Avec Golden Wounds, son premier EP sorti le 22 mai via Nova Lux Productions, Messalina impose d'emblée une identité singulière, quelque part entre lourdeur, mélodie, tension et mélancolie. Pour JB Le Bail, également guitariste et chanteur d'Igorrr, ce nouveau projet est surtout l'occasion de laisser circuler librement des influences qui n'ont, en apparence, pas grand-chose en commun, tout en donnant une forme musicale à des émotions très personnelles. De la construction minutieuse des morceaux aux collaborations avec Doodseskader, DOOL et Kabbel, en passant par cette recherche de simplicité sans simplisme, JB nous raconte la naissance et les ambitions d'un groupe qui commence déjà à regarder vers la scène et vers un futur album.
Comment vas-tu déjà ?
JB Le Bail : Ça va très bien. Très, très bien.
Donc, on va parler aujourd'hui de Messalina, qui est un groupe qui est arrivé récemment, mais qui est déjà très installé, je trouve, dans son son et dans son esthétique. Je pense que c'est assez rare qu'il y ait un projet qui ait vraiment une identité super cohérente dès le départ. Est-ce que ça a été beaucoup travaillé en amont ou ça s'est fait naturellement ?
C'est un petit peu des deux. Je pense qu'on a quand même pas mal d'expérience derrière nous qui fait que, quand on arrivait avec ce projet-là, on savait déjà peut-être un peu plus ce qu'on voulait. On a peut-être grillé certaines étapes et je pense qu'avant, dans la maturation du projet, on n'avait pas envie de faire un premier EP ou un premier album qui ne soit pas justement avec une certaine maturité.
Au fil des années, on a pu un peu aiguiser notre propos pour savoir vraiment exactement ce qu'on voulait faire, et ça passe par beaucoup de discussions en amont et beaucoup de communication, beaucoup de discussions, et aussi trouver les bonnes personnes pour faire ça.
On te connaît sur plein de projets très différents. Ce style encore que tu n'avais pas exploré jusque-là, est-ce que c'est juste une envie musicale ou est-ce que c'est aussi un petit peu pour te mettre au défi, j'ai envie de dire, pour vraiment repousser tes limites ?
Là, je pense que c'est surtout plutôt d'abord une envie musicale. Moi, j'ai toujours eu des projets où j'étais assez moteur artistiquement et c'est ce qui m'anime vraiment au quotidien, d'avoir ça. Et là, pour moi, c'est vraiment exactement le type de projet que j'avais envie de faire par rapport à la musique que j'ai envie d'écouter, tout simplement.
C'est vraiment l'aspect musical qui a primé plutôt que l'idée esthétique peut-être ou l'émotion, c'est vraiment un style musical en priorité ?
C'est vraiment un tout. C'est d'abord d'essayer de créer quelque chose de nouveau, et aussi de faire de la musique que j'avais envie d'entendre et quelque chose qui me paraissait pertinent à faire.
Forcément, dans le processus artistique, il y a toujours ce truc de se faire plaisir et d'essayer de raconter quelque chose. Je pense que le vecteur, par rapport à la période de vie dans laquelle je suis, c'est l'un des vecteurs parfaits pour transférer toutes les émotions que moi, en tout cas, je peux vivre actuellement ou depuis ces dernières années.
C'est le type de musique parfait pour ce genre de choses.
Et dans le nom du groupe, on a à la fois le scandale, le désir, mais il y a une ambiguïté entre un côté un peu provocateur et un côté un petit peu tragique. C'est ce mélange des deux qui vous parle ?
Je pense qu'on n'a pas du tout conscientisé le côté provocateur. À mon avis, c'est quelque chose qui était complètement inconscient.
En fait, pour la petite histoire, le nom du groupe, il est venu un peu... À la base, le nom Messalina, c'était le titre d'un morceau et, en fait, quand on était en résidence de travail, on n'avait pas de nom de groupe et l'un des membres du groupe, Aymen, chanteur-guitariste lui aussi, a suggéré que ce soit le nom du groupe.
C'est vrai qu'on a fait quelques petites recherches, mais on ne s'est pas non plus épanchés sur toute la symbolique que ça pouvait être.
