[ENGLISH BELOW]
Ancien frontman de H.E.A.T., passé par Skid Row et connu aussi pour ses performances vocales marquantes sur sa chaîne YouTube, Erik Grönwall poursuit aujourd’hui sa trajectoire en solo avec Bad Bones, un album pensé comme une véritable déclaration d’identité artistique. Construit dans une logique d’honnêteté totale, le disque reflète les cinq dernières années particulièrement intenses de sa vie, entre transformations personnelles, recherche de sens et réappropriation de sa créativité.
Dans cet entretien, Erik Grönwall revient avec une grande liberté de ton sur la genèse de cet album qu’il considère comme le plus fidèle à ce qu’il est musicalement. Il évoque son rapport à la scène, à la pression des attentes extérieures, à la création sans compromis, mais aussi le rôle inattendu qu’a joué sa chaîne YouTube dans sa renaissance artistique. Entre réflexions très lucides sur la notion de succès, humour spontané et philosophie du “moment présent”, il livre un échange à la fois profond, accessible et souvent surprenant, à l’image de son parcours atypique.
Un artiste en mouvement constant, qui préfère aujourd’hui le chemin parcouru aux destinations figées, et qui revendique une chose simple : faire de la musique qu’il aime, avant tout.
Salut, merci de m'accorder cette interview. Donc évidemment, on va parler de l’album Bad Bones, que j’ai absolument adoré ! Il est fantastique.
Erik Grönwall : Oh, merci.
Je l’ai tellement aimé, sincèrement ! Tu as toujours été assez ouvert sur beaucoup de sujets, y compris des sujets difficiles. Est-ce que tu as l’impression que cette carrière solo et cet album sont aussi une nouvelle manière de t’ouvrir aux fans ?
Absolument. C’était même l’une des choses dont on a parlé avant d’écrire l’album : chaque chanson devait raconter une histoire. Et on voulait que ce soit transparent et honnête. Donc chaque morceau… j’ai l’impression d’avoir énormément de choses à raconter et sur lesquelles écrire. Tout ça vient principalement des cinq dernières années, qui ont été des années très intenses. Je suis content que tu soulèves ça, parce que c’est vraiment quelque chose qu’on voulait transmettre avec cet album.
Si cet album était un reflet de toi dans un miroir, qu’est-ce que les fans verraient qu’ils n’avaient encore jamais vu ?
C’est une très bonne question, en fait. Si tu me suis depuis longtemps, tu as déjà vu différentes facettes. Quand j’ai commencé à écrire l'album, je voulais répondre à la question : qui est vraiment Erik Grönwall ? Je voulais me trouver musicalement. Donc ça, c’est l’un des aspects importants : cet album, c’est moi à 100 %. Je n’ai jamais été aussi fier d’un album que de celui-là. Parce qu’on a vraiment pris le temps de… On n’a laissé aucune chanson “juste correcte” finir sur l’album. Chaque morceau devait donner cette impression de : “Oui, ça pourrait être un single potentiel !” En tout cas, c’était l’intention. Je ne pense pas que les fans aient déjà vraiment entendu qui je suis musicalement à 100 %, parce que j’ai toujours construit ma carrière au sein de différents groupes. Et j’ai adoré presque chaque seconde. Mais dans un groupe, c’est un effort collectif. Parfois tu te retrouves avec une chanson qui n’est pas forcément ta préférée personnellement. Alors que là, ce sont toutes mes favorites. Et puis je pense aussi que quand j’écris de la musique, j’aime que les gens puissent y ajouter leur propre interprétation et leur propre vérité. Donc j’aime laisser une certaine ouverture dans les chansons. Mais évidemment, moi je sais exactement ce que chacune signifie pour moi.
Tu disais que toutes les chansons sont tes favorites. Mais si tu devais vraiment en choisir une seule… Pou moi c’est très difficile, parce que je les aime toutes. Elles sont incroyables. Mais si je devais vraiment choisir, ce serait peut-être "Hell & Back", je pense.
Oh, ouais !!! C’est la plus heavy. Je l’aime beaucoup aussi. C’était aussi l’une des chansons qu’on a écrites lors de notre première session ensemble. Mais à la base elle sonnait… En fait, elle a commencé avec… [il fredonne] Tu vois cette partie orchestrale ? Ça commençait par ça avant. C’était l’intro, puis on a réarrangé un peu le morceau. Bref, c’est une bonne chanson. Je pense que ma favorite du moment, c’est "Praying for a Miracle". J’ai l’impression qu’elle raconte vraiment une histoire. C’est assez répétitif… [il rechante] Le même riff pendant toute la chanson. Mais j’aime beaucoup le résultat final. Donc oui, c’est l’une de mes favorites. Et "Who’s the Winner" aussi.
Tu dis que tu ne suis pas les normes. Selon toi, quelle est la chose la plus atypique que tu aies faite dans toute ta carrière ?
