25/5/2026

Judas Priest, boue, bière et chapiteaux : plongée dans le Motocultor 2026 avec Yann Le Baraillec

À quelques semaines du Motocultor Festival 2026, Yann Le Baraillec a accepté de se prêter à une interview un peu différente. Entre questions sérieuses, petits “tu préfères”, réflexions sur l’avenir des festivals, Judas Priest omniprésent et confidences sur les coulisses de l’organisation, le directeur du Motocultor revient sans filtre sur les défis, les ambitions et l’identité unique du festival breton.

Bonjour Yann ! Je t'ai préparé une interview un peu spéciale avec quelques petits QCM et des trucs comme ça, histoire de couper un peu ta journée.

Yann le Baraillec : [Rires] Ah, ok !

Donc déjà pour commencer, si tu devais nous donner trois mots, seulement trois mots, pour décrire cette prochaine édition du Motocultor 2026 ?

J'allais dire JU. DAS. PRIEST mais...

C'est un peu de la triche !

[Rires] En vrai, c’est pas facile !

Je suis pénible dès le début, hein !

Ah putain, si je bug déjà dès le départ, ça va pas être simple ! T’as pas des questions habituelles, là ? Comme ça je raconte en boucle la même chose ! [Rires] Non, trois mots, ben, je vais dire quand même Judas Priest, ça compte ?

Oui, c'est bon.

Et puis Carhaix. Et après, je suis pas très inspiré ! [Rires]

Et ben on en reste à deux, c'est pas grave ! On peut même dire, qu'avec Judas et Priest en vrai ça fait trois ! C'est quoi la plus grosse différence entre cette année et les années précédentes ?

Judas Priest ! [Rires]

Toutes les questions, ça va être Judas Priest ! [Rires]

Non, la plus grosse différence, c'est le camping, il va y avoir une extension du camping pour qu'on soit moins compressés. L'année dernière, le camping était devant les scènes principales, et là, du coup, cette partie-là qui était devant les scènes, elle sera mise ailleurs pour qu'on puisse gagner de la place, qu'on puisse aérer, parce qu'on était un peu serrés devant les deux scènes plein air. Mais est-ce que ça, c'est des choses que les gens vont voir ? Ça nous facilite plein de choses pour l'orga, mais je ne sais pas si c'est...

Bah, je pense que les gens se rendront compte qu’ils ont plus d’espace...

Après, le camping est grand, mais les gens voyaient quand même des scènes depuis une partie du camping.

Est-ce qu'il y a une chose des années précédentes pour laquelle tu dis : « il ne faut absolument pas que je refasse ça » ?

[Rires] Annoncer Slaughter to Prevail le dimanche. Ah ! Merde, je devrais pas le dire ! [Rires] Il faut que je réponde autre chose ?

Non, non, c'est très bien !

On va faire un petit « Tu préfères... » Est-ce que tu préfères une affiche ultra pointue, mais risquée, ou une affiche peut-être un peu plus accessible, un peu plus grand public, mais moins surprenante ?

La plus pointue et risquée. Même si on est entre les deux, en vrai.

Et est-ce qu'il y a du coup quelques groupes cette année qui sont programmés, pour lesquels tu te dis : « Tiens, c'est peut-être une prise de risque ».

Euh... Ah ! Ce qui est une prise de risque, c'est de continuer à faire des affiches avec des têtes d'affiches, alors qu'aujourd'hui c'est très précaire les équilibres financiers, donc de continuer à faire le type d'affiche qu'on fait, c'est une prise de risque aussi. C'est sûr que les gens vont venir, mais c'est à peine suffisant pour l'équilibre financier. Il est très très compliqué depuis quelques années, alors on a du mal là-dessus. Après, c'est un peu plus facile de faire de la prise de risque, entre guillemets, parce qu'on a une config où on met 110 groupes, et du coup il y a 4 scènes, 4 jours, et si un groupe ne marche pas, c'est pas grave, c'est l'ensemble des groupes qui fait que les journées fonctionnent. Donc, on peut se le permettre justement, parce qu'on a cette config-là actuellement avec beaucoup plus de slots qu'avant le Covid. Même avant le Covid on était déjà sur 4 jours, 3 scènes... 2 scènes le jeudi et trois scènes les autres jours. Et maintenant ces dernières années on a augmenté le nombre de slots jusqu'à 2022, je crois qu'on a... On devait être à 105 groupes, à 2023 on était sur la formule 110 groupes, et ça permet ces prises de risques là sans que ça soit vraiment un risque en fait, parce qu'il y a un ensemble de groupes qui fait que ça marche.

