Avec Le Poids de l’Âme, Sortilège impose une vision. Celle d’un heavy metal explorant les mythes des anciennes civilisations, le tout chanté en français et profondément incarné par Christian Augustin, un de nos vétérans du Heavy Metal.

L’album frappe par sa production massive et moderne. Une production léchée, puissante et aux multiples sonorités. Il suffit d’écouter le premier titre pour s’en rendre compte. “Médusa” démarre avec une intro en cavalcade, tension immédiate : Sortilège plante le décor d’un univers mythologique où chaque note semble convoquer les ombres anciennes. Du heavy metal pur jus.
Le titre éponyme, “Le Poids de l’Âme”, surprend avec sa touche orientalisante. Son riff entêtant s’infiltre lentement. C’est là que l’album révèle sa richesse : derrière la puissance brute, une vraie recherche d’atmosphère et de couleur.
Dans un registre plus frontal, “L’Alchimiste” aligne le riff heavy metal par excellence : tranchant. Même combat pour “La Forge Divine”, qui prolonge cette énergie brute dans une fresque infernale où le métal devient matière vivante, martelée dans un imaginaire brûlant.
Mais c’est avec “Horizons” que Sortilège dévoile son sens aigue de la narration épique. Une intro qui démarre en marche militaire tragique, comme le départ d’une légion vers une guerre inévitable… puis cette accélération. Le riff s’emballe, la tension monte, et le morceau devient une véritable épopée sonore, un titre majeur de l’album.
Au centre de tout, il y a Chirtsian dit “Zouille”. Plus qu’un chanteur, un conteur. Sa voix guide l’auditeur à travers des récits ésotériques, des mythes anciens, des luttes intérieures. L’album explore cette dualité entre lumière et obscurité, dans une quête quasi spirituelle.
Au total, Le Poids de l’Âme est un manifeste : celui d’un heavy metal français qui refuse de se diluer. Sortilège prouve ici qu’il n’est pas seulement un héritage des années 80, mais une force toujours capable de frapper encore, et fort.
Chronique par François Capdeville