Waouh. Très bonne question. Il faut que je réfléchisse à celle-là. [Rires] En fait… peut-être la chaîne YouTube. Parce que je n’ai aucune idée de comment j’ai fini par devenir YouTuber. [Rires] Enfin si, je sais comment ça a commencé. J’étais malade et je savais que j’avais besoin de chanter. Juste sortir de la musique, la diffuser dans le monde. Parce que j’adore chanter, et ça me faisait du bien au milieu de tout le chaos que je traversais. Alors j’ai commencé à uploader des chansons que j’écoutais quand j’étais plus jeune. Des morceaux que j’adorais, comme "Headless Cross". C’était la première chanson. Et ensuite, d’une manière ou d’une autre, ça s’est transformé en énorme chaîne YouTube. Et j’étais là : “Ok, c’est fun.” Puis j’ai commencé à tester plein de trucs différents sur la chaîne. Et ensuite on a trouvé ce qu’on appelait “la recette”. Comme "House of the Rising Sun" par exemple : on l’a rendue plus sombre, plus mystérieuse, je suppose. Et ça, je ne l’avais pas vu venir. Et c’est d’ailleurs pour ça qu’on a cet album aujourd’hui. Parce qu’à un moment, je me suis dit : “Pourquoi je ne mettrais pas aussi de la musique originale sur la chaîne ?” Juste pour la publier, comme ça. Puis, quand on a écrit "Bad Bones" et que je l’ai écoutée, je me suis dit : “Il me faut une meilleure stratégie. Je ne peux pas juste balancer ça sur YouTube.” Je voulais faire les choses correctement. Faire un vrai album. Donc c’est vraiment de là que tout est parti. Mais je ne l’avais absolument pas anticipé.
J’allais justement parler de YouTube plus tard, mais puisque tu l’évoques, je vais continuer là-dessus. Est-ce que tu prends toujours autant de plaisir qu’au tout début de la chaîne ?
Oui. Je pense qu’aujourd’hui je me concentre surtout sur les vidéos originales. Parce que j’ai ce projet : je veux que chaque chanson de l’album ait un clip. Normalement les groupes font des vidéos uniquement pour les singles. Mais moi je veux le faire pour tout l’album. Chaque chanson doit avoir une vidéo différente. Donc je m’amuse énormément. Je peux être super créatif. Je peux faire tout ce que je veux. Et ça, j’adore. Il y a tellement de liberté et de pouvoir ! [il prend une grosse voix et rit] Mais j’ai aussi essayé tellement de trucs sur cette chaîne. J’ai fait des vlogs pendant un moment. J’avais cette idée… J’ai une roue de loterie ici. Et on faisait un concept avec cette roue où j’écrivais des chansons spontanément, on va dire. Et ça aussi, ça a marqué le retour de mon envie d’écrire ma propre musique. Parce que j’avais l’impression d’avoir perdu l’amour et la passion de composer. Et d’une certaine façon, le fait de pouvoir le faire davantage à ma manière… via YouTube… c’était très libérateur. Avoir cette liberté. C’est là que j’ai retrouvé l’amour de l’écriture musicale. Donc oui… maintenant je réfléchis davantage avant de poster quelque chose. Au début c’était juste : “Je veux essayer ça. Je veux essayer ça.”
Du coup, j’imagine qu’il y aura un peu moins de reprises maintenant que tu te concentres sur ton album.
Oui. Enfin, je vais être très sélectif sur les chansons que je fais. Mais j’aime toujours m’exprimer. J’adore chanter. C’est principalement ce que je fais. Donc il y aura sûrement encore quelques reprises de temps en temps. Peut-être vers août ou septembre, on fera quelque chose. Mais là, l’accent est surtout mis sur les morceaux originaux.
Qu’est-ce qui te rend le plus vulnérable : chanter une reprise ou chanter l’une de tes propres chansons ?
Mes propres chansons ! Il n’y a même pas de comparaison. C’est tellement plus puissant et émotionnel de voir sa propre musique, son propre travail, bien fonctionner. La passion et l’amour que j’ai pour la musique… enfin, je ressens forcément quelque chose de plus fort pour mon propre matériel. C’est comme mon bébé. Mais comme je l’ai dit, j’adore chanter. Donc je fais aussi ça occasionnellement. Mais voir quelque chose dans lequel tu as investi autant de temps être bien accueilli… cette sensation est imbattable.
Et quelle reprise t’a le plus surpris toi-même ? Peut-être une chanson que tu n’aurais jamais imaginé faire...
Toutes les reprises ! [il éclate de rire] Toutes les chansons de la chaîne. "All by Myself", "I Will Always Love You"… Je ne sais même pas pourquoi j’ai fait ces chansons. C’était un défi amusant. Et à cette époque, j’étais dans un état d’esprit où je voulais me mettre des défis. J’aime ça. Et je pense que Jona, le gars avec qui j’ai joué dans H.E.A.T. pendant longtemps, qui est aussi mon meilleur ami et qui gère tout pour la chaîne YouTube, m’a dit : “Tu devrais faire I Will Always Love You, c’est un défi vocal amusant.” [Rires] Et je le déteste pour ça ! Non, pas vraiment. Mais c’était l’une de ces chansons où je me disais : “Je ne peux pas sortir ça.” Parce que j’ai énormément de respect pour les versions de Whitney Houston et de Dolly Parton. Donc je ne voulais pas la publier. Et Jona m’a "forcé". "House of the Rising Sun", je n’étais pas vraiment sûr non plus. L’idée de départ, c’était de faire quelque chose sur le thème d’Halloween parce qu’on l’a sortie à cette période-là. Donc on voulait quelque chose d’un peu effrayant. Et ensuite c’est devenu cette fameuse “recette” dont je parlais. On a fait pareil avec "Black Velvet" et d’autres morceaux. Il s’est passé quelque chose avec ces chansons et ces vidéos auquel les gens se sont vraiment connectés. YouTube n’a jamais vraiment été un grand objectif pour moi. [Rires] J’avais juste une chaîne où je postais des morceaux que j’aimais faire. Et maintenant quand je regarde certaines vidéos, je me demande : “Mais pourquoi j’ai sorti cette chanson ?!” [Rires] Mais évidemment, j’en suis très heureux.