Et du coup, ces 110 slots, pour le futur, tu te verrais en ajouter encore, ou tu trouves que c'est déjà une quantité qui est déjà difficile à gérer ?

Moi, si tu me freines pas, je t’en rajouterais bien ! Je me dis qu’on fait de moins en moins de jours sold out, est-ce qu'on rajouterait pas 2 scènes pour faire encore plus de jours sold out, je sais pas. Après, c'est un coût, et là on devient de plus en plus éclectique et tout, et pour le renouvellement on essaie de mettre plus de metalcore, plus de metal moderne, et des fois ça peut être un détriment de styles où on était forts avant. Et des fois je me dis, pour s'assurer de toujours être forts en metal old school, peut-être que ça manquerait d’avoir une petite scène en plus. Mais c'est pas raisonnable. [Rires]

Et est-ce que tu préfères un site parfait mais avec des limites, ou un site un peu plus complexe à gérer mais qui a du potentiel pour après encore justement aller chercher d'autres choses, d'autres scènes, d'autres animations ?

Là on est sur un site avec des limites, après on pourrait faire en sorte qu'il n'y ait plus de limites sur le site actuel parce qu'il est capable d'accueillir 80 000 personnes par jour avec Les Vielles Charrues. Et ça voudrait dire mettre les parkings beaucoup plus loin, le camping plus loin, ça n'a pas trop de sens avec ce qu'on a nous. L'idée, c'est d'essayer de faire un truc compact. Et là avec le type de jauge qu'on a aujourd'hui et qu'on souhaite garder, ça permet d'avoir ce truc compact et de faire différemment des Vieilles Charrues ou du Hellfest... Nous, il n'y a pas trop à marcher quand t'arrives, peu de temps après t'es à l'entrée, peu de temps après t'es au camping. Après, tu peux aller le plus loin, mais le pire c'est le centre-ville de Carhaix, si tu veux aller dans le centre-ville. Si tu veux aller voir les animations qu'il y a dans la ville, il y a le Motocultor Off, le mercredi soir. C'est devant la mairie de Carhaix et c'est plutôt sympa. Et c'est pas si loin que ça, c'est ça qui serait le plus loin, et ça reste jouable, mais tout le reste c'est très proche. Et ça c'est le point fort qu'on veut garder. Et sinon on se dirait : tiens, on va essayer d'avoir un Judas Priest chaque soir et comme ça il y aura encore plus de monde. Sauf qu'à un moment donné, le camping on peut plus le mettre là, il faut le mettre ailleurs, les parkings aussi, et là les gens ils auraient plusieurs kilomètres à faire pour aller d'un point à l'autre. Normalement, on n'a pas besoin de ça. Il y a Les Vieilles Charrues, l'autre festival carhaisien, et le Hellfest, ils sont beaucoup plus gros et ils font ça beaucoup mieux. Et ça sert à rien d'essayer de faire ce qu'ils font, parce qu'on n'arrivera jamais à faire aussi bien qu’eux là-dedans. Autant faire un truc plus petit, mais le faire mieux. Et il y a un truc sur lequel on peut faire mieux que le Hellfest et les Vieilles Charrues, c'est d'avoir un site compact. Donc, il ne faut surtout pas grandir. Et ça, c'est un côté qu'ils ne peuvent plus avoir.

Et tu préfères une édition sans imprévus – enfin, sans trop d'imprévus, parce qu'il y a toujours des imprévus –, bien carrée ou tu préfères une édition où c'est peut-être un peu plus chaotique mais où les gens partent avec des souvenirs vraiment marquants ?

C'est du point de vue festivalier ou du point de vue de l’orga ?

Les deux !

