genre : « OK, il faut vraiment qu'on le fasse. » Et finalement, c'est terminé.

FRISO : Ça a pris un peu plus longtemps que prévu, mais il est enfin là !

LA COMPOSITION

Les paroles sont vraiment drôles et légères. Mais musicalement, je veux dire, vous explorez énormément de styles. Les chansons… elles ne sont pas simplistes. Il y a beaucoup de variations. Combien de temps vous mettez pour écrire une chanson ?

NICK : Je pense que c'est une très bonne question. Je pense qu'on peut répondre pour les premières chansons qu'on a écrites. Parce qu'on avait l'idée de créer le groupe, et Friso avait beaucoup d'idées écrites.

FRISO : J'écris beaucoup de musique avec le bassiste aussi, depuis quelques temps. Mais les quatre ou cinq premières chansons, je ne sais pas, elles étaient prêtes à 90 %. Je pense que j'en avais écrit beaucoup. Et ça m'a pris trois heures ou quelque chose comme ça.

NICK : Mais ce n'était que des bouts. Et ensuite on est allés dans la Veluwe. On a loué une cabane là-bas. On s'est bourrés la gueule, vraiment, vraiment bourrés. Et c'est là qu'on a commencé à combiner tout ça…

FRISO : Les mauvaises décisions, voilà ! Une mauvaise décision, mais dans le bon sens !

NICK : Et c'est là qu'on a commencé à tout combiner. Et chaque fois que j'entendais une sorte de sample, je me disais : « OK, c'est un bon sujet. » Donc ouais, ça nous a pris un week-end pour écrire les cinq premières chansons.

FRISO : Ouais, quelque chose comme ça, oui.

NICK : Et en général, on continue simplement à travailler sur de nouvelles chansons et puis…

FRISO : Je pense qu'aujourd'hui c'est même plus facile parce qu'on « sait ce qu'on fait ». Ou alors on a une idée, d'une certaine manière. Parce qu'au début, on essayait d'être beaucoup plus sérieux. Du moins, c'était mon intention. Je pense que, pour être honnête, ça va vraiment vite. Si tu as une accroche, quelque chose de drôle, et qui nous fait rire, je commence à écrire, je dirais, pendant deux ou trois heures. Et ensuite j'ai une démo.

Et pourtant, ça vous a pris genre quatre ans pour avoir un album. C'est dingue !

NICK : Ouais, les chansons étaient déjà écrites, mais le processus d'enregistrement, c'est… Enfin, tout était nouveau pour nous. On n'avait jamais enregistré d'album complet. Comment tu abordes ça ? Comment ça marche ?

FRISO : Créer quelque chose, c'est différent de l'enregistrer, je dirais.

LE CAS RISE & FALL ET LES INFLUENCES

Donc on parlait tout à l'heure de la tracklist de l'album et il y a une chanson qui sort un peu du lot, c'est "Rise and Fall", elle est davantage du côté sérieux. Est-ce que c'est quelque chose que vous aimeriez explorer davantage à l'avenir ou seulement de temps en temps ?

NICK : Je pense que oui. Je pense qu'on veut montrer tout ce qu'on a, donc aussi le côté plus sérieux, voir ce qu'on est capables d'écrire, nous mettre au défi.

FRISO : Donc, réponse courte : oui.

NICK : Ça dépend aussi de ce qui vient, tu sais. On ne va pas écrire des chansons plus longues et plus sérieuses juste pour écrire des chansons plus longues et plus sérieuses, mais je pense que "Rise and Fall" est naturellement née comme ça.

FRISO : Ouais, c'est un peu plus musical… Comment dire ? C'est davantage axé sur la musique, je pense.

NICK : Moins sur la blague.

FRISO : Ouais, moins sur la blague. Donc je pense qu'on essaie de le faire au moins pour une chanson.

NICK : C'était très subtil.

Quand j'écoute votre musique, ça me fait parfois penser à Finntroll, ce qui est un énorme compliment de ma part parce que c'est l'un de mes groupes préférés. Est-ce qu'il y a des influences auxquelles on ne s'attendrait pas en écoutant votre musique, quelque chose de complètement différent, mais qui vous inspire quand même ?