Alors je dois avouer que grâce à toi, j’ai maintenant une nouvelle tradition de Noël... Parce que pendant des années, j’avais pour tradition d’écouter chaque année "O Helga Natt", la version de Carola.
Oh, ok ! La version suédoise !
Et maintenant, c’est devenu ta version !
[Il pousse un grand cri] Oui !!! Voilà ! Fini Carola maintenant !!! [Rires]
Même si c’est une chanteuse merveilleuse !
C’est l’une des chanteuses les plus respectées ici en Suède. Donc oui, on l’adore. C’est une grande chanteuse. Elle fait ça depuis très longtemps. J’ai énormément de respect pour elle. Mais merci, j’apprécie beaucoup !
Je sais que les Suédois sont très attachés à Noël. Est-ce aussi ton cas ?
Maintenant que j’ai un fils, oui. Mais avant ça, honnêtement, je m’en fichais un peu. J’ai grandi avec des parents divorcés, donc Noël c’était surtout de l’anxiété. Genre : “Avec qui je vais passer Noël ?” “Oui, mais lui va se retrouver seul”, “elle va être seule”, etc. Donc pour moi, j’avais surtout l’impression que personne n’était vraiment heureux à Noël. Tout le monde était juste stressé.
C’est sûrement à cause du temps en Suède. Moi aussi je serais stressée ! [Rires]
[Rires] Oui, je ne sais pas. Tout le monde avait juste l’air triste. Genre : “Ok, ils font la fête ensemble mais…” je ne sais pas. Mais voir la joie dans les yeux de mon fils… Et il croit encore au Père Noël et tout ça. Donc j’adore pouvoir revivre ça. Je pense que c’est ça le plus beau quand on a des enfants : on redécouvre tout une deuxième fois, comme si c’était la première. Et maintenant ça va. Je ne déteste plus Noël. [Rires]
Pour revenir à l’album : est-ce qu’il y a une chanson en particulier qui t’a donné l’impression de sortir de ta zone de confort ?
Oui, peut-être. Enfin… honnêtement, j’ai aimé chaque chanson. Et j’aime être en dehors de ma zone de confort. Mais je dirais que "Who’s the Winner" ressort un peu. J’ai grandi en adorant les ambiances années 50, années 60. Et cette chanson a ce côté Queen des années 70. En fait, je ne pense pas avoir vraiment ressenti ça pendant le processus de création. Mais oui, "Who’s the Winner" ressort un peu du reste de l’album. Et je trouve ça cool.
C’est une chanson magnifique. C’est celle où ta voix ressort le plus selon moi. Je l’ai énormément aimée. Elle faisait partie de mes favorites.
Génial, merci beaucoup.
Tu parlais de liberté tout à l’heure. Tu as été le frontman de plusieurs grands groupes. Et maintenant, être en solo… enfin, pas totalement seul non plus… mais être un artiste solo maintenant, est-ce que c’est plus libérateur ou plus intimidant ?
Je dirais les deux, d’une certaine manière. Mais je suis aussi arrivé à un stade de ma vie où je me fiche juste des opinions. Je n’ai plus le temps pour les opinions. Tout le monde a une opinion. Et voici une vérité difficile : la seule personne qui se soucie vraiment de ton opinion… c’est toi. Parce que tout le monde est déjà occupé à exprimer la sienne. Donc j’ai résolu cette équation en décidant simplement que je m’en fichais. Je me sens confiant dans ce que je fais parce que j’aime le processus. Et si je sortais un album en essayant de deviner ce que les gens attendent de moi, puis que ça ne marchait pas, je me sentirais vraiment mal. Mais si je sors quelque chose auquel je crois profondément et que les gens n’aiment pas… ce n’est pas grave. Vraiment. Bon, après, c’est peut-être compliqué de vivre de la musique si les gens n’écoutent pas. [Rires] Mais malgré tout, ça doit partir de moi. Je dois faire ça pour moi avant tout. Mais évidemment, je reste humain. Donc il y a aussi des moments où je me demande : “Est-ce que ça marche ? Est-ce que les gens aiment ?” Bien sûr. J’ai des sentiments contradictoires parfois, parce que je suis humain. Mais la plupart du temps je suis surtout dans : “J’adore ce que je fais, je le sors et je m’en fiche.” Et oui, c’est aussi très… c'était quoi l'autre mor ? Libérateur ! Parce que je suis le dictateur. [Rires] Donc je peux tout décider. J’aime être dans des groupes. Et j’aime le processus démocratique qui va avec, je le respecte. Mais c’est aussi très agréable de pouvoir juste dire : “Non.” Et c’est non. Ou : “Oui.” Et c’est oui. Tu n’as pas besoin de débattre de tout. Évidemment tu consultes les gens, tu respectes les personnes avec qui tu travailles. Mais à la fin, c’est ta décision. Et moi, ça me plaît. Je sais que certaines personnes n’aimeraient pas ça. Mais moi, si.