Ben c'est sûr que parfois les festivaliers ne voient pas tout. Pour nous, c'est plutôt : "Allez hop, faut que ça marche bien !" Mais je préfère que les gens soient contents. Après, qu'il y ait des imprévus, la boue, la poussière l'année dernière, c'est des domaines où on peut essayer de tester des choses pour limiter les désagréments. On va voir si ça peut marcher ce qu'on va proposer. Mais si demain il pleut 4 jours, à part mettre des copeaux, on ne va pas aménager le site pour tout goudronner. On ne peut pas mettre de la pelouse comme fait le Hellfest ou faire des routes, des pavés. Ça ne se fait pas trop au niveau écologique, il faut garder les sites. Il ne faut mettre que des installations provisoires sur les champs pour être le plus écologique possible. Après, si y a un peu de boue, ben c'est un festival ! Ce côté imparfait-là, il faut le garder parce qu'il n'y a pas trop de choix. Ça nécessiterait de faire des travaux et ça va contre l'esprit, contre les intérêts écologiques qu'on a.

Tu dirais que ton plus gros défi à gérer pour la préparation de cette année, c'est plutôt quoi ? C'est plutôt l'affiche, c'est plutôt améliorer l'expérience du festivalier, c'est plutôt le côté logistique ou financier ou encore autre chose ?

La priorité, c'est le fait qu’on n'arrive plus à équilibrer l'aspect financier. On n'y arrive plus là, donc c'est trouver les solutions pour refaire des festivals qui soient bénéficiaires. Parce que là, on était en bonne situation au moment du Covid. Depuis le Covid, sur les 4 dernières éditions, il n'y a que l'édition 2023 qui a été bénéficiaire. Pour les autres, on n'y arrive plus de manière générale. En 2022, il y avait la double édition du Hellfest qui a séché le portefeuille. On a fait le même type de prog en 2023, on déménageait et là, on a eu les résultats qu'on aurait attendus en 2022, ce qu'on aurait dû avoir en 2022 en situation normale. Depuis, ce qui nous met dedans, c'est les hausses logistiques, d'organisation, de cachets, de têtes d'affiches. On augmente la billetterie, mais les recettes n'augmentent pas aussi vite que les dépenses. Après, je ne me vois pas augmenter, faire plus 50 euros sur le pass 4 jours. C'est ça qu'il aurait fallu faire après l'édition 2023, c'est faire plus 50 euros. On a fait d'abord plus 15, puis plus 20. L'année prochaine, je ne sais pas s'il faut en rester là, parce qu'à un moment donné... Là, ce qu'on va viser, c'est garder le coût de billeterie. On va essayer de ne pas l'augmenter, ou très peu, ou pas du tout d'augmentation. Sinon, pour les gens, à un moment donné, il y a des catégories de gens qui n'ont plus les moyens de venir dans un festival comme le nôtre. Ça, c'est bien dommage, mais on va essayer de plus jouer sur le fait de faire venir un petit peu plus de monde, plutôt que de faire payer plus cher ceux qui viennent. Parce que déjà, le prix a vachement augmenté. Je pense que là, on a beaucoup augmenté ces dernières années.

Après, tous les festivals sont de plus en plus chers...

Oui, mais après, si on augmente trop, à un moment donné, il y a des gens qui vont arriver à une limite où ils ne pourront plus venir. Je ne sais pas où est la limite, et je n'ai pas envie de connaître ça. Là, l'idée, c'est de changer un peu plus la manière de communiquer, notamment en digital marketing, essayer de revoir toute notre stratégie com, parce qu'on communique de la même manière qu'il y a 10 ans. Avec le déménagement, avec le Covid, on ne s'est pas trop attardés là-dessus. Et comme on communique de la même manière, on a les mêmes résultats là-dessus. Le seul levier qui fait qu'il y a plus de monde, c'est quand on met plus de budget sur la prog, où on a des plus grosses têtes d'affiches. C'est ça qui fait qu'il y a plus de monde. Et là, on veut tester un autre levier. On retravaille, on réfléchit à comment faire la com différemment et un peu mieux, et essayer de gagner plus de public et de recettes, de billetterie, par une meilleure communication. Mais ça aura plus d'impact en 2027 peut-être. Cette année, on n'a pas encore fait cette révolution-là. Là, on est plus dans ce qu'on faisait les autres années.

