Alter Bridge livre avec Alter Bridge son huitième album studio, éponyme, et confirme une nouvelle fois son empreinte incontournable dans le paysage du rock moderne. Alter Bridge est un album puissant, peut-être plus sombre que ses prédécesseurs. C’est aussi un album audacieux qui n’hésite pas à explorer de nouvelles textures tout en conservant l’ADN du groupe d’Orlando.

“Silent Divide” frappe fort. Son riff principal est redoutable, mais c’est surtout son attaque à l’interlude qui flirte ouvertement avec un thrash old school, sec et tranchant. Une séquence inattendue qui nous montre combien Alter Bridge est capable de pousser les frontières de son identité.
Avec “Scales Are Falling”, Alter Bridge touche à quelque chose de plus spirituel. Inspiré d’une citation biblique – « il lui tomba des yeux comme des écailles » – le morceau revisite la métaphore de la fuite des ténèbres aveuglantes vers la lumière. Raconté comme un conte sombre, il s’impose comme l’un des titres les plus profonds et atmosphériques de l’album.
“Playing Aces” agit comme une véritable déferlante. La section rythmique martèle sans relâche, le riff est lourd, hypnotique, et le propos clair : s’élever, devenir un homme meilleur. Le solo, d’une précision chirurgicale, rapide mais jamais démonstratif, exploite tout le manche avec élégance. La grande classe.
Autre pièce maîtresse, “Slave To Master”. Le titre clôture l’album en interrogeant la relation maître-esclave à l’ère de l’adoption fulgurante de l’intelligence artificielle : qui contrôle qui ? Jusqu’où va la dépendance ? Musicalement, le titre prend le temps de s’installer avant de s’achever sur un long solo magistral, comme un dialogue passionné entre Mark Tremonti et Myles Kennedy. Un échange de guitares habité, qui rappelle – s’il en était encore besoin – que Myles est aussi un guitariste d’exception.
Au final, Alter Bridge est un album introspectif, qui pousse l’auditeur à sonder les tréfonds de son âme pour y chercher vérité, lucidité et rédemption. Les paroles sont sombres, la production massive et léchée, presque trop propre diront certains – un son très américain, mais à l’efficacité est redoutable. Une claque... et pour tout vous dire, l’auteur de ces lignes n’est pas fondamentalement un fan d’Alter Bridge. C’est vous dire...
François Capdeville
(PhotoCredit_ChuckBrueckmann)
Alter Bridge sera en concert en France en février 2026 (avec Daughtry et Sevendust en première partie) :
06/02 – LYON / Halle Tony Garnier
13/02 – BORDEAUX / Arkea Arena
18/02 – PARIS / Zénith