Si tu pouvais remonter le temps et rencontrer le jeune Erik qui débutait dans la musique… et lui faire écouter cet album… qu’est-ce que tu crois qu’il en penserait ?
Je pense que le Erik qui a pris une guitare pour la première fois dirait : “Pourquoi tu fais du rock ?!” [Rires] “C’est trop dur !” Parce que quand j’ai commencé, j’ai pris une guitare pour la première fois à cause d’Elvis, Elvis Presley. Et je ne connaissais quasiment rien à l’industrie musicale ni à tout ce qui existait. J’ai découvert tout ça surtout au lycée. C’est là que j’ai commencé à écouter tous ces groupes. Et à cette époque-là, je ne savais même pas encore que j’allais devenir chanteur. Donc je pense que je dirais surtout : “Pourquoi tu chantes ?!” [Rires] Parce que je pensais devenir guitariste. Et puis… c’est ça le problème avec les objectifs. Tu t’en fixes un, et au final tu réalises à peine quand tu l’atteins. Je ne suis même pas sûr que les objectifs soient ce qu’il y a de mieux. Je pense que le vrai objectif devrait être de faire quelque chose que tu aimes tellement faire… que tu ne te préoccupes même plus vraiment de l’endroit où ça va te mener. Tu dois aimer le voyage. Parce qu’à chaque fois que j’ai atteint un objectif… Par exemple, quand j’étais plus jeune, je voulais devenir le chanteur d’un groupe de rock célèbre. Et j’ai eu la chance de faire plusieurs groupes. J’avais aussi dit que je voulais tourner aux États-Unis, et Skid Row a rendu ça possible. Et une fois là-bas, c’était : “Ok. Et maintenant ?” Tu ne célèbres même pas vraiment le but atteint, parce que tu es déjà en train de courir vers le suivant. Donc je pense que c’est tellement important, peu importe ce que tu fais, de simplement apprécier le processus. Il faut aimer le voyage. Et je crois qu’aujourd’hui… j’en suis enfin là. J’apprécie le voyage. Quelqu’un m’a demandé récemment : “Quel est ton objectif maintenant ? Qu’est-ce que tu veux accomplir ?” Je ne sais pas ! Je veux juste faire de la musique que j’aime. Et essayer de vivre le plus possible dans le présent. Ça sonne cliché, mais c’est tellement important. Oui… je ne sais même pas si j’ai répondu à ta question. Il y a eu pas mal de réflexion, là ! [Rires]
Oui, complètement. Alors il y a quelques concerts qui arrivent, ce qui est d’ailleurs assez frustrant pour moi parce que je ne suis ni en Suède ni en Finlande… [Rires]
Oh oui, je sais !
Est-ce qu’il y aura peut-être une autre tournée après ça, dans d’autres pays ? Ou est-ce que je suis obligée de venir en Suède et en Finlande ?
Non, tu n’es pas obligée ! [Rires] Pour l’instant on n’a pas encore d’autres dates, mais c’est clairement le plan : partir en tournée européenne et faire davantage de pays. On commence par la Suède en mai. Ensuite il y a les dates de juillet. Un concert en Finlande en juin, comme tu l’as mentionné. Après ça, je vais continuer à écrire. Et mes agents étudient différentes possibilités. On va avancer étape par étape. Mais oui, je veux tourner.
Eh bien j’espère, sinon je vais devoir venir en Suède. Même si en réalité c’est toujours un plaisir de venir en Suède… en été en tout cas !
[Rires] Oui, exactement !
Quand tu es sur scène, quel est ton moment préféré ? Juste avant ? Pendant le concert ? Juste après ?
Je pense que c’est à la fois avant le concert… quand quelque chose prend le dessus à l’intérieur de toi et que tu te transformes en une autre personne. Tu veux juste monter sur scène et devenir un dictateur qui contrôle tout le monde. [Rires] C’est une sensation géniale. Je ne pourrais jamais être politicien parce que j’aime trop le pouvoir. [Rires] C’est pour ça qu’on ne me laisse que 60 à 90 minutes sur scène ! Et puis parfois… tu finis par être complètement dans le moment présent avec le public. Je me souviens particulièrement du Budokan avec Michael Schenker. C’était un de ces moments-là. Et je pense que ça avait beaucoup à voir avec le fait que les téléphones étaient interdits pendant ce concert. Du coup il y avait cette connexion incroyable avec le public. Tout le monde était vraiment dans l’instant. Et je me suis rendu compte que ça me manquait. Pendant la majeure partie de ma carrière, les gens ont évidemment utilisé leurs téléphones. Mais quand j’ai commencé, ce n’était pas autant le cas. En 2010, il n’y avait pas Instagram, pas TikTok, on avait essentiellement Facebook. Et les téléphones n’étaient pas aussi performants. Donc j’ai eu la chance de connaître un peu cette époque-là. Et cette connexion-là est magique. J’adore ces moments sur scène où je suis juste là… [il ouvre les bras, ferme les yeux et souffle] Je ne pense plus à la chanson suivante. Je suis juste ici, maintenant, avec vous. Et ça… c’est probablement la meilleure sensation au monde.
Je comprends parfaitement ce que tu dis à propos des téléphones. Même du point de vue du public, parfois c’est horrible : on ne voit plus qu’une mer d’écrans et des gens qui filment tout le concert.