Ouais, vous consolidez aussi ce qui a été fait. Il y a eu pas mal de changements entre le changement de site, le changement de disposition l'année dernière, tu m'en avais parlé. Là, vous restez à peu près dans la même organisation ?

Là, par exemple, en équipe interne, j'étais tout seul à la direction du festival. Là, maintenant, il y a une directrice qui vient d'arriver. Donc, on se partage à deux. Et je me rends compte qu’on peut approfondir les choses. Et elle approfondit bien les sujets. Alors qu'avant, j'étais tout seul pour faire tous ces trucs-là. Et il y a des choses où c'était : allez, je me donne une journée pour le faire... alors que ça nécessiterait beaucoup plus de temps. Et là, on va pouvoir mieux prendre le temps de la réflexion de la com. C'est des choses qu'on veut faire depuis des années. Je prends le temps, là, en ce moment, de faire ça pour que avec l'édition de 2027, on teste l'impact. On n'a pas fait de hausse sur la billetterie. Mais on va essayer de voir ce que ça donne avec une autre communication. Et ça nécessite de prendre du recul, du temps. C’est sur ça qu’on travaille en ce moment. On se donne jusqu'à fin mai. Après, on aura trop le nez dans le guidon pour ça. Puis après, on recommencera en septembre. Après, c'est un work in progress. On va s'adapter. Si quelque chose ne marche pas, on arrête. On fait autre chose. Mais on a déjà pas mal d'idées, là, qu'on met au propre et qu'on essaie de mettre en place.

Et sur la programmation, de cette année, si tu devais me citer les 5 groupes que t'es le plus content d'avoir... Bon, Judas Priest, j'ai compris, je crois. [Rires]

Bah, il y a Airbourne aussi. C'est classique, cliché, mais on ne les avait jamais eus. C'est un groupe qui est assez cool en live. Je trouve ça bien. Il y a Leprous, du côté prog. Je trouve ça cool. Et puis on est très fiers d'avoir Slaught... Non, je rigole ! Faut pas le dire. Non, sinon moi j'aime bien Primus aussi, je trouve ça top. Et, qu'est-ce que je pourrais dire ? Ben Denez Prigent ! C'est la deuxième que le fait, mais on sera le seul festival en France à programmer Denez Prigent je pense. C'est un artiste breton. On les a faits en 2022, le chapiteau était plein. C'est assez sombre comme musique, mais en même temps, c'est un artiste breton emblématique qui fait le plus le festival interceltique de Lorient. Je sais même pas s'il a déjà fait les Vieilles Charrues, c'est trop traditionnel. Mais nous, dans le metal, on peut se permettre de faire des musiques traditionnelles. Il y a certains artistes comme lui, comme Alan Stivell, qu'on a fait deux fois déjà. Je pense qu'on peut... Quand je vois Eluveitie qui fait des reprises d’Alan Stivell, c'est compatible, en fait. Et puis, il y a une culture bretonne qui est très forte. Il y a une identité culturelle forte en Bretagne. C'est dommage qu'un festival metal qui est compatible avec des musiques traditionnelles... Il y a plein de pays qui mettent des musiques traditionnelles de leur pays. Nous, on a ça, on a la chance en Bretagne de pouvoir faire ça. Dès 2010, on avait fait dans les premières éditions Plantec, naturellement. Après, eux ils écoutent du metal dans leur deuxième vie. Dans leur vie de musicien, ils font de la musique trad, un peu moderne, et à côté, ils écoutent que du metal. [Rires] Il y avait une logique aussi, parce que c'était des metalleux qui faisaient de la musique bretonne. Mais là, Alan Stivell, quand on fait ça, ça marche super bien. Là, il y a Brieg Guerveno qu'on a déjà fait aussi il y a deux ans. Qu'on refait cette année, parce qu'il a un super album qui est assez cool. Il faisait du metal progressif, chanté en breton il y a très longtemps. Et maintenant, il fait des musiques, je ne sais pas, on va dire un peu à la Dead Can Dance, mais en breton. Je trouve ça assez cool. Il évolue, il fait des trucs différents. Je trouve ça bien d'aider, de programmer un artiste comme ça. Il n'y en a pas beaucoup en France qui font ça. Je ne connais pas d'autres artistes qui font ça en France. Et on a un artiste comme ça en Bretagne. Il chante en breton et ce n'est pas commun. On est plus habitués au chant en Anglais dans le metal. Et là du coup, je trouve ça bien fait et c'est super cool.