En tout cas, le nom, la sonorité, ce que ça a fait résonner en nous, ça nous a parlé. Le nom d'une femme forte et qui, justement, sème un peu le trouble. C'était ça, un peu, l'idée.
Au final, je l'ai plus vu comme une sorte d'alter ego féminin, comme si ça pouvait être un personnage. Au fur et à mesure que j'ai commencé à écrire de la musique et des paroles, je parlais en me mettant à la place d'une femme, mais j'avais l'impression d'écrire des choses que moi-même, je ressentais. C'est comme si c'était finalement une sorte de prolongation, comme une sorte d'alter ego féminin.
C'est ce qu'on pouvait nous-même vivre, et la vision qu'on pourrait avoir de certaines relations, etc. C'est un petit peu tout ça.
Par contre, le côté tragique me parle beaucoup. Je ne sais pas si c'était aussi conscient ou pas, mais des fois, il y a des choses qui se passent et qui sont un peu inexplicables. Je crois que ça en fait partie, ça aussi.
En plus, ça colle plutôt bien à la musique qui est aussi dans ce juste milieu, on va dire, entre la légèreté et, en même temps, un côté très sombre.
Oui, je pense que c'est un peu le fil conducteur du groupe, c'est-à-dire d'essayer d'avoir un message et un vecteur musical qui soient à la fois très directs et très épurés.
On pourrait dire simples, mais parfois le mot "simple" pourrait faire penser à simpliste, et ce n'est pas le cas. Les idées peuvent être simples, mais je trouve que c'est vraiment la façon dont on amène le message. C'est vrai que c'est très épuré, c'est très direct et, à la fois, il y a ce côté aussi qui est très sombre.
Moi, c'est mes racines, je viens du métal extrême et du black metal, du death metal. Il y a toujours un peu ça en moi, il y a des restes de ces musiques-là, on va dire.
Et même, en fait, c'est un peu comme, tu vois, un cuisinier qui a un peu ces mêmes recettes depuis longtemps... on explore plein de choses, mais il y a quand même toujours un peu cet amour pour cette musique-là, donc je mets toujours un peu mes petites épices là-dedans pour donner un peu de saveur aux choses, tu vois, et créer aussi un peu des... J'ai toujours adoré créer des passerelles entre plein de styles et des trucs qui qui pourraient, sur le papier, ne pas coller. En fait, dire : voilà, j'aime autant Radiohead que Gorgoroth, et puis pour moi, j'entends des parallèles entre Deftones et, j'en sais rien, Morbid Angel, par exemple.
C'est des trucs qui n'ont rien à voir, mais moi, je vais arriver, je vais dire : « Ah ben tiens, tu vois, ça, j'aime bien ça dans Deftones, etj'aime bien ça dans ce groupe-là », et dans ma tête, je fais toute une mixture, et ça donne ça, en fait.
Et est-ce qu'il y a eu un effort conscient à fournir pour, on va dire, dépouiller les morceaux, pour les rendre un peu plus minimalistes que peut-être ce que tu aurais fait à la base ?
Oui, oui, complètement. Complètement, il y a eu un gros travail... Je pense que là, vraiment, déjà avant de vraiment finaliser et écrire le premier morceau, ça nous a pris peut-être quelque chose comme six mois au moins, en testant plein de choses, plein de combinaisons, de types de morceaux.
On avait déjà plus ou moins la vision de ce qu'on voulait faire, mais on ne savait pas comment vraiment le réaliser. Je pense qu'il y a eu des trucs qui se sont débloqués quand on a testé un accordage de guitare qui est un peu bizarre, qui est assez lourd, et ça a débloqué pas mal de choses.
Forcément, quand on amène de la contrainte, même dans n'importe quoi, mais surtout en musique, quand on resserre le propos, ça nous oblige à rester dans une espèce de cadre et ça nous évite de trop nous éparpiller.
Et en fait, là, ce cadre-là posé, il a vraiment déjà aidé à avoir quelque chose de plus minimaliste, de plus dépouillé.
