25/9/2026

HORSKH, dix titres pour faire bouger les lignes (et les corps)

HORSKH – MTNT
Wire Control – 25 septembre 2026
Electro-indus

Avec MTNT, HORSKH pousse un peu plus loin encore les frontières de son electro-indus. Le trio bisontin, composé de Bastien Hennaut, Sylvain Abriel et Jordan Daverio, revient avec dix titres pour un peu moins d'une demi-heure, dans un album que le groupe présente comme le plus aventureux de sa carrière. Un disque placé sous le signe de la mutation, qu'elle soit sonore, intime, sociale ou technologique, et qui revendique autant les influences metal et industrielles que le grunge et les musiques électroniques.

Et s'il fallait résumer MTNT en une seule sensation, ce serait probablement celle du mouvement.

Dès Bad Glitch, HORSKH met la machine en route avec un titre énergique et immédiatement accrocheur, d'une efficacité redoutable. Les guitares lourdes et les sonorités électroniques s'entrechoquent sur une rythmique qui ne demande qu'à faire bouger les têtes, avec même un petit quelque chose de The Prodigy dans cette manière d'associer efficacité et tension électronique. Glow, tel un véritable rouleau compresseur, poursuit dans cette direction avec une approche encore plus franchement électro, tandis que Hyperhuman enfonce le clou : particulièrement dansant, le morceau semble taillé pour prendre toute son ampleur sur scène. Et c'est probablement là que l'on mesure le mieux ce que HORSKH peut avoir de séduisant : derrière les machines, les guitares et les pulsations industrielles, il y a avant tout une énergie physique.

Le groupe ne se contente pourtant pas d'aligner les uppercuts. MTNT s'amuse à changer régulièrement de forme, quitte à s'éloigner ponctuellement de ce qui fonctionne le plus immédiatement. Strange Game installe une ambiance plus inquiétante et dépouillée, tandis que Quicksand développe une atmosphère presque cinématographique avant de retrouver cette pulsation qui parcourt l'ensemble du disque. The Party Is Over assume quant à lui une facette plus mélancolique, presque gothique, en parfaite adéquation avec son titre. Ces morceaux apportent des nuances bienvenues à un album qui aurait pu se contenter d'une déferlante industrielle continue.

Toutes les expérimentations ne fonctionnent cependant pas avec la même mécanique. Twisted Flesh et Target Fades renouent avec une approche plus musclée, quelque part du côté du metal industriel le plus frontal. Le premier évoque notamment Ministry par son côté massif et répétitif, mais paraît aussi plus dépouillé musicalement. Le second propose quelques breaks bien placés qui montrent que HORSCH maîtrise aussi bien la brutalité que les mélodies ou le groove les plus convaincants.

Dream illustre bien cette capacité à faire évoluer l'ambiance tout en conservant une vraie efficacité rythmique. Les passages plus dissonants et les variations vocales lui donnent une identité particulière, sans lui faire perdre cette envie de bouger qui constitue finalement l'un des grands fils rouges de MTNT. Et puis arrive Connected, conclusion logique de l'album et collaboration avec Carpenter Brut. Plus léger et nettement plus électro, le morceau délaisse en partie le metal industriel pour aller chercher du côté d'une ambiance de soirée gothique, voire d'une certaine efficacité de radio FM. Sa mélodie instrumentale reste facilement en tête et sa rythmique fait une nouvelle fois mouche. La présence de Carpenter Brut renforce cette orientation synthwave et dancefloor déjà perceptible dans l'univers de HORSKH.

Cette variété n'est finalement pas très surprenante au regard des influences revendiquées par le groupe, de Nine Inch Nails à Nirvana en passant par Carpenter Brut. HORSKH cherche clairement à faire cohabiter plusieurs territoires sans s'enfermer dans une définition trop étroite de l'electro-indus.

Produit par Thibault Chaumont, déjà associé notamment à Carpenter Brut, Igorrr et HEALTH, et doté d'un artwork signé Johanna Jaskowska, MTNT bénéficie par ailleurs d'un écrin cohérent avec cette esthétique futuriste et organique. Mais au-delà de son concept de mutation et de ses différentes influences, le disque trouve surtout sa force dans quelque chose de beaucoup plus instinctif : il donne envie de bouger.

Avec ses 27 minutes et quelques secondes, MTNT ne s'éternise jamais. Certains passages auraient peut-être mérité d'être davantage développés, mais cette brièveté contribue aussi à son efficacité : HORSKH entre, frappe, bifurque, repart et laisse derrière lui une envie assez évidente de remettre la machine en marche.

Pour ceux qui feraient à travers cet album leur première plongée dans l'univers du trio, MTNT constitue en tout cas une entrée particulièrement stimulante : un album énergique, accessible sans être lisse, qui sait se montrer brutal comme mélodique et surtout suffisamment imprévisible pour ne jamais rester cantonné à une seule facette de l'indus. Et si le groupe défend l'idée d'un album « bavard », celui-ci a au moins le mérite de parler plusieurs langues à la fois.

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NOTE FINALE : 8,5/10

TRACKLIST : 1. Bad Glitch

  1. Glow
  2. Hyperhuman
  3. Strange Game
  4. Twisted Flesh
  5. Target Fades
  6. Quicksand
  7. The Party is Over
  8. Dream
  9. Connected

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Orsola G.

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