Et d'après toi, quel va être le concert de cette année où l'ambiance va être la plus folle ?

L'année dernière c'était Machine Head. Donc j'ai envie de dire que Judas Priest, c'est la première fois qu'il y aura autant de monde devant une scène. Dans toute l'histoire du festival, c'était Machine Head l'année dernière. Et c'était assez fou, l'ambiance. Judas Priest, c'est sûr que ça va être ça. Et est-ce qu'il y aura d'autres temps forts comme ça ? Sûrement ! Après dans les chapiteaux, souvent c'est plus convivial, plus petit et il y a de l’ambiance. Même sur des groupes pour lesquels on n'imaginerait même pas. Mais comme c'est plus petit, ça crée une ambiance qu'il n'y a pas en plein air. Donc, je pense qu'il va y avoir des bonnes surprises sur les scènes sous chapiteaux au niveau ambiance. Après, on ne peut pas trop savoir. Je pense que Celkilt avec le Bagad de Quimper, le jeudi, ça va être assez cool. Je pense que ça aurait peut-être été encore mieux sous les chapiteaux, mais on n'a pas pu faire ça. Je pense que l'ambiance aurait été dingue. Mais ça devrait être sympa quand même ne plein air. Et Emperor, j'aimerais bien voir ! Emperor avec un gros son sur la scène, j’ai hâte de voir ce que ça donne.

Ça vaut le détour. Est-ce qu'il y a un ou deux changements concrets que vous avez fait cette année suite au retour du public les années précédentes ?

Le plus concret, cette année, c’est le changement du camping. Après il y a l'entrée du festival qui sera plus centrale, mais ce n'est pas forcément une demande du public. C'est quelque chose qu'on avait voulu faire l’an dernier, mais sans pouvoir. Là c'est bien, on peut le faire. Quand on rentre au festival, soit à droite on va vers les scènes sous chapiteaux, à gauche vers les scènes plein air, et tout droit vers la zone de restauration. C'est plus central au lieu de traverser tout le site. L'entrée du festival, ce n'est pas rien comme changement. Mais c'est pas une demande du public. On va essayer d'enlever la poussière. Le public ne nous l'a pas non plus demandé mais bon !

La poussière c'est bon signe, ça veut dire qu'il ne pleut pas ! Quand je suis en festival, je préfère la poussière à la boue.

Oui, c'est vrai. Mais il faut qu'on arrive à humidifier légèrement le sol. En fonction des réseaux d'eau, il y a des appareils qu'il y a moyen d'avoir pour humidifier un peu le sol. Il faut qu'on travaille ça pour voir ce qu'on peut faire. Au moins certains endroits, pour réduire l'impact s'il fait canicule.

Devant les scènes principalement, j'imagine...

Oui. L'année dernière on ne pouvait pas techniquement. Là on va essayer de faire ça parce qu'il y avait beaucoup de poussière. On va voir ce qu'on peut faire. On ne promet rien là-dessus. Si ça se trouve, il y aura naturellement une petite demi-heure de pluie le matin, et comme ça, la poussière reste au sol !

La météo idéale, quoi !

Tant qu'il fait super beau en journée, une petite pluie le matin, ça rafraîchit ! Et après, mêem si c'est canicule, on sera bon !

Ce serait pas mal, effectivement ! [Rires] Est-ce qu'il y a une chose que tu aurais voulu faire cette année mais à laquelle tu as été contraint de renoncer ?

Le problème c'est que, comme on n'a pas déposé le dossier de sécu, il y a des choses auxquelles par manque de temps on va devoir renoncer. Mais je ne suis pas encore à la phase où je peux renoncer à l'heure actuelle. Il y a des nouvelles choses que j'aimerais bien mettre en place mais on n'a pas chiffré complètement. Mais il ne reste que quinze jours pour le faire. J'espère avoir le temps de mettre ça en place.

