7/8/2026

Metal x Dancefloor avec TANZNEID

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Metal x Electro

Résultat :

Electric Callboy (enfin, Eskimo Callboy pour les vrais qui traînent du côté du TGV tekkno metal depuis ses débuts).

Trêve de plaisanterie. Electric Callboy, c'est tout d'abord l'histoire d'un pari complètement dingue : faire cohabiter metalcore et techno. Et attention, on ne parle pas de toute cette mouvance des années 2010 où tous les groupes de metalcore avaient tendance à nous infliger 10 secondes d'un breakdown électro sorti de... nulle part pour ainsi dire. Non, chez les allemands d'Electric Callboy, la techno rétro, c'est carrément un ADN. Et cette identité, assumée et revendiquée depuis 2022, et bien il faut bien avouer qu'elle a su conquérir un espace bien particulier dans le cœur des metalleux. Si si, c'est le petit endroit un peu caché, un peu sombre, là où on planque tous nos petits pêchés musicaux inavouables, vous voyez ?

Electric Callboy a cette force de les rendre totalement acceptables. Jumper comme des sauvages au son des drops dignes de Tomorrowland en plein Hellfest, c'est ça qu'offre l'expérience d'un concert de cette formation ô combien atypique. Ils nourrissent une partie de nos âmes mélomanes de ce qu'elles n'osent pas s'offrir au grand jour. Et c'est ainsi qu'on a vu ces ovnis retourner la fosse du Hellfest en 2025. Résultat : Bercy annoncé en 2027.

Si on s'en tient à l'ère Electric Callboy, TANZNEID (littéralement, l'envie de danser si mes sources sont exactes) est le deuxième album à paraître. Et même si on connait déjà la majorité des titres qui le composent, notamment parce qu'on connait l'engouement que provoque chaque sortie d'un nouveau clip bien barré, on aura quand même le plaisir de découvrir quelques titres inédits.

Parmi les titres déjà connus, on compte notamment les cinq premiers de l'album : « TANZNEID », « RATATATA », « Hypercharged », « Let The Good Times Roll » et « Elevator Operator » (mon petit chouchou, mais on y reviendra).

Déjà, on peut annoncer la couleur : c'est cinq salles, cinq ambiances. « TANZNEID » est un titre résolument plus électro que metal qui fait la part belle à cette ambiance DJ set assez inédite chez Electric Callboy, en tout cas, dans ce format. Si ce titre n'est pas le plus marquant de l'album, il permet néanmoins de démontrer avec quelle aisance on manie la fusion des genres chez les allemands. La fluidité des transitions entre les passages électro et les breaks très metal est franchement remarquable, si bien que c'est un morceau qui coule sans peine du début à la fin et qui pose les bases d'un album qui s'annonce très solide.

Comme tout groupe un tant soit peu en vogue les trois dernières années, Electric Callboy n'a pas échappé à la vague submersive Babymetal. Avec « RATATATA », les deux formations signent un morceau entêtant au possible (on laisse chacun décider si c'est une bonne chose ou non). C'est peut-être la collaboration musicale la plus cohérente qu'on ai vu dernièrement avec Babymetal, ne serait-ce que par le croisement de l'univers brut de décoffrage des allemands avec la délicatesse des voix des japonaises et le sous-texte techno qui reste une base très fiable sur des propositions de ce type.

« Hypercharged » est une collab' avec le jeu Brawl Starts, ce qui est assez originale pour être soulignée, bien que le titre en lui-même ne nous marque pas particulièrement...

Alors qu'un feat avec The Offspring, là, tout de suite, ça nous parle ! « Let The Good Time Rolls » est un morceau feel good. On se laisse porter par ses mélodies super prenantes sans qu'elles ne saillent trop, comme un bon morceau qui sent l'été, le rock, la bonne bière et la Californie (bon, OK, on est peut être légèrement influencés par le clip sur ce coup-là). Il n'en reste pas moins que c'est un titre à avoir dans sa playlist en cas de coup de pompe : énergie et good vibes assurées !

