30/9/2026

Amon Amarth | THE ALLFATHER AWAKENS - Sous le signe d'Odin

Bannière : Odin “Hoárr” (Le Borgne) - Cover art de Tom Thiel 

‍Texte : Blandus @blandusmarcius 

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Les fans de la première heure sauront vous le dire : Odin “Père-de-Toutes-Choses” (Allfather) n’est pas une figure inconnue de la discographie d’Amon Amarth. L’album With Oden on our side (2006) est celui qui m’a fait rentrer dans l’univers du quintette suédois, notamment avec son percutant Asator. Aujourd’hui, le groupe revient avec un nouvel opus épique, presque entièrement consacré à la figure du Voyageur, le Dieu qui sacrifia son oeil pour obtenir la connaissance. 

Gjallarhorn (le Cor d’Heimdall, celui qui garde le pont arc-en-ciel) résonne dès les premières secondes, plongeant le lecteur dans une atmosphère épique, unique à Amon Amarth. Les choeurs s'élèvent, prêts à être repris en écho dans la fosse durant la prochaine tournée, et donnent immédiatement le ton. On retrouve avec plaisir les guitares mêlées d’Olavi Mikkonen et Johan Söderberg, la batterie furieuse de Jocke Wallgren, et surtout la voix de Johan Hegg, frontman originel et véritable légende du metal. Le riff est hyper entraînant, la ligne de basse de Ted Lundström est puissante; une introduction qui convainc dès la première écoute. 

Le rythme effréné d’Eight Legs of Thunder évoque le galop du cheval d’Odin, Sleipnir. La chanson est hyper entraînante et efficace, confirmant les qualités de composition du groupe. Les paroles sont puissantes et inspirées, évoquant des images de batailles glorieuses, aux références très riches : “It’s the end / The Völva foretold / Darkness descends / And men’s courage will fold / But true the hearts / Of warriors of old / Einherjer charge / As Ragnarök unfolds”. 

Kvasir’s Blood amène un ton nettement plus grave, porté par la voix rocailleuse de Johan Hegg, et une batterie pareille à des tambours de guerre. On y découvre l’histoire de Kvasir, Dieu né de la salive des Vanes et des Ases, et dont le sang versé mélangé à du miel donnera l’hydromel poétique. Odin n’est pas étranger à ce mythe, car c’est lui qui, volant l’hydromel, le redistribuera aux Dieux et aux poètes. La ligne de guitare porte ce morceau toujours plus loin, notamment avec un solo exceptionnel qui en transcendera plus d’un en live. Un son qui promet des moments libérateurs en concert. 

We Rule the Waves s’éloigne un peu de la mythologie pour nous offrir un morceau plus classique, à l’image des premiers succès d’Amon Amarth (tel Runes to My Memory). La recette fonctionne; ce morceau sera sans doute l’un des plus identifiables du nouvel album, et réapproprié par des fans amateurs de la culture “viking” (dont les membres eux-mêmes ne se réclament pas). J’entends déjà les salles combles chanter d’une même voix : “We are Vikings / And we will never be slaves / Until the stars fall from the sky / We rule the waves !”

Upphaf est la belle surprise de ce nouvel opus : pour la première fois de sa carrière, le groupe se laisse tenter par une interprétation acoustique, s’inscrivant ainsi en héritiers d'une longue tradition orale scandinave. Les paroles sont tirées des stances 1 à 5 de la Völupsa, un célèbre poème écrit en vieux norrois au XIe siècle. Si la voix de Johan Hegg ne quitte pas son timbre grave et guttural, elle se prête néanmoins à la récitation poétique, et offre un contraste intéressant avec le reste de l’album. L’instrumentation elle-même (tambours, guitare acoustique...) prend des tonalités plus médiévales, et se dote même d’un choeur de voix claires, qui donne à la mélodie une saveur toute traditionnelle. Un bel hommage à la culture du groupe.

Die With a War Cry revient avec une tonalité plus sombre, à la limite d’un black mélodique. Amon Amarth ne permet pas aux auditeurs d’oublier qu’ils sont, avant tout, d’un group de death metal. Le riff est entêtant, presque maléfique; on se croirait témoins d’une noire cérémonie, à l’image des paroles très explicites : “The demons have ascended / My sanity expended / Times of madness and of doubt / My existence contended”. Nul doute permis, nous sommes dans l’enfer d’un guerrier prêt à mourir au combat. 

Raven God revient sur la figure du Père Universel, et nous narre l’histoire de ses corbeaux, Huginn (La Pensée) et Muninn (La Mémoire), parcourant le monde pour lui rapporter le savoir. Tout comme We Rule the Waves, on reste sur un morceau très “classique”, à la rythmique un peu répétitive, qui ne s’éloigne pas énormément des canons d’Amon Amarth. The Allfather awakes, morceau éponyme, reste dans cette lignée, et ne se démarque pas davantage. Convenons néanmoins qu’il n’est pas nécessaire que chaque morceau d’un album soit un banger : ces dernières chansons permettront d’apprécier les sonorités bien connues du groupe, et de headbanger distraitement. 

Oden’s Hunt offre un morceau dynamique, à la rythmique très rapide, évoquant la furie macabre d’une chasse. On peut garantir un succès de fosse pour cette chanson qui s’adaptera parfaitement à des circle pit et autres pogos féroces. L'opus se clôt sur Ascending Like An Eagle, plus lent et solennel que le reste de l’album, mais coloré de percussions agressives qui lui donnent une saveur unique.

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Avec The Allfather Awakens, Amon Amarth nous offre une oeuvre complexe et maîtrisée, qui plaira tout autant aux fans de la première heure qu’aux nouveaux venus. Ce treizième opus réaffirme la place unique du quintette suédois dans le paysage du death metal mélodique, et prouve que même après de 34 ans de carrière, un groupe peut continuer d’explorer, de maturer, et de fournir un grand moment d’écoute aux amateurs de metal. J’ai entendu dire que la mise en scène de la nouvelle tournée sera exceptionnelle, à l’image d'un grand banquet… Qui nous retrouve le 13 octobre au Zénith de Paris ? 

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Amon Amarth en concert, avec Orbitculture et Soilwork en premières parties !

‍Tracklist :

1. Gjallarhorn 05:14

2. Eight Legs of Thunder 04:20

3. Kvasir's Blood 04:26

4. We Rule the Waves 03:50

5. Upphaf 04:32

6. Die with a War Cry 03:29

7. Raven God 04:30

8. The Allfather Awakes 04:36

9. Oden's Hunt 04:23

10. Ascending Like an Eagle 6:45

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