D'après toi, quel est le truc que tu fais et que toutes les équipes font en coulisse pour le fonctionnement du festival qui est vraiment le capital et dont les gens ne se rendent absolument pas compte ?

Je pense qu'il y a tellement de choses ! [Rires] L'envers du décor, la gestion bénévole, on met des bénévoles partout. Je pense qu'il y a un boulot dingue à tous les postes. L'équipe de gestion bénévole, c'est dingue tous les trucs qu'ils font. Les équipes qui font le nettoyage des toilettes, c'est des choses un peu ingrates et pourtant ça se passe bien. Là, comme c'est très ingrat et qu'il faut que ce soit fait de manière professionnelle, on a de la chance d'être sur un territoire qui accueille déjà un gros festival, donc on profite des boîtes locales qui ont déjà l'expérience de nettoyage pour les Vieilles Charrues. On profite de ça et on adapte le dispositif au fur et à mesure. Mais ils font un travail, même si c'est un boulot professionnel, qui change tout. Les équipes plombiers qui vont aller réparer les fuites, les trucs qui ne marchent pas, les astreintes, les équipes de régie, les barrières qui vont tomber, du coup, il faut les remettre… Parce que nous on met des bâches, mais ça ne laisse pas passer le vent, donc ça fait tomber les barrières des fois. Donc il faut couper les bâches pour remettre les barrières. Les équipes techniques qui accueillent les groupes, ça enchaîne vite. Il y a 20 groupes le jeudi, 30 groupes tous les autres jours. Ça s'enchaîne, ça va vite. Et pourtant, on n'est pas en stress maintenant. Mais il ne faut pas traîner. [Rires] Ça enchaîne toute la journée, sur les équipes, sur les scènes, c'est un enchaînement.

Oui, forcément, ça tourne sur plusieurs heures d'affilée, non-stop. C'est une mécanique bien rodée. Si tu devais donner des arguments pour convaincre quelqu'un qui hésite à venir cette année, tu lui parlerais de quoi ?

Tout dépend de pourquoi il hésite ! Je m'adapte en fonction du frein ! [Rires] Déjà l'ambiance, c'est les festivaliers eux-mêmes qui créent l'ambiance. Je trouve qu'elle est dingue. Je pensais qu'au bout d'un moment, plus il y aurait de monde, plus l'ambiance risquait de changer. Pour le moment, non, on n'est pas encore dans cette limite-là. Tant qu'on arrive à garder cette ambiance-là, on est bon pour la jauge. Si un jour, on la perd, il faudra réduire, parce que c'est tellement la force du festival. L'ambiance qu’eux mettent, ce n'est pas quelque chose que nous, on doit faire. C'est peut-être parce qu'il n'y a pas tant que ça de monde, mais c'est le public lui-même qui met une ambiance qui est assez folle.

Oui, de toute façon, le Motoc, c'est vraiment le truc auquel on pense tout de suite. C'est une bonne ambiance dans le public, dans le camping...

Là, de nos jours, je trouve qu'il y a de plus en plus de festivals où tu as l'impression d'être en boîte de nuit. Alors, si c'est Astropolis ou un autre festival de musiques électroniques, ça choque pas, mais dans les festivals censés être généralistes, c'est un peu bizarre. Surtout quand tu as de très grosses scènes avec de gros dispositifs sonores, pour simplement un DJ. Tu vas avoir un groupe de rock avec de vrais instruments qui joue, et tout autour en fond sonore des scènes avec des DJ. Avant, les festivals programmaient plus d'artistes du monde entier. Il y avait le soir de la musique électronique, mais il y avait beaucoup plus de groupes avec instruments avant, et du coup, même si t'aimais pas le groupe, t'étais pas gêné par le fond sonore. Là, maintenant, j'ai l'impression d'entendre la même chose en permanence, et... Je sais pas. Et les très gros festivals, il faut être vraiment proche des scènes pour entendre le public. Sinon, tu entends pas le public qui gueule et qui réagit et c'est plus difficile d'être dans l'ambiance. Si c'est trop compliqué d'approcher des scènes, j'y vais pas, mais au Motocultor, même quand t'es au plus loin, t'entends le public. C'est qu'on a encore la bonne jauge, tant qu'on est là-dessus. Après, ce serait dommage de perdre ça.