Oui, je sais. Et je ressens la même chose. Après, je comprends aussi que les gens aient envie de garder des souvenirs… Mais je me dis parfois qu’on pourrait peut-être trouver un compromis avec les fans. Parce qu’on a déjà les photographes de presse qui travaillent généralement pendant les trois premières chansons. Donc peut-être qu’on pourrait dire : “Ok, filmez les trois premiers morceaux, puis ensuite on se concentre les uns sur les autres.” Je ne sais pas. J’y ai pensé en tout cas.
Est-ce que tu as déjà une idée de ce à quoi ressembleront les futurs concerts ?
Les concerts ? Oui, il y aura du matériel original, mélangé avec certaines des chansons les plus virales de ma chaîne YouTube. Donc ce sera un mélange des deux.
Si tu pouvais inviter n’importe quel artiste, vivant ou mort, à chanter une chanson avec toi sur scène, qui choisirais-tu ?
La première personne qui m’est venue en tête… mais là je me rends compte que j’aurais été terrifié et que je n’aurais jamais voulu chanter à côté de lui… Ce serait Freddie Mercury. Je ne sais même pas pourquoi j’ai répondu ça, parce qu’en réalité je ne le ferais pas, il était trop fort ! [Rires] Mais Queen, c’est… je pense qu’ils avaient tout. Tout le monde savait chanter, tout le monde savait écrire des chansons, excellent groupe, excellents concerts, frontman incroyable, chanteur incroyable. Ils avaient tout. Donc pour moi, ils sont complets.
Est-ce qu’il y a une chanson de ta carrière que tu aimerais complètement réécrire aujourd’hui ?
Dans ma carrière ? Oui, il y a une chanson sur mon… je ne vais pas dire “premier album solo”, parce que j’ai l’impression que tout commence maintenant. Ce que j’ai fait après[Swedish] Idol, c’était un peu différent. Ça ressemblait plus à quelque chose que j’ai fait après l’émission. Mais il y a une chanson sur cet album (Somewhere Between a Rock and a Hard Place) qui s’appelle "Take Me On", écrite par Joey Tempest. Et je pense que c’est une très bonne chanson… mais la production et ma façon de l’interpréter ne sont pas ce que je ferais aujourd’hui. Elle a tellement plus de potentiel. Vraiment. J’avais même pensé la réenregistrer pour cet album, mais ça n’avait pas vraiment de sens au final. Mais oui, c’est une de ces chansons que j’aimerais vraiment emmener avec moi et refaire autrement plus tard.
Et est-ce qu’il y a un moment sur scène dans ta carrière qui a été particulièrement difficile ? Problème technique, imprévus… quelque chose qui a mal tourné ?
Oui… en fait, tout tourne toujours mal ! [Rires] Rien ne se passe jamais comme prévu. On a eu une fois la sono (le PA) qui est tombée en panne devant 60 000 fans de rock au Chili. On jouait avec Kiss, Deep Purple, Helloween. C'était avec Skid Row… On était sur "I Remember You" et d’un coup, plus de son dans la salle. Mais nous, on ne s’en est même pas rendu compte parce qu’on avait le son dans nos ears. Donc là tu es sur scène et tu te dis : “Ok… comment je gère ça ?” Il y a toujours des problèmes à résoudre en live. Et puis parfois… quand je tournais avec Skid Row, à l’époque où mon système immunitaire était encore en construction, j’ai chopé plein de trucs en tournée. Donc chanter les morceaux de Skid Row quand tu es enrhumé… c’est pas fun. [Rires] C’est dur. Mais des trucs comme ça arrivent tout le temps. Quand j’ai fait Jesus Christ Superstar aux États-Unis, le metteur en scène disait : “Si rien ne se passe mal, c’est qu’il y a un problème.” [Rires] On s'apprêtait à monter sur scène et il nous disait : “Tout va partir en vrille. Acceptez-le. Ne luttez pas contre. Et surtout : de l'amour, de l'amour, et encore de l'amour.” Et moi j’étais là : “ok… c’est un peu cucul…” Mais aujourd’hui je comprends totalement ce qu’il voulait dire. Parce que si tu acceptes la situation, si tu ne luttes pas contre elle, si tu restes dans le moment… même quand un truc part en vrille… tu peux toujours gérer. Tu peux regarder quelqu’un dans le public, sourire, et dire : “Ok… bon… ça a foiré.” [Rires] Et finalement tout va bien. Tu peux gérer n’importe quoi si tu te dis juste : “Ok, voilà la situation. Qu’est-ce que je fais maintenant ?”
Je pense que c’est la conclusion parfaite pour cette interview ! Il ne me reste plus qu’à vérifier les billets d’avion pour la Suède ! [Rires]
Oui, ça me semble parfait ! [Rires]
Merci beaucoup !
Merci à toi ! Passe un excellent week-end !
_________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________
[ENGLISH VERSION]
Hi, thank you for having me. So, of course, we will talk about the album, Bad Bones, that I absolutely loved. It's fantastic.
Erik Grönwall: Oh, thank you.
I loved it so much! You have always been quite open on a lot of subjects, including difficult ones. Do you feel like that solo career and that album are additional ways to open up to the fans?
Absolutely. That was one of the things we talked about before writing the album, that every song has to tell a story. And we wanted it to be transparent and honest. So, every song, I feel like I have a lot to talk about and write about. So, it's mostly from the last five years, which has been very intense years. I'm glad that you brought that up, because it's one of those things that we really wanted the album to be.