NICK : Je pense que les influences évidentes sont Ensiferum, Finntroll, Korpiklaani, ces gros groupes de folk metal, parce qu'ils nous ont donné envie de créer un groupe. Je pense que ce qui nous a aussi inspirés, ce sont des trucs comme Electric Callboy, [à Friso] et toi, tu écris une grosse partie de la musique, donc tu peux peut-être en parler davantage.

FRISO : Je pense que c'est tout ce que je trouve drôle. J'écoute aussi énormément de choses qui ne sont pas du metal, notamment de la musique néerlandaise, et j'essaie aussi de l'intégrer. Par exemple, tu vas au…

NICK : Brabantse Vrienden ?

FRISO : Ouais, la soirée « Links Rechts » [il fait référence à un des titres de Snollebollekes, fondateur du festival].

NICK : Ouais, c'est Brabantse Vrienden !

FRISO : Oh, je pensais que c'était ça s'appellait Total Loss.

NICK : Ouais, mais maintenant ça a changé !

FRISO : Oh, OK, je ne savais pas. Donc tant que c'est drôle, j'essaie de l'intégrer. Ça peut être du rap allemand, ça peut être, je sais pas, peut-être quelque chose de français. Je sais pas. Qu'est-ce qui est typiquement français ? Peut-être que je peux l'intégrer ! Les « chansons », avec un béret. Et ouais, c'est génial.

NICK : Je pense que le côté viking est davantage basé sur Scooter.

FRISO : Ouais, c'est vrai. Scooter, les Allemands.

FRISO : Tu sais, le hardcore des années 90.

Oui, oui, j'adore Scooter, je suis allé à plusieurs concerts !

FRISO : Donc je pense que, quand les gens écoutent notre musique, à un moment donné, ils reconnaissent le côté fun, comme Scooter et Electric Callboy. Mais on essaie aussi d'exagérer un peu le côté pagan folk metal. Avec genre… J'aime produire de la musique avec une putain de tonne de chœurs, genre : « Oooooh ! » et des paliers et des violons. Et c'est un peu…

NICK : Le Pagan Fest 2008, Heidenfest.

FRISO : Un peu cheap parfois, c'est ce que j'aime. Des claviers cheap, comme dans les anciens Alestorm. On essaie de capturer le son du folk metal de 2010. C'est peut-être ça, la réponse.

L'HUMOUR ET LE RISQUE D'ÊTRE PRIS AU PREMIER DEGRÉ

Et les paroles sont vraiment exagérées et basées sur des clichés, etc. Comme "Redneck Redemption" ou des trucs comme ça. Vous pensez que parfois certaines personnes pourraient être vraiment stupides et prendre ça au premier degré et être offensées ?

NICK : On espère que non.

Parce que les gens sont parfois assez stupides.

FRISO : En général, oui…

NICK : Je pense qu'on a beaucoup d'auditeurs intelligents. Toutes les personnes qu'on rencontre sont super intelligentes. [Ils éclatent de rire] Non, mais je pense que c'est toujours un peu à double sens. Et il y a aussi un niveau plus profond.

FRISO : Pour être honnête, je pense que certaines personnes ne comprennent pas vraiment. Je pense que peu de gens seront offensés, d'une certaine manière. On a des références telles que le roi orange ["orange king"], dans "Redneck Redemption", c'est une référence à Trump, évidemment...

NICK : Ah bon ? [Rires]

Tu apprends beaucoup de choses ce soir !

NICK : Ouais, je découvre mon propre groupe ! [Rires] Non, mais je pense qu'en général, on essaie d'éviter de blesser les gens ou de les offenser.

FRISO : Bien sûr, oui. Donc non, je ne pense pas que beaucoup de gens seront offensés. Et s'ils le sont, qu'ils soient offensés. Nous, on aime faire la fête. C'est fun. Ce n'est rien, ce n'est pas une vraie offense. On n'est pas là à…

NICK : Je ne pense pas qu'on essaie délibérément de blesser les gens.

FRISO : Non, c'est vrai.

