[Chronique écrite par François Capdeville]
Depuis plusieurs années, Ice Chemicals construit un univers singulier dans le paysage Metal français. Un univers sombre, dystopique et profondément contemporain où la société est soumise aux forces de l’industrie, des religions et du capital avec en corollaire l’imminence de l’apocalypse atomique. Avec The Lowest Point, le sextet d’Île de France livre un album ambitieux qui navigue à la frontière du Cyber Punk, du Death Metal mélodique et des sonorités industrielles.

Dès les premières minutes, le décor est planté. "Turn To Dust" nous entraîne dans un monde en déclin. Le riff est implacable, le growl est puissant et sinistre, le chant clair d’Anais ne nous laisse pas le temps de respirer. Il y a là un sentiment d’urgence. Pourtant, derrière le constat alarmant, subsiste toujours une lueur d'espoir : le destin n'est pas encore écrit et chacun conserve la possibilité d'agir avant le point de non-retour. Cette ritournelle hypnotique chantée par Anais en outro le souligne magnifiquement.
Cette immersion fonctionne grâce à une identité sonore particulièrement travaillée. Les introductions narratives, les ambiances mécaniques et les textures électroniques participent à créer un véritable environnement futuriste. Sur "Downward Spiral", Ice Chemicals déploie ainsi un décor qui évoque le steampunk moderne, renforcée par extrait de la dernière conférence du congrès des scientifiques de l'énergie atomique qui maintiennent cette horloge de l'apocalypse. Les voix parlées et les éléments atmosphériques installent une tension permanente avant que les guitares ne viennent vous happer.
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L'un des points forts de l'album réside dans sa capacité à alterner agressivité et mélodie. "Die & Retry" en est probablement l'un des meilleurs exemples. Porté par un riff digne d'une cavalcade épique, le morceau s'appuie sur un refrain particulièrement accrocheur. Une véritable réussite.
L'ambiance sombre atteint également son apogée sur "I Am The System" qui vous happe sans possibilité de vous en échapper. Ice Chemicals maîtrise parfaitement l'art de faire monter la pression avant de libérer toute sa puissance. A l'heure d'écrire ces lignes, je réécoute le titre et je peux assurer que le riff de gratte est redoutable.
Plus radical encore, "Divinity" affiche des influences Death Metal assumées qui me renvoient à certaines production d'Atrocity. Peut-être le titre le plus violent de l’album.
La véritable force d'Ice Chemicals réside dans l'association permanente entre le chant extrême de Jeff et les lignes vocales claires d'Anais qui viennent apporter relief et émotion aux compositions. Cette dualité nourrit l'identité du groupe et renforce cette capacité à générer des images mentales tout au long de l’écoute.
L’autre force d’Ice Chemicals est sa capacité à exploiter la scène pour donner le meilleur d’eux-mêmes : ils savent occuper l'espace, capter l'attention et transformer chaque titre en expérience collective. C'est un groupe qui sait communiquer son plaisir de jouer enlive. A suivre !
Alors comme vous le savez, notre mission est de soutenir les forces vives de la nation Metal en France. Avec The Lowest Point, Ice Chemicals propose un album solide et porté par une identité forte. Un disque qui séduira sans difficulté les amateurs de Metal cyberpunk, industriel et dystopique, dans la lignée de groupes comme Shaârghot, tout en affirmant une personnalité qui lui est propre. Une belle confirmation pour un groupe français qui mérite aujourd'hui de franchir un nouveau palier.