If that album was a reflection of you in the mirror, what do you think fans would see that they have not seen before?
That's a very good question, actually. If you've followed me for a long time, you've seen all the different sides that I have. The whole album is... When I started writing the album, I wanted to answer the question, who the fuck is Erik Grönwall? I wanted to find myself musically. So, that's one of the things, that this is me 100%. I've never been prouder of an album than I am with this one. Because we really took the time to... We didn't let any song that felt “okay” end up on the album. Every song had to feel like: yes, that could be a potential single! At least, that was the intention with it. I don't think fans have really heard who I am 100% musically yet, because I've always built my career in different bands. And I've loved almost every second of it. But it's a team effort. Sometimes you might end up with a song that might not be your personal favorite. But these are all my personal favorites. So, that's one of the things. I also think that when I write music, I want people to be able to add their own interpretation and truth to it. So, I like to keep it a bit open for interpretation when you listen to the songs. But I obviously know what each song means to me.
So, you said all the songs are your personal favorites. But if you had to choose just one... For me, it's really difficult, because I really love all of them. They're crazy good. But maybe, if I really had to choose, it would be Hell & Back, I guess.
Oh, yeah!!! That's the heavier one. I like that one too. That was also one of the songs we wrote the first time we wrote together. But it sounded... It actually started with... [he starts singing] You know, that orchestra part. It started with that before. That was the intro, but then we rearranged it a bit. Anyways, that's a good song. I think my personal favorite right now is Praying for a Miracle. It's like it tells a story. It's pretty repetitive [he sings again] Same riff the whole song. But I kind of like how it ended up. So, that's one of my favorites. And Who's the Winner.
You say you don’t follow the norm. To you, what's the most unconventional thing you did in your whole career?
Wow. That's a very good question. I need to think about that one, actually. [laughs] Actually, maybe the YouTube channel. Because I have no idea how I ended up being a YouTuber. [laughs] I actually know how it started. I was sick, and I knew I had to sing. To just put music out there. Because I love singing, so it made me feel good. In the middle of all the chaos that I was going through. And then I just started uploading songs I listened to when I was younger. And songs I loved, like "Headless Cross". That was the first song. And then it somehow just turned into this big YouTube channel. And I was like, okay, this is fun. And then I started doing a bunch of different shit on the channel. And then we found what we called the recipe. Like House of the Rising Sun, for instance : we make it darker, a bit more mysterious, I guess. And I did not see that coming. And that's actually why we ended up with this album today. Because I was like, why don't I just put up original music as well on the channel. And just throw it out there. And then when we wrote "Bad Bones", and I listened to it, I was like : I need a better strategy. I can't just upload this to YouTube and throw it out there. I want to do it properly. I want to do an album. So that was actually the starting point. But I did not see that coming.
I was going to talk about YouTube later, but since you brought that up, I'll go on with it. Are you still having as much fun as you were at the very beginning of the channel?
Yeah. I think now I'm just mainly focused on the original videos. Because I have a plan that I want every song on the album to have a video. Which is normally bands and artists just do videos for the singles. But I want to do it for the whole album. Every song should have a different video. So I'm having a lot of fun. I can be so creative. I can do whatever I want. And I like that. It's so much freedom and power [he makes a loud voice and laughs]. But I've also tried so much shit on that channel. I did vlogs on the channel for a while. I had this idea that... I have a prize wheel here. And we did a prize wheel thing where I write songs spontaneously, I guess. That was also the start to writing my own music again. Because I feel like I had lost the love and passion for writing music. And somehow when I got to do it more the way I want to do it. Through YouTube and just like... It was very liberating in a way. To have that freedom. That's when I found the love for writing music again. So, yeah. I guess I'm a bit more... I think twice before I upload something now. In the beginning it was just like... I want to try this. I want to try that.
So I suppose there's going to be a little bit less covers now that you're focusing on your album.
Yeah. I mean, I'm going to be very picky with the songs I do. But I still like expressing myself. I love singing. That's mainly what I do. So I sing stuff. So I might do a rendition here and there of a certain song. And I think maybe around August or September. Maybe do something. But now it's just mainly focused on the originals.
What makes you feel more vulnerable? Singing a cover or singing one of your own songs?
Oh, my own songs! You can't compare. It's so much more powerful and emotional seeing your own music, your own work do well. The passion and my love for music... I mean, I feel more love for my own material. It's like my baby. But I also... Like I said, I love singing. So I also do that occasionally. But seeing something you've spent so much time creating do well and get received well, you can't beat that feeling.
And what's the cover that maybe surprised you the most, that maybe you didn't think you would do something like that?
Every cover! [laughs] Every song on the channel. "All by Myself", "I will Always Love you"... I don't even know why I did those songs. It was a fun challenge. And at the time, I was like: I want to challenge myself! I like challenging myself. And I think Jona, the guy I played with in H.E.A.T. for a long time, and he's my best friend and he does everything for the YouTube channel. He was like : you should do "I will Always Love you", it's a fun vocal challenge. [laughs] And I hate him for it! No, I don't. But it's one of those songs I was like : I can't release this. Because I have so much respect for Whitney Houston's version and Dolly Parton’s. So I was like : I'm not going to release this. And Jona forced me to. "House of the Rising Sun", I wasn't really sure. The idea behind that was to do a Halloween theme because we released it around Halloween. So we wanted it to be spooky. And then that became the recipe that I was talking about. So we did that with "Black Velvet" and other songs. Something happened with those songs and videos that people really connected with. YouTube was never really a big thing for me. [laughs] I had a channel and I just released songs that I enjoyed doing. And now when I look at it, I'm like : why did I release that song? [laughs] But I'm very happy about it, obviously.