NICK : Donc si des gens sont offensés, qu'ils viennent nous voir et qu'ils disent ce qui les offense. Et ensuite, on ne changera rien ! [Rires] Mais on leur dira : désolé !

LES VRAIS OFFENSÉS : LES METALLEUX QUI N'AIMENT PAS LA COULEUR

FRISO : Certaines personnes sont davantage offensées par notre musique que par les paroles, je pense. Offensées dans le genre : « Moi, je suis un vrai blackeux et ça, ce n'est pas du black. » « Oh, vous jouez du clavier, ce n'est pas du metal. » C'est peut-être ça, l'offense.

NICK : Ouais, je pense qu'il y a beaucoup de couleurs pour un groupe de metal.

FRISO : Les chemises hawaïennes, les trucs roses qu'on a, les… je sais pas, les bulles. Ouais, je pense que les gens sont davantage offensés par le concept de ce qu'on fait que par les paroles.

Ouais, c'était justement ma question suivante. Sur les vrais metalheads qui détestent tout ce qui est joyeux ou coloré... Est-ce que vous avez déjà rencontré quelqu'un qui n'était vraiment pas content de ce que vous jouiez et qui vous l'a dit ?

FRISO : En vrai ou en ligne ?

Les deux.

NICK : C'était avant même qu'on commence. Notre logo et notre page Facebook venaient juste d'être lancés et il y avait ce type sur Facebook qui disait : « Oh, je déteste vraiment les groupes festifs. J'espère que vous allez arrêter. Je ne vous programmerais jamais ! » J'étais là : « Oh, désolé, c'est moi qui programme les concerts, donc tu n'as pas besoin de nous programmer. » Donc voilà. Il était vraiment offensé par le concept de groupe festif. C'est genre : « OK, tu n'as même pas entendu une seule note, mais tu es déjà offensé. »

FRISO : Et le propriétaire de Folk-metal.nl ne voulait pas nous inclure parce qu'on n'était pas assez sérieux. C'était un très gros site à l'époque, maintenant c'est terminé.

NICK : Il avait toujours peur de nous inclure parce qu'on n'était pas assez sérieux.

Mais, dans le folk metal, je dirais qu'il y a 50-50, voire plus, de groupes qui ne sont pas très sérieux. Enfin, c'est…

NICK : C'est vrai.

FRISO : Ouais, je sais. Mais apparemment, certaines personnes ont commencé à nous détester. Et j'adore ça !

LES HATERS COMME SOURCE DE MOTIVATION

Ils savent qu'Alestorm ne sont pas de vrais pirates… ?

NICK et FRISO :

Ooooh !

FRISO : Je ne l'avais pas vu venir ! Incroyable ! [Rires] Mais bon, quand les aiment notre musique, ils viennent simplement nous voir après le concert et disent : « Hé, c'était vraiment fun. » Et s'ils n'aiment pas, ils s'en vont.

NICK : Mais je pense que c'est toujours le cas avec les groupes qui ont un concept très fort et qui font des trucs plus mainstream. Donc tu as Alestorm, et Sabaton est aussi un exemple célèbre. Electric Callboy également. Les gens les détestent simplement parce qu'ils s'amusent ! Ouais, je sais pas. Je trouve ça très bizarre, ce concept selon lequel les gens n'aiment pas voir les autres s'amuser ou faire la fête. Que tout doit être sérieux et sombre. Je sais pas.

FRISO : Au fond, c'est juste que c'est quelque chose de différent et qu'ils veulent avoir Iron Maiden pour toujours, tu vois ? Ou Metallica ou Rammstein. Quelque chose auquel ils sont habitués. Et maintenant, il y a des claviers et du fun et c'est différent et c'est rose et c'est davantage un spectacle musical qu'un groupe. Et ils sont très vieux jeu. Je ne le prends pas mal du tout, mais c'est un peu vieux jeu, un peu étroit d'esprit parfois.

NICK : Je trouve juste très drôle que des gens soient offensés par des gens en chemises hawaïennes qui jouent du metal. [Rires]

FRISO : J'espère vraiment qu'on pourra contribuer un petit peu à faire en sorte que ces gens deviennent un peu plus ouverts d'esprit. Mais bon, la haine, c'est aussi de la presse. La haine, c'est aussi de l'attention.

