Chronique par François Capdeville
Avec Hugrheim, le duo français Eihwar nous invite à vivre une expérience immersive, presque cinématographique. Fermez les yeux et laissez-vous porter. Hugrheim est un album-concept qui vous entraine en 10 titres vers une dimension mystique, tribale et sensorielle. Un voyage fantasy vers Hugrheim, le monde d’où proviennent les incarnations d’Asrunn et Mark.

Evidemment, c’est un univers construit de manière très personnelle et qui emprunte à tout le folklore viking et païen fantasmé par le grand public depuis 20 ans grâce aux nombreuses séries et jeux vidéo à succès que l’on connait.
Et c’est justement là que réside la force de l’album : il faut l’écouter comme une bande originale de film. Un album qui évoque autant les paysages nordiques fantasmés que les univers d’un animé. On s’imagine tour à tour traverser des forêts épaisses éclairées à la torche, partager une bière dans une taverne bondée où des aventuriers exténués viennent chercher chaleur et soupe fumante, ou encore finir la nuit enlacé(e) contre son/sa bien-aimé(e) au coin du feu, allongés sur des peaux de renne (évidemment) à siroter de l’hydromel.
Alors oui, l’album repose souvent sur des structures similaires : mêmes nappes électroniques, mêmes rythmiques répétitives et tribales, mêmes montées en transe. Cela peut parfois donner une sensation de boucle permanente. Mais paradoxalement, cette répétition devient aussi une force. Elle participe à cette sensation de mantra païen moderne qui finit par vous embarquer loin du quotidien.
Des morceaux comme Skuggaríki, Ljósgarðr ou le titre éponyme Hugrheim illustrent parfaitement cette capacité à créer des tableaux sonores immersifs.
Et c'est sur scène que le phénomène Eihwar prend tout son sens. Voir Eihwar en live, ce n’est pas assister à un concert classique. C’est participer à un rituel collectif. Une transe dirigée par les percussions hypnotiques de Mark et la voix captivante d’Asrunn.
Et puis il faut le dire : Asrunn possède un magnétisme rare. Entre prêtresse païenne, guerrière de fantasy et chamane viking, elle capte immédiatement le regard. Eihwar joue pleinement cette esthétique mystique et sensuelle qui participe énormément à l’expérience globale du projet.
Avec Hugrheim, Eihwar réussit à créer un univers cohérent, immédiatement identifiable et suffisamment immersif pour donner envie d’y retourner.
