25/2/2026

Quand BlackRain fait pleuvoir la lumière

BlackRain c'est un sens aigüe du refrain accrocheur, un sens du show flamboyant et plus de vingt ans de passion commune pour le glam metal /sleaze de la grande époque de la scène du Sunset Strip. Ils signent avec Orphans of the Light leur meilleur album.

Un des acquis majeurs de Orphans of the Light est indéniablement sa production. Mixé et masterisé par Hannes (chanteur de Kissin’ Dynamite), le son de l’album allie puissance et finesse : un véritable travail d’orfèvre dans l’équilibre des textures sonores. Car BlackRain a vraiment cherché à élargir son spectre musical. Si le glam metal reste au centre de l’album, on notera des clins d’oeils au rock des années 70.

On retiendra sur Dreams le gimmick guitaristique évoquant l’esprit de Bohemian Rhapsody. La texture sonore se teinte parfois de nuances symphoniques, notamment lorsque le piano démarre sur Orphans of the Light et je ne sais comment vous dire, mais il y a quelque chose qui me fait penser à un western dans Chasing the Feeling. Peut-être ce clavier qui sonne comme un orgue hammond et cette manière incantatoire mélancolique de chanter le coupelet. Mais j’y reviendrai plus tard car ce titre est incontournable.

L’arrivée du nouveau guitariste Jerem G apporte un renouveau indéniable avec des riffs solides et des solis virtuoses et mélodiques. Il suffit d’écouter le titre instrumental Résurrection d’1 :30 min pour s’en convaincre. L’attaque orientalisante se mue rapidement en cavalcade guitaristique pour notre plus grand bonheur. Du grand art.  

Il nous faut aussi absolument de parler du chant de Swan Hellion qui -je trouve- nous propose des étendues vocales plus larges que dans les albums précédents. Si son timbre garde cette énergie caractéristique du hard rock avec un goût assumé pour aller chercher bien souvent les aigües, il explore ici des nuances plus expressives avec une tonalité basse plus présente (malheureusement je ne suis pas chanteur et ne peux expliquer techniquement), qu’il enrichit avec des attaques presque théâtrales comme dans Farewell.

Alors oui... On retrouve bien sûr l’esprit fédérateur propre à BlackRain : des refrains puissants et mémorables, pensés pour être repris en chœur, comme sur Club Crazy Nights, Come On ou Unleash the Fury.

Parmi les explorations stylistiques, mention pour Méandres de l’Instinct dont le refrain est chanté en français. Un apport qui fonctionne admirablement et donne une touche romantique à ce titre qui officie come une injonction à suivre son instinct pour avancer dans la vie.

Laissez-moi enfin vous parler de mes deux titres banger comme disent les jeunes :  

Chasing a Feeling est hypnotique, obsédant et porté par un riff implacable. Il est LE single de l’album. C'est étonnant que le groupe ait décidé de ne pas le mettre en avant dans leur plan de communication qui consistait à dévoiler au fur et à mesure certains titres sous forme de clips vidéos ces derniers mois. C’est simple, ce titre fait partie de ma playlist Metal quotidienne.

Farewell au chant si expressif, presque théâtral ! Ce titre évoque cette soif de liberté et d’émancipation qui résonne avec nos propres souvenirs d’adolescence. Le solo y rappelle l’esprit mélodique d’un Brian May et la fin au piano voix permet de joliment clore l’album.

Orphans of the Light est donc sans aucun doute l’album de la réussite pour BlackRain : un album puissant, varié et ambitieux, alliant une production de haut niveau et une palette stylistique étendue.  

Je prédis une accélération dans la carrière de BlackRain en tant que porte-étendard majeur du Glam Metal/Sleaze made in France. Et puis.. Message aux BlackRain : plus besoin de “Chasing The Feeling” / de courir après le frisson : le feeling est bien là, il est dans ce disque entre mes mains... dans Orphans Of The Light.

BlackRain sera en concert le 28 Février au Trianon de Paris, pour célébrer la sortie de leur album.

Chronique réalisée par François Capdeville

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