NICK : Ouais. L'attention négative reste de l'attention.

Il n'y a pas de mauvaise publicité !

FRISO : Ouais, ouais. Ça ne me dérange pas.

NICK : Je peux tout à fait imaginer qu'on ne soit pas le truc préféré de quelqu'un. Mais on n'est pas obligés de l'être, il y a des milliers de groupes. Donc, il suffit de ne pas nous écouter.

FRISO : Et la haine est une émotion. Le pire qui puisse arriver quand tu joues en live, c'est que quelqu'un dise : « Ouais, c'est OK. » C'est un 6 sur 10. C'est « whelming ». Ce n'est ni overwhelming ni underwhelming, juste « whelming ». « Alors, vous avez aimé ? » « Eh bien, je vous ai entendus jouer… »

NICK : Vous existez…

FRISO : Donc c'est… Je préférerais que ce soit l'un des deux extrêmes, que les gens nous détestent totalement ou qu'ils nous adorent totalement. Je sais pas, soit c'est génial, soit c'est chiant, mais pas un 6 ! Donc pour moi, ça me donne de la force.

Baggie

LA RUBRIQUE DES REMERCIEMENTS 😹

Et il faut qu'on parle des personnes, ou des non-personnes, que vous avez choisi de remercier à la fin de l'album. C'est vraiment important. Alors, tout d'abord, j'ai besoin de voir les photos des chats ! [Leur liste de remerciements inclut leurs chats !]

NICK : Je les ai déjà préparées… Oui, bien sûr ! Il fallait qu'on les remercie.

FRISO : Regarde mon chat !

NICK : Son chat, Poeki, est la sœur de mon chat. Donc ça, c'est Dino, c'est mon chat. Il est super gros, mais il est mignon.

Il n'est pas gros. C'est les poils...

NICK : Non, c'est juste un bon angle pour lui ! [Rires]

FRISO : Ça, c'est mon chat. Elle a l'air un peu triste. Mais elle est adorable.

Elle est triste… Elle a faim !

FRISO : Ouais, elle avait probablement faim.

NICK : Mon autre « croissant », Maru. Mais la plupart des gens de notre groupe ont des chats. Donc on a pensé que c'était logique de…

Attends, la plupart ? Qui n'a pas de chat ?

NICK : Sonny, l'autre guitariste, n'a pas de chat. Et Thijs n'a pas de chat. Brennan a un chat.

FRISO : Ouais, Brennan a un très gros chat.

[Ils continuent à me montrer plusieurs photos de leurs chats, et réciproquement]

NICK : Ouais, trop mignon. Donc on a pensé que c'était évident de les inclure.

FRISO : Et on demande toujours aux salles et aux festivals s'ils peuvent mettre une photo de leur chat dans les coulisses.

NICK : Une photo de leur animal.

FRISO : Ouais, mais surtout leurs chats.

NICK : Ouais, quelques chiens aussi.

NICK : Ouais, donc on les a sur le frigo. Toutes les photos des chats.

Il faut que tu m'envoies les photos de tous les chats pour l'interview. Je les inclurai.

FRISO : Oh ouais, génial !

NICK : Je vais essayer de trouver des photos où ils sont mignons.

Les chats sont toujours mignons !

Baggie

DUA LIPA

Et Dua Lipa ?

NICK : Donc Dua Lipa est mon artiste préférée et l'une des artistes préférées de notre batteur. Notre batteur est un gars très occupé et il est très difficile à joindre, surtout sur les réseaux sociaux ou WhatsApp. Mais parfois, on doit prendre des décisions et on doit les prendre vite. Genre : est-ce qu'on est disponibles pour le concert ? Et là, il faut réussir à le joindre. Et la méthode qui marche à chaque fois, c'est que je lui envoie une photo de Dua Lipa et là il réagit genre : « Oh mon Dieu, Dua Lipa ! » Et moi je suis là : « OK, donc là tu réagis. Là tu es en ligne ! »

FRISO : Et on enchaîne : au fait, tu es disponible à cette date, cette date…

NICK : Et ça marche à chaque fois. Donc Dua Lipa a joué un rôle majeur dans toute l'histoire de notre groupe…

C'est elle qui chante Houdini ?

