10/3/2026

HEADKEYZ - The Cage and the Crown, Chapter II : Le Dernier Sacre

Parus à deux ans d’intervalle, The Cage and the Crown, Chapter I et The Crown and the Cage II (sorti le 16 janvier 2026) ne constituent pas une simple succession d’albums, mais les deux volets d’un même souffle créatif. Pensé dès l’origine comme un diptyque, l’ensemble révèle une œuvre cohérente, habitée par une tension continue entre enfermement et élévation.

Si les bases ont été posées dans un même mouvement, ce second chapitre ne se contente pourtant pas de prolonger son aîné. Il en affine les contours, en modernise les textures, en densifie l’écriture. Les structures gagnent en maturité, les atmosphères en relief, comme si le groupe avait laissé le temps polir sa propre matière sonore. [Rencontre menée par Emma Forestier]

Racontez nous HeadKeyz

Adrien : Nous sommes quatre musiciens passionnés.  moi-même  au chant, Sam à la basse, Stella à la guitare rythmique, et Timothé à la guitare. Le groupe est né d’un désir commun : façonner une musique dense, habitée, où l’énergie brute dialogue avec une recherche plus introspective

Ce deuxième opus a été mixé et masterisé à Los Angeles par Emerson Mancini...

Sam et Adrien : Pour ceux qui ne connaissent pas Emerson Mancini, et bien il est une référence en ingéniérie du son. Il a collaboré avec Kendrick Lamar, Paramore, Ed Sheeran. Connaissant son travail, notamment sur les disques de Linkin Park, nous étions convaincus que son approche apporterait une dimension contemporaine et puissante. Il nous fallait être sûr que notre projet lui parle réellement. Nous investissons beaucoup de cœur et d’âme dans ce que nous créons ; il était essentiel de collaborer avec quelqu’un animé par la même intensité. Il a eu un véritable coup de cœur pour notre univers. Après quelques orientations données en premier lieu, nous lui avons laissé une grande liberté. Son intervention a donné au disque une modernité et une ampleur supplémentaires, sans trahir notre propre "patte".

Musicalement, l’album conjugue rock alternatif des années 90, nu metal des années 2000 et textures plus psychédéliques. Quelles ont été vos principales influences ?

Tous : Du côté du rock alternatif, des groupes comme A Perfect Circle ou The Smashing Pumpkins ont laissé une empreinte certaine. Pour une énergie plus brute, The Black Keys ou Arctic Monkeys nous ont beaucoup influencés.

Stella : Nos influences ne se limitent pas au rock. Nous sommes sensibles aux musiques d’atmosphère, aux bandes originales de films, telles que les compositions de Hans Zimmer, par exemple, qui nous inspirent par leur capacité à créer des paysages intérieurs, à installer une tension presque cinématographique.

Quelques mots sur le titre “The Crown” et sa place dans l’architecture narrative du projet ?

Adrien : “The Crown” est une pièce maîtresse. Dans notre symbolique, la cage représente la quête insatiable d’un idéal inaccessible, cette poursuite infinie qui enferme l’être humain. La couronne, elle, incarne le désir de domination, l’illusion de toute-puissance. Le morceau, par sa durée installe l’auditeur dans l’univers du disque. Plus immersif, presque épique, il contraste avec “The Cage” et marque une forme d’aboutissement.

À travers ce diptyque, vous dépeignez un monde à son point de rupture. Cette dualité entre pouvoir et liberté est-elle, selon vous, l’un des maux de notre époque ?

Adrien et Thimothé : Le projet a pris forme durant le confinement, dans un moment d’isolement collectif. Cette période a révélé une évidence troublante : lorsque l’activité humaine ralentit, d’autres équilibres se rétablissent. La planète respire autrement. Nous avons entrevu la possibilité d’un autre rythme, d’un autre rapport au monde. Mais cette parenthèse fut brève. La tension entre quête de pouvoir, abondance démesurée et aspiration à la liberté constituent l'une des quêtes principales propres à notre temps.

Vos clips, “Viking”, “The Keys” et “The Crown”, dialoguent entre eux et prolongent le récit. Qui vous a accompagnés dans cette mise en images ?

Adrien et Sam : Pour le premier album, nous avons travaillé avec Sophie Bernard, basée à Montpellier. Pour le second, nous avions envie d'une direction artistique différente, tout en conservant un dialogue entre les différents clips. C’est Bastien Sablé qui a pris le relais, apportant une esthétique renouvelée et une lecture complémentaire de notre univers.

Qui est à l’origine de la pochette de l’album ?

Adrien: C'est moi qui m'ai dessiné. Le dessin et la musique sont mes deux passions. Même si la musique a occupé ces dernières années une place prépondérante, l’illustration reste un prolongement naturel de la musique.

Un mot pour les lecteurs ?

Tous : Continuez à soutenir les groupes émergents. Le rock et le métal vivent par celles et ceux qui les écoutent, les défendent, les transmettent. Sans cette ferveur partagée, aucune scène ne peut durer.

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