On a fait plein de tests, plein de tests. Il y avait des choses qui étaient concluantes, d'autres qui l'étaient moins. Et en fait, on a testé plein de trucs, et à la fin, on a retenu que ce qui était vraiment pertinent.
C'était un peu dur au début, parce qu'on avait plein de bonnes idées. On s'est dit : « Ah tiens, c'est dommage. »
Après, avec le recul, et aussi surtout avec l'aide de notre "directeur artistique" pour ainsi dire, qui a mixé l'album... Son travail, c'était de réaliser, de diriger l'artistique sur l'album.
C'est Jimmy Goncalves, qui a vraiment mis sa patte dans le truc, et qui, avec beaucoup de recul, nous a vraiment aidés à sélectionner ce qui était pertinent ou pas et nous a aiguillés.
Il y a tout un travail sur la retenue, sur la tension dans les morceaux. C'est plus difficile d'être sur la retenue ou c'est plus difficile de laisser exploser ?
Je pense que c'est plus difficile d'être sur la retenue. C'est vraiment... C'est toute une question, je pense, de justesse.
Le problème, c'est que c'est hyper difficile de l'expliquer et de le formaliser, et même de le communiquer avec les autres membres du groupe. Il y a des choses qui ne s'expliquent pas, en fait. C'est vraiment des vibes et des ressentis.
Et même moi, quand j'expliquais en disant : « Là, ce morceau-là, je le vois comme ça, je le vois démarrer tout en progression. » En l'expliquant, je voyais des fois dans le regard de mes collègues que c'était... Ils ne comprenaient pas.
Ils n'avaient pas trop la vision au début de certaines choses, et je disais : « Mais si, si. Là, il y a vraiment... À ce passage-là, il faut que ça soit au maximum, et après, le reste, c'est tout en montée. »
Je ne voulais pas quelque chose qui soit trop évident ou trop bête et méchant. Je voulais que les climax soient vraiment des climax, et que le reste soit vraiment... Que tout soit bien réparti, etc.
J'avais déjà un peu le cheminement dans ma tête par rapport à ça.
Je trouve que ça se ressent énormément, effectivement, à l'écoute. Il y a vraiment ce point de climax à chaque fois. Et souvent, des fins qui sont un peu dans... j'allais dire la rêverie mais c'est pas vraiment le bon mot, mais des choses un peu floues, qui laissent un peu en suspens, quoi. J'ai adoré ! Et au niveau des textes, c'est toi qui as tout écrit ?
Au niveau des textes, je pense que j'ai écrit pas mal de choses. Après, on a fait aussi un petit peu de répartition avec le chanteur aussi. Je pense que j'ai amené une bonne partie des textes. Après, on a fait une relecture ensemble.
Mais c'est sûr que la matière première, l'idée principale notamment, surtout au niveau des textes... La musique, encore, tout le monde a amené quand même des petits trucs ici et là.
Mais les textes, je pense que les textes et la thématique, c'est peut-être plus moi qui suis initiateur de tout ça.
Du coup, il y a des débats parfois sur certains textes ?
Non, parce que je pense que la vision est claire, et on a tous du recul et de l'expérience.
Et là, en fait, moi j'explique, je dis : voilà, ce morceau-là, j'essaye d'être très, très brut de décoffrage par rapport à mes émotions et être très instinctif mais très immédiat.
C'est-à-dire que, quand il y a une idée de morceau qui arrive direct, il y a éventuellement le thème de ce qui m'inspire, mais j'essaie toujours de calquer l'émotion du morceau avec l'émotion du moment0 Comment la mélodie est venue et à quelle émotion elle est connectée, en fait.
Et c'est ça qui va un peu donner le truc, c'est-à-dire que si, à un moment donné, je ne sais pas, je me sens nostalgique de quelque chose, je vais essayer de connecter cette nostalgie avec une mélodie et essayer de comprendre d'où vient cette nostalgie et ce qu'elle va m'inspirer.
Après, je peux retracer, je peux faire des parallèles et des ponts avec certaines choses, savoir ce qui va m'inspirer à l'instant T, tu vois. Ça va pouvoir même être un fait d'actualité, quelque chose comme ça, quelque chose qui me touche, en fait.