NICK : Ouais.

OK, je crois quec'est la seule chanson de Dua Lipa que je connaisse...

NICK : Tout l'album, Radical Optimism, est fantastique. Et Future Nostalgia est encore meilleur, je pense.

FRISO : J'aime bien, mais je ne suis pas aussi grand fan de Dua Lipa que lui !

Maru

THE EAGLES

Et les "Eagles" ? Tu as mentionné à la fois les oiseaux et le groupe...

NICK : Ouais, les deux. On ne voulait pas inclure le groupe simplement, parce que les aigles sont des animaux cool. C'était pendant le week-end où on écrivait ça… ?

FRISO : Ouais, Thijs était tellement bourré qu'il a commencé à ouvrir la porte et à chanter Hotel California tout seul.

NICK : À chaque fois, il ne faisait que chanter.

FRISO : Genre il ouvrait la porte [il chante] : « On a dark desert highway »… Il claquait la porte, puis il la rouvrait. C'est une blague interne, mais c'était génial.

NICK : Ouais, donc on voulait remercier les aigles/The Eagles.

FRISO : C'était une histoire de soirée bien arrosée et on a décidé de l'inclure. Parce qu'il avait envoyé le texte, tout le bloc de crédits. On a tous reconnu le truc : « Ha ha, les Eagles. » Mettons-le là. Ça peut sembler bizarre pour le public, mais pour nous c'est drôle !

Dino

LES CORBEAUX DE "RISE & FALL"

Et les corbeaux aussi…

NICK : [Rires] Ouais, ça, c'était pendant l'enregistrement de "Rise & Fall". Parce qu'il y a cette chanteuse lyrique qui a chanté les parties d'opéra, les voix féminines. Et elle ne savait pas quand commencer.

FRISO : Non, j'ai produit ça hors tempo. Normalement, tu as un clic comme ça : un, deux, trois. Et je sais pas, je jouais avec les sons. Et il n'y avait pas vraiment de rythme précis. Donc la seule chose qu'elle pouvait reconnaître, c'était genre : rha rha rha [il imite les corbeaux]. Je lui ai dit : « Après les trois corbeaux, tu peux chanter. » Donc on a voulu remercier les corbeaux.

Tijgertje

LE PUBLIC EN FRANCE ET AILLEURS

Et donc, vous avez joué dans beaucoup de pays pour un groupe qui n'a qu'un album qui n'est même pas encore sorti ! Quel a été votre pays préféré ?

NICK : La France.

FRISO : La France, et de loin.

Hmm. C'est une réponse honnête ? Ou c'est comme 90 % des groupes en tournée qui disent : « Waouh, vous êtes le meilleur public qu'on ait jamais eu » ?

NICK : Non…

FRISO : Ouais, je pense qu'il y a plus que ça.

NICK : Ouais. Je pense que c'est parce qu'on s'attendait à ce que l'Allemagne soit incroyable . Ils sont super impliqués. Donc on sait que quand on joue en Allemagne, ça va être bien. Ils sont à fond dedans. Ils aiment aussi le folk metal, je pense.

NICK : Eh bien, le marché allemand est aussi un peu saturé. Ils ont l'habitude. C'est un immense pays du metal. Donc quand ils voient un groupe comme nous, ils sont aussi impliqués, mais pour eux c'est juste un concert de plus. Je pense qu'en France, ils sont impliqués d'une autre manière. Il y a davantage de connexion, je pense. Ils viennent après le concert. On a vraiment de chouettes conversations. En Allemagne, c'est davantage : « Ha-ha, allons boire une bière. » C'est sympa aussi, j'aime bien, mais…

NICK : Mais je pense qu'en général, on ne savait pas à quoi s'attendre de la France. Et le Cernunnos était le premier concert qu'on y a joué. Et ça a été énorme. Et chaque concert qu'on a joué après. Bon, OK, on a joué à l'Ar’ Vran et au Lid ar Morrigan, et c'étaient nos seuls concerts en France, donc on était un peu biaisés !