Bon, bon, bon... Vient l'heure de vous parler du meilleur titre de cet album, en toute objectivité. Simple question : qui pourrait bien produire un titre cohérent, dansant, énervé et aussi catchy sur... un réparateur d'ascenseur ? Si vous êtes en train de lire cette chronique, vous avez déjà la réponse. Et pour cause, « Elevator Operator » coche toutes les cases du bingo Electric Callboy. Déjà, il ne se prend pas au sérieux. Inutile d'expliciter ce point. Ensuite, musicalement, il dépote. L'équilibre techno / metal est impeccable, les transitions sont à se damner, ça claque, ça danse, ça prend au dépourvu et ça entraîne, c'est franchement un numéro d'équilibriste parfaitement executé, et on en redemande !

Mais c'est déjà l'heure de découvrir un titre inédit : « Heartclub ». Et quelle surprise ! Un titre qui nous renvoie par moment à l'époque Eskimo Callboy, avec une proposition metalcore soignée et bien plus "sérieuse". Une belle proposition qui détonne clairement dans l'univers de TANZNEID mais qui fera du bien aux afficionados de la première heure !

À suivre, un quasi-inédit également, puisque « The Way You Are » est sorti il y a une dizaine de jours. Pour vous le présenter, je crois que le plus parlant est de vous partager le disclaimer accompagnant son clip : " Warning - This video deals with sensitive issues, including boyband content and death " (Attention - Cette vidéo traite de sujets sensibles incluant du contenu de boys band et la mort). Alors, convaincu ? Toujours pas ? Très bien. Alors imaginez une chanson d'amour des années 90' de votre boys band préféré. Maintenant, mettez le dans un mixer, et balancez la puissance max direct. Vous voyez le tableau ? Voilà. Rien de plus à ajouter pour ce titre aussi nostalgique que cochon. On vous laisser aller voir ça, le décrire relève vraiment de l'impossible.

Bon, un peu de sérieux voulez-vous. Intégrer Frank Zummo dans ses rangs méritait bien un petit hommage à feu Sum 41. C'est chose faite avec une reprise de « Still Waiting » qui a le mérite de très très bien fonctionner en live, peut être un peu moins sur album, mais on salue l'idée de twister ce classique à la sauce Electric Callboy !

Si « Savior » fait moins forte impression, on se quitte finalement sur « Revery », un titre parfaitement choisi pour clôturer cet album. Loin de jouer sur la corde de la dérision, on devine une réelle volonté de passer un message fort et plus personnel à travers ce titre, qui, soit dit en passant, démontre qu'Electric Callboy sait jouer sur les tableaux de l'humour avec ses personnages ringards à souhait, mais également que la formation dispose d'un sacré talent musical et vocal.

On se quitte ici. Votre rédatrice ne vous fera pas l'affront de commenter les remix qui s'invitent en fin d'album, ces derniers étant exclusivement electro, la légitimité du propos serait discutable.

Mélanger les genres n'est pas un phénomène nouveau dans le metal, même si cette approche semble se développer davantage ces derniers temps. Pourtant, au milieu de ce courant particulier, Electric Callboy semble être devenu un genre à lui tout seul, n'en déplaise aux puristes. Parce qu'il en faut du talent pour concilier aussi naturellement des styles musicaux qui se boudent plutôt qu'ils ne se marient, des courants qui divisent plus qu'ils n'allient. Les allemands ont réussi à créer une nouvelle mouvance qui secoue les festivals du monde entier. TANZNEID en est une nouvelle preuve : on n'a pas fini de danser sur du metal.

Annaëlle Moss

Vous pourrez retrouver Electric Callboy en France en 2027 :

29 janvier – Toulouse – Zénith Toulouse Métropole
30 janvier – Bordeaux – Arkéa Arena
31 janvier – Nantes – Zénith Nantes Métropole
15 février – Paris – Accor Arena

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