So I must confess, I now have a new Christmas tradition thanks to you. Because for I don't know how many years, I had a tradition that every year I would listen to "O Helga Natt", the Carola version.
Oh, okay! Oh wow, the Swedish version!
And now, it's become your version!
Yes!!! There you go. Carola no more!!! [laughs]
Even though she's a wonderful singer!
She's one of the most respected singers here in Sweden. So we love her. She's a great singer. She's been doing this for a long time. I have a lot of respect for her. But I appreciate that. Thank you!
I know that Swedes are really big on Christmas. Is it also your case?
Now that I have a son, yes. But before that, I didn't care much about it, to be honest. I grew up with divorced parents. So it was just more anxiety around Christmas. Like, who am I going to spend Christmas with? Oh, but then he's going to be alone or she's going to be, you know. So for me, it's just, it seems like no one is really happy around Christmas. Everybody's just stressed.
That's probably because of the weather in Sweden. Because I would be stressed too!
[laughs] Yeah, I don't know. Everybody just seemed miserable. Like, okay, they're celebrating together, but… I don't know. But seeing the joy in my son's eyes. And he still believes in Santa and everything. So, you know, I just love getting to experience that again. Because I think that's the coolest thing about having kids. Is that you get to experience everything again, the first time, you know. But it's okay now. I don't hate it. [laughs]
So, back to the album. Is there one song in particular that made you feel like you were going out of your comfort zone?
Yeah, I guess. I mean, it's all right. I've loved every song, actually. And I like being outside of my comfort zone. But I guess, Who's the Winner stands out a bit. I grew up, loving the kind of 50s, 60s vibe. And it has this Queen 70s vibe. Actually, I don't think I felt like that any time during the process. Maybe that I feel that Who's the Winner stands out a bit on the album. But I think that's cool.
It's a wonderful song. It's the one where your voice stands out the most. I really enjoyed it. It was amongst my favorites.
Awesome. Thank you.
So, you talked about freedom before. And you've been the frontman for several big bands. And being by yourself, well, by yourself, not really… but being a solo act now, is it more liberating or is it more intimidating?
I guess both, in a way. But I'm also at a point in life where I just don't care about opinions. I have no time for opinions. Everybody's got an opinion. And here's the truth – it's a hard truth : the only one who cares about your opinion is you. Because everybody is busy expressing their own opinions. So it's a good system. I've solved this equation by just saying that I don't care. I feel confident in what I'm doing because I enjoy the process of doing it. And if I put out an album trying to guess what people want me to do and it doesn't do well, I would feel like shit. But if I put out something that I believe in and that people may not like, that's okay. That's actually okay. Maybe it's hard to make a living doing music if people don't listen. [laughs] But at the same time, I have to do this for myself. It has to start with me. But obviously, I'm also human. So I also have moments where I'm like, how is this doing? Is it doing well? Do people like it? Obviously. I actually have mixed feelings, because I'm also human. But mainly I'm like : I love this, and I'm just going to put it out there and I don't care. But it's also… what was the other word? Liberating. Yes. I'm the dictator. [laughs] So I can decide everything. I like being in bands. And I like and respect the democratic process of it. But it's also very nice to be able to just say, no, and that's a no. Or yes, and that's a yes. You don't have to discuss everything. Obviously, you consult people, you respect people that you work with. But in the end, it's your decision. And I like that. And I know some people who don't like that. But I do.
If you could go back in time and meet the young Erik that was just starting in music. And if you could make him listen to the album, what do you think he would think of it?
I think the Erik that picked up the guitar the first time would say, why do you do rock music? I mean, this is too hard. Because when I started, I picked up the guitar the first time because of Elvis, Elvis Presley. And I didn't know much at all about the music industry or what was out there. I found out in high school, basically. I started listening to all these bands. That's when I didn't even know I was going to be a singer. So I would probably say, why are you singing? [laughs] Because I thought I was going to be a guitarist. And I think I would be... See, that's the thing about goals. You set a goal and you barely realize when you reach the goal. I'm not sure if goals are the best thing. I think the goal should be to do something where you enjoy doing it so much that you don't really care about where you end up in a way. Does that make sense? Just for the sheer love of doing it. You got to love the journey. Because every time I've reached a goal… as an example, when I was younger, I wanted to become the singer of a famous rock band. And I got to do many bands. I also said I wanted to tour the States and Skid Row made that happen. And when I was there, it was like : okay, next. What's next? It's like you don't really celebrate the goal because you're already on trying to achieve the next one. So I think it's so important, whatever you're doing, to just enjoy the process of doing it. You got to love the journey. And I think, looking back now, that I'm there now. I'm enjoying the journey. Someone asked me, what's your goal? What do you want to achieve now? I don't know! I want to make music that I love, basically. And just try to live in the present as much as possible, which sounds like a cliché, but it's so important. Yeah, I don't know if I answered your question. A lot of reflection here! [laughs]
Yeah, sure. So there's a few lives that are coming up, which is, I should say, quite disappointing for me because I'm not in Sweden, nor in Finland… [Rires]
Oh, yeah, I know!