FRISO : Oui, bien sûr, mais la réaction, c'est ça qui a été le plus surprenant. Donc c'est pour ça qu'on choisit la France, je dirais.

NICK : Et je pense que le Royaume-Uni était aussi très bien. L'Écosse...

FRISO : Oh, l'Écosse. Ouais, ouais. Parce qu'ils ont une grosse scène live là-bas.

NICK : Il y avait beaucoup de gens qui disaient simplement : « Oh, j'ai vu qu'il y avait des groupes qui jouaient en live, alors j'ai acheté un billet. »

FRISO : Ha ha, Mourning Wood, c'est marrant ! Allez, on y va !

NICK : Donc c'est une autre forme d'implication qu'on ne voit pas aux Pays-Bas.

FRISO : Non, non. On a tendance à être paresseux, je pense. « Ça coûte de l'argent ? Ouais, hmm. »

NICK : Mais je pense que, ouais, la France et le Royaume-Uni. C'est ce qui ressort vraiment.

FRISO : C'est la France qui m'a le plus surpris.

NICK : Ouais. Donc c'est une réponse honnête. Pas parce que vous êtes français !

Poeki

LE CONCERT RÊVÉ

Et enfin, quel serait votre concert rêvé ? Est-ce qu'il y a un endroit où vous aimeriez vraiment jouer ?

NICK : Hellfest.

FRISO : Wacken.

NICK : Wacken, ce serait cool.

Wacken serait mieux pour moi parce que j'y vais tous les ans [rires].

FRISO : Voilà ! Bon, évidemment, jouer dans un gros festival, c'est toujours sympa. Mais je sais pas, aussi un bel endroit dans la nature ou quelque chose comme ça…

NICK : Mais je pense que je programme la plupart des concerts et j'ai toujours cette bucket list dans ma tête. Mais la bucket list s'est vidée assez vite parce que le Canada était justement sur ma bucket list, parmi les endroits que je voulais faire. Et puis on y a joué. C'était génial, putain ! Et je sais pas. J'ai envie de jouer dans différents pays où je n'ai encore jamais joué.

FRISO : Explorer davantage de pays, ce serait bien.

NICK : On va jouer en Lituanie en février, ce qui va être intéressant. Des trucs comme ça. Ça n'a pas besoin d'être énorme, tu sais, tous les gros festivals, tous les groupes disent qu'ils veulent jouer au Wacken, au Hellfest, au Graspop, ce qui est super sympa et que j'ai envie de faire. Mais je pense qu'en général, j'ai envie d'explorer davantage de pays et de passer un bon moment.

Et si vous voulez jouer dans la nature, j'ai entendu dire qu'il y avait une nouvelle forêt par là-bas ! [Rires généraux]

NICK : On devrait y jouer !

FRISO : Ouais, ce serait cool, allons jouer dans la forêt ! [Rires] Non, ce n'est pas une question de faire les plus gros concerts possibles, mais les plus intéressants.

Ouais, c'est pour ça que en termes de festival Wacken peut être adapté, parce qu'il y a la Wackinger Stage.

NICK : Ouais, la Wackinger Stage !

Et c'est parfait.

FRISO : Ouais, c'est parfait pour nous.

NICK : Ouais, je pense que la Wackinger est un choix évident. Mais je pense que le Hellfest serait plus accessible pour nous parce qu'on est en contact ! [Rires]

Ah, c'est donc ça ! [Rires]

FRISO : Mais en tout cas, des endroits intéressants.

NICK : Je pense que l'Asie serait cool.

FRISO : Le Japon.

NICK : L'Inde.

Pourquoi tu voudrais aller en Inde ?

NICK : Parce que c'est tellement étrange. Enfin, je n'y suis jamais allé. Ou l'Amérique du Sud ou quelque part où il y a une culture metal très forte.

Oh, en Amérique du Sud, ils sont dingues !

FRISO :

Putain, ouais ! Ouais, ça, ce serait l'un des endroits rêvés. Ils chantent vraiment à tue-tête ! Ouais, tu m'as convaincu ! Allons en Amérique du Sud alors !

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