Et, sujet important, concernant la bière, est-ce qu'il y a des changements cette année ?

Dans l'esprit, on reste sur le même ordre d’idée. C'est un sujet sur lequel on a pris du retard, mais il y aura sûrement des Coreff, et puis le reste c'est en discussion.

D'accord, c'est pas encore finalisé.

L'idée c'est qu'il y ait plein de bières différentes, on est en réflexion pour voir si on met deux grands bars publics ou trois, et s'il y a un troisième, on va s'inspirer des Vieilles Charrues, ils ont une zone où ils mettent un chapiteau avec de la musique trad, et à côté t'as un bar. L'année dernière, j'avais pas fait gaffe au fait que ce bar n’était pas comme les autres, il n'y avait que des microbrasseries. J'ai appris ça en septembre, parce qu'on a fait un salon de la bière sur Pays de Vannes, où il y avait plein de microbrasseries. On m’a dit : « Pourquoi vous faites pas comme les Vieilles Charrues, avec des microbrasseries ?». Ils m'ont expliqué comment ça fonctionnait, et du coup j'hésite à faire ça cette année ou l'année prochaine.

Oui, c'est pas encore concrétisé.

Ben c'est une logistique assez contraignante, il y a tellement de chose à faire pour celui qui gère ça, y a dix références par bar... Déjà, il y a deux références de bières, deux références de cidres, plus les softs, ça fait beaucoup à gérer déjà. Donc, si je lui dit, une fois que les quatre références sont finies, qu'il y en a quatre autres qui arrivent... [Rires]

Ouais, dans l'idée, c'est sympa, mais c'est beaucoup de boulot ! À l'instant T, ton niveau de stress pour l'organisation de cette année est à combien ?

Oh, là, ça va...

Et ça va augmenter après ou les années d'expériences font que t'es plus cool ?

Après, y a une augmentation naturelle à mesure que ça approche. Mais cette année, a priori, ça va !

Et tu l'as déjà un peu évoqué, mais tu bosses déjà bien sûr pour 2027...

Ah oui, maintenant, un an et demi avant on est déjà dedans ! Depuis novembre de l'année dernière, même, on a déjà commencé à avancer sur certaines choses ! Si on veut bien faire, on est obligés de beaucoup anticiper.

Et pour 2027, tu as déjà des pistes pour certains groupes autant en avance, sans forcément me dire de noms ?

On discute déjà mais y a évidemment rien de confirmé. Par exemple, Megadeth est une piste chaque année, mais bon... Et j'espère toujours une bonne surprise, mais je suis sceptique.

Et en parlant de surprises, est-ce que cette année il va y avoir quelque chose auquel on ne s'attend pas ? Peut-être une animation, ou une configuration spéciale pour un groupe... ?

Cette année non, mais l'année prochaine on aimerait bien préparer un truc un peu spécial. Ce sera l'anniversaire des 20 ans de la première édition, qui était en 2007, et notre 18ème édition.

Donc, un petit truc un peu particulier pour l'anniversaire...

Oui, après ce sera pas des feux d'artifices ou quelque chose du genre, mais on réfléchit à un truc. Après, est-ce qu'on aura le budget ?

Oui, c'est toujours le dilemme entre ce qu'on a envie de faire et ce qu'on peut effectivement faire concrètement !

Oui, surtout que là c'est un truc qui va nous prendre un temps fou mais ça me tient à cœur. Donc, si je vois que c'est pas bien, on fera pas, mais je vais quand même passer un temps fou pour essayer de le faire ! [Rires] Je te dirai l'année prochaine ce que c'est, qu'on l'ait fait ou pas ! [Rires]

D'accord, ça marche ! Merci beaucoup !

Avec plaisir.

Yann Le Baraillec

Retrouvez ici toutes les informations sur le Motocultor 2026.

Orsola G.

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