Do you think there's going to be another tour after that that will maybe go to different places? Or do I have to go to Sweden and Finland?
No, you don't have to! [laughs] We don't have any dates as of now, but that's absolutely the plan to go out on a European tour and do more countries. But we're starting in Sweden in May. We're doing the July dates. One show in Finland in June, like you mentioned. But after that, I'm going to keep writing and I've got booking agents looking into different possibilities. And we'll take it step by step. But I want to go out and tour.
Well, I hope so. Otherwise, I'll have to come to Sweden. But it's always a pleasure to come to Sweden… in summer anyway!
[laughs] Yeah, exactly!
So when you're on stage, what's your favorite moment? Is it just before? Is it during the show? Is it just after the show?
I guess it's both before the show, when something inside of you just takes over and you turn into this other person. And you just want to go out there and be a dictator and control everyone. [laughs] That's a good feeling. I could never be a politician because I enjoy the power too much. [laughs] That's why they only give me 60-90 minutes on stage! And then I guess, you know, sometimes you end up really, really in the now with the crowd. And I felt like when I did Budokan with Michael Schenker, that was one of those moments. And I also think that has a lot to do with there were no phones allowed at that show. So you had this amazing connection with the audience. Everybody was really in the moment. And I realized I missed that. I mean, most of my career, people have been using phones, obviously. But when I started, it wasn't as much. In 2010, we didn't have Instagram, we didn't have TikTok, we pretty much only had Facebook. And the phones weren't that good. So I kind of got to experience that a little bit. And that's magical, having that connection. So I love when I end up in that state on stage where I'm just like [he opens his arms, closes his eyes and breathes]. I'm not thinking about the next song. I'm just here, now, with you guys. And that's actually the best feeling in the world.
I have no problem understanding what you're saying about the phones because as just a part of the audience, sometimes it's horrible because all I see is a sea of screens and people that record the whole show. Sometimes it's horrible.
Yeah, I know. And I feel the same way. I also get that people want... But I've been thinking maybe you can come to some sort of agreement with the fans because we have press photographers and they usually do the first three songs. So maybe we can come to like, don't have to say that they can't bring their phones, but maybe more like : okay, let's do the first three songs and then we focus on each other. I don't know. I've been thinking about that at least.
Do you already have an idea of what the future shows will look like?
The shows? Yeah, it will be original material with some of the most viral YouTube songs. So it's a combination.
If you could invite any artist living or dead to sing a song with you on stage, who would it be?
The first person that came to mind, but then I realized that I would be terrified and I would never want to sing next to that guy… That would be Freddie Mercury. I don't know why I even said that because I wouldn't do it because he was too good! [laughs] But basically Queen is... I think they had everything. Everybody could sing, everybody could write songs, great band, great shows, great front man, great singer. They had everything. So they're complete in my book.
Is there a song in your career that you would like to rewrite totally differently now?
That I did in my career? There is a song on my... I'm not going to say it's my first solo album because I feel like it's starting now. The things I've done before after [Swedish] Idol felt like just something I did after Idol. But there is a song on that album. The album is called Somewhere Between a Rock and a Hard Place. "Take Me On", which was written by Joey Tempest. And I still think that's a great song, it's just that the production and the way I delivered it is not how I would do it today. I feel like it has so much more potential. But I love that song. So that's one of the songs. I actually thought about doing a re-recording of that and put on this album, but it didn't make sense in the end. But that's one of those songs that I would really like to bring with me moving forward.
And is there a moment on stage in your career that was particularly difficult? I don't know, for technical reasons or something that went wrong?
Yeah, I mean, everything always goes wrong! [laughs] Nothing goes as planned. We had the PA stop working when we played in front of 60,000 rock fans in Chile. We played with Kiss, Deep Purple, Halloween, with Skid Row. And we were doing "I Remember You" and the PA just stopped working. But we didn't hear that because we had the music in our ears. So that's always interesting. Like, okay, how am I going to solve this? It's always problem solving on stage. And then sometimes, you know, when I was out touring with Skid Row and back then my immune system was new, I got a lot of different shit on tour. And so that's, you know, singing the Skid Row songs when you have a cold is not that... It's not fun. [laughs] It's hard.
I can imagine!
But stuff always happens! When I did Jesus Christ Superstar in the States, the director said : “If nothing goes wrong, there’s something really wrong!”. [laughs] We were going live and he was like : “Everything is gonna go wrong, just keep that advice! So don’t let it get to you, cos nothing’s gonna work out!” [laughs] And I like that approach/ And h said : “when in doubt, just love, love, and more love”. And I was like : “ok, that’s a bit cheesy” but now I totally understand what he was saying, because if you just accept the moment, don’t fight it, don’t resist it, realize you’re un that situation, find someone in the audience, look at them, smile and say : “Oh, well that was fucked up”, or whatever, and just embrace it, then everything will work out. It’s gonna be fine. You can handle any situation in life if you just think : “ok, this is what it is now, what can I do?”. So I get what he was saying.
Well, if think this is the perfect conclusion for the interview! So now all I have to do is check the plane tickets for Sweden! [laughs]
Yes, sounds good! [laughs]
Thank you so much!
Thank YOU! Have a great week-end!

Orsola G.