Et vraiment, le thème principal de l'EP et le fil conducteur, c'est vraiment essayer de trouver une sorte de... de résilience par rapport à des blessures ou une grosse blessure, et de voir comment on peut arriver à se sortir de ça et d'en faire quelque chose de positif, sublimer quelque chose qui pourrait être de base, on va dire, un peu... contraignant ou difficile à surmonter.
Il y a beaucoup de featurings... Trois featurings sur six titres, c'est la moitié, quoi ! [Rires]
Ouais, c'est la moitié. [Rires]
Mais le EP a quand même une unité complète. Cest pas des trucs qui sont plaqués là, comme certains featurings, parfois, où le morceau sort vraiment du lot, c'est vraiment super bien intégré. Comment ça s'est mis en place, tout ça ? T'as appelé des gens avec qui tu voulais travailler ?
Déjà, dans ma tête, ça fait longtemps que j'avais envie de faire collaborer des gens sur la musique que je fais, de manière générale, et... j'ai toujours trouvé l'exercice un peu compliqué, parce que je pense qu'il faut que ça réunisse vraiment trois points importants.
C'est... Déjà que, artistiquement, ça colle, et que la personne qui collabore soit vraiment intéressée par le propos artistique, et pas juste faire une collab pour faire une collab parce que ça fait joli, ou quoi.
Il faut qu'il y ait une connexion humaine, aussi. Et puis, oui, il faut que ça serve le propos du morceau.
Et donc, en fait, l'idée, à chaque fois, je pense que ça a réuni... Les trois choses ont été réunies.
Que ce soit, par exemple, Tim [De Gieter], de Doodseskader, on s'est rencontrés quand il était dans Amenra, et on a tourné ensemble avec Igorrr, et là, on a vachement sympathisé sur la tournée.
Moi, je voyais qu'il démarrait Doodseskader, donc j'avais un œil sur ce projet, puis je trouvais ce qu'il faisait, c'était frais, et puis voilà.
En fait, des fois, il y a un moment donné, tu te dis : tiens, ce passage-là, dans le morceau No Color, putain, c'est cool, ça pourrait être chouette d'avoir un truc un peu "à la Tim", tu vois.
On se disait : ah, avec ce truc un peu rap, un peu bizarre néerlandais, et voilà. Et puis après, on a un peu hésité, puis je lui ai posé la question, il a kiffé, et il y a eu un échange, et pour le coup, vraiment, il a eu carte blanche.
Pour Born Again, moi, ça fait très longtemps que je voulais collaborer avec Raven [van Dorst] de Dool, qui est l'un de mes groupes préférés, donc...
Et en fait, en faisant le morceau, les lignes de chant que j'avais imaginées, je me disais : mais qu'est-ce que Raven pourrait faire à ce moment-là ? Et finalement, j'ai vraiment écrit, pour le coup, des lignes de chant qui étaient vraiment faites pour elle, quoi.
On se connaît parce qu'on s'est rencontrés plein de fois, on est devenus potes, et donc c'était plus facile de lui demander, mais... Elle a accepté avec plaisir, et elle a sublimé les parties déjà écrites, et par contre, toute la fin du morceau, c'était vraiment une improvisation. Elle avait carte blanche pour faire ce qu'elle voulait, et c'était incroyable, parce qu'elle a fait un truc un peu à la Dead Can Dance, vraiment, c'était super cool.
Et Kabbel, j'ai découvert cet artiste par le biais de notre manager chez Igorrr, qui me l'a fait découvrir parce qu'il l'a fait collaborer sur un morceau de Perturbator, où Perturbator reprend un titre de Depeche Mode, et j'ai découvert Greg [Gregory Hoepffner], de Kabbel, sur ça, et j'ai été bluffé par sa voix.
Je me suis dit : c'est pas possible, il faut vraiment... Et on avait ce morceau, Narrow Chase, qui avait un peu ce feeling, un peu Darkwave, tout ça, et le feat paraissait évident.
Et pareil, lui, il a vraiment... Il a, on va dire, respecté un peu les lignes, mais il a vraiment sublimé le morceau.
Pour ma part j'avais découvert Dool l'an dernier à Wacken, je connaissais pas avant, mais j'avais été scotché, donc j'ai réécouté. Et là, en fait, en voyant la liste des titres, je me suis dit : « Ah, trop bien ! » avant même d'entendre le morceau. Et effectivement, c'est génial. Et mon préféré est peut-être No Color, avec ces petits passages, effectivement, qui surprennent un petit peu au départ, mais qui, en fait, s'intègrent super bien. Donc, comme je te disais, c'est assez rare, je trouve, qu'il y ait autant de feats et que ça fasse quand même une unité. Si vous partez sur un album par la suite, est-ce que tu penses qu'il y aura autant de guests ou...
Je pense que tant qu'il y aura des inspirations ou des volontés de collaborations. Franchement, il n'y a aucune limite.
C'est sûr qu'il y a des morceaux en écriture, qui sont en préparation, où il y a peut-être des idées de guests qui arrivent.
Pour l'instant, c'est un petit peu tôt, mais pareil, la même idée, c'est qu'il faut que ça serve le morceau, que ça serve le propos artistique.
On commence un peu doucement à réfléchir sur des nouveaux morceaux, là, et voilà.
En termes aussi de son, tu as mentionné Jimmy tout à l'heure, j'ai trouvé que l'enregistrement de l'album avait été vraiment soigné.
C'est gentil, merci, parce qu'on a fait quand même beaucoup, beaucoup de choses de façon, je pourrais dire, presque artisanale. On a vraiment juste fait les batteries dans un studio, et tout le reste, on l'a fait vraiment quasiment nous-mêmes, avec les moyens du bord. Bon, après, avec du matériel quand même de qualité, mais... On n'avait pas les financements ni le budget pour faire ça dans des gros studios, quoi. Mais on a fait tout, notamment tout le chant, on l'a fait nous-mêmes, on a pris le temps, c'était vraiment une expérience.
On a beaucoup appris sur l'enregistrement de l'EP, vraiment, des guitares, de la basse, de la batterie, des machines. Je me suis vraiment renseigné, ça fait des années que je me forme là-dedans, pour vraiment incorporer.
On a délégué certaines parties à d'autres personnes, mais... Mais ouais, on a énormément appris, on a énormément travaillé sur le son, quoi. Mais c'est encore aussi le fruit d'heures de réflexion, de discussions, avec l'ingé son : comment on veut sonner, quel type de son on veut avoir, à quel type de scène, à quel type de public on veut parler aussi.
Parce qu'on voulait que ça sonne un peu frais, moderne, mais en même temps, on ne voulait pas que ça soit complètement générique et aseptisé.
Donc, en fait, il y a certains trucs actuels qu'on aime bien, mais ça a certaines limites, et on est en espèce d'entre-deux, entre plein de choses, entre plein de scènes, de passerelles. C'est ça qu'on trouvait intéressant.
Si l'EP peut parler au plus grand nombre de gens possible, tant mieux, mais l'idée principale, c'était que ça respecte notre vision. Et la vision, elle s'est vraiment dessinée après. Une fois qu'on a commencé à la voir... On n'était pas trop sûrs à nos débuts, mais après, on s'est dit : voilà, on fonce là-dedans.
Je trouve que ce que tu dis, effectivement, on le ressent, parce qu'il y a, d'un côté, une immédiateté, ce n'est pas des sonorités qu'on n'a jamais entendues. Et en même temps, il y a une identité. On ne peut pas dire : voilà, tiens, ça ressemble vraiment à tel ou tel groupe. Donc, si c'était un des objectifs, c'est plutôt réussi. Est-ce que vous voyez le projet plutôt comme un projet de studio principalement, ou est-ce qu'il y a vraiment des envies de scène, de faire des trucs en live ?
Alors, c'est sûr que c'est un petit peu... Ça peut paraître un peu compliqué, parce qu'on est tous impliqués dans d'autres projets qui sont beaucoup plus gros, mais non, l'idée, c'est quand même de défendre les morceaux en concert, et d'essayer d'en faire le plus possible, quand on aura le temps de le faire.
Et c'est prévu, je pense à partir de... peut-être septembre, octobre, on risque d'avoir peut-être un peu plus de dates, et surtout, je pense, 2027, à mon avis. On commence à avoir des offres, ça commence à être intéressant, et je pense qu'on va pouvoir voir le groupe un peu plus en concert à ce moment-là.
L'EP est sorti en mai. Pour l'instant, t'es content de la réception ?
Ouais, très content. Très, très content, en fait.
Pour le coup, j'ai essayé... En fait, c'est vraiment quelque chose que j'essaye de faire de manière générale, de limiter vraiment mes attentes.
Donc, j'avais vraiment aucune attente sur la réception de l'EP, du moins, j'essayais de ne pas en avoir, et donc forcément, tout ce qu'on a eu, c'est du positif.
Mais surtout, très content aussi des retours qu'on a eus, on va dire, plus en off, de groupes, de pros, qui sont vraiment revenus vers nous en disant : « On a écouté ce que vous avez fait et on se retrouve là-dedans », ou alors « On a beaucoup aimé », et ça fait vraiment aussi plaisir.
Le public, c'est une chose, les retours sont vraiment bien, mais aussi au niveau de groupes qu'on affectionne, ça fait d'autant plus plaisir quand notre travail est salué et respecté.
Et donc là, t'as parlé tout à l'heure d'un morceau éventuellement qui était en travail, pour un album. C'est quelque chose qui, pour l'instant, reste très flou, ou il y a déjà un bon avancement ?
On a pas mal de pistes. Même, je pense depuis l'été dernier. Moi, je suis toujours un peu en flux tendu.
Dès que j'ai un peu de temps devant moi, j'arrive à me poser, écrire de la musique. Tout le monde arrive avec ses idées, avec ses maquettes, et là, en fait, on essaye de rajouter.
Je sais qu'on a déjà rajouté un nouveau morceau à notre set, pour pouvoir en proposer un peu plus que juste les morceaux de l'EP, et là, on travaille sur d'autres titres, parce que l'idée, c'est d'en rajouter un peu plus aussi.
Donc voilà, tranquillement, on a pas mal de pistes, mais il faut qu'on prenne le temps pour se retrouver déjà les quatre, maturer tout ça, et après vraiment travailler ça.
Disons que là, maintenant, on a un peu avancé sur notre mode de fonctionnement, donc il y a des choses qui vont plus vite sur l'écriture. Après, la mise en place, ça demande un certain temps pour vraiment être enregistré, tout ça, etc.
Ce qui manque un petit peu, c'est le temps, en ce moment, mais voilà.
Et dans un contexte du live, il n'y aurait pas forcément les guests de l'album. Qu'est-ce que vous feriez dans ce cas-là ? Quelqu'un du groupe qui reprend la partie ? Des samples ?
C'est ça, c'est un peu des deux. Il y a quelques backtracks, et puis, vu que la majeure partie des parties ont été créées par nos soins, on peut les refaire, on va dire.
Mais c'est sûr que c'est malheureusement impossible d'avoir les guests avec nous tout le temps. Mais ce serait un truc fantastique à faire, d'avoir un concert où il y ait tout le monde réuni, ce serait chouette.
Peut-être qu'un jour ça arrivera, on ne sait pas.
Une petite question cruciale pour terminer : est-ce que c'est un prérequis pour faire partie du groupe d'avoir une moustache ?
[Il éclate de rire] Non, parce que la preuve, je n'en ai pas !
Techniquement, t'en as une, t'as juste la barbe en plus !
Oui, c'est un prérequis. Je ne sais pas. Je crois qu'en ce moment, c'est la période des moustaches, et on a des musiciens qui suivent les tendances et qui sont dans la moustache ! [Rires] Question cruciale, en tout cas ! [Rires]
Oui, je pense que c'est ce qui va intéresser le plus les gens, quand même ! Je te remercie beaucoup.
Merci à toi.
En espérant vous voir sur scène prochainement !
Oui, ça devrait venir.

Pour suivre Messalina :
https://www.instagram.com/_mssln_
https://www.youtube.com/@Mssln
